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PROCES CAVAGNOUD - Français et Allemands se renvoient la balle

Le procès, qui devra déterminer les responsabilités dans l’accident mortel de Régine Cavagnoud, s’est ouvert hier à Annecy. Le starter et l’entraîneur de la skieuse savoyarde sont poursuivis mais ils rejettent la faute sur des membres de l’équipe allemande qui s’entraînait à leurs côtés

L'enfant chérie de La Clusaz est morte le 31 octobre 2001, après être entrée en collision sur une piste d’Autriche avec un entraîneur allemand. (Photo : AFP)

Le procès qui s’est ouvert hier à Sévrier, près d’Annecy, et doit s’achever ce soir promet d’être riche en émotion et en tension. Le tribunal savoyard devra déterminer les responsabilités dans l’accident de ski qui avait coûté la vie à l’enfant chérie du pays : la championne Régine Cavagnoud. Deux membres de son équipe sont inculpés.
Le 29 octobre 2001, la skieuse originaire de La Clusaz s’entraînait à Pitzal, en Autriche, aux côtés de membres de l’équipe de ski allemande. Elle avait voulu effectuer une dernière descente, non prévue sur le planning, et a percuté de plein fouet, à environ 80 km/h, l’entraîneur allemand, Markus Anwander. Celui-ci, qui traversait alors la piste sous une bosse, avait été grièvement blessé et est partie civile au procès, comme la famille de la skieuse. Régine Cavagnoud, après deux jours de réanimation, était, elle, décédée à l’âge de 31 ans d'un traumatisme crânien, à l'Hôpital d'Innsbruck.
Une « faute de débutant »
Xavier Fournier, l’entraîneur de Régine Cavagnoud, et David Fine, le starter, sont aujourd’hui sur les banc des accusés pour « homicide et blessures involontaires ». Ils risquent jusqu'à trois ans de prison et 45.000 euros d'amende. Tjesimir Peranic, le starter de l’équipe d’Allemagne, avait également été mis en cause mais a finalement bénéficié d’un non-lieu.
Alors que la sécurité sur les pistes d’entraînement des champions de ski est mise en question, Xavier Fournier et David Fine auraient fait preuve de négligence en ne prévenant pas le starter de l’équipe allemande que la skieuse française allait effectuer une descente supplémentaire. Un expert autrichien, qui avait à l’époque travaillé sur ce cas, évoque une « défaillance de communications entre les deux équipes et au sein des deux équipes ».
Pour leur défense, les accusés avancent que Markus Anwander a commis une «faute de débutant» en traversant la piste comme il l’a fait. Concernant Tjesimir Peranic, Xavier Fournier et David Fine affirment que même s’il n’a pas reçu de notification formelle « il était là, il a vu ce qui se préparait ».
Camille VAYSSETTES. (LPJ) 13 mai 2005
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