

(Myriam l'artiste / Barbara Vignaux)
Elle se nourrit tous azimuts. Chanteuse lyrique de formation, elle a fait hypokhâgne et khâgne, passé une licence de LEA (anglais-allemand) et fait une maîtrise de coaching à Paris X où elle a travaillé sur la voix comme « outil et symptôme ». Attirée par le tango et la nouvelle vague du ciné argentin, cette jeune Parisienne effectue son premier séjour à Buenos Aires fin 2003. Elle récidive l'année suivante. En novembre 2005, un « élément déclencheur » la convainc de rester : la rencontre avec Guillermo Angelelli, comédien, clown, metteur en scène et adepte du « théâtre anthropologique » qui met l'accent sur le corps et la voix de l'acteur. Depuis, elle s'est installée dans le quartier de Congreso avec son « novio » argentin, musicien comme elle, et a joué dans plusieurs pièces, dont la dernière création de Mariela Asensio, Este amor es una fiesta, au centre culturel Rojas."Le voyage permet de changer"
Chez cette « fille d'immigrés » née d'un père tunisien et d'une mère allemande, le savoir sert l'action. Elle a étudié l'analyse systémique à la fac. Application pratique: «sortir du système France pour entrer dans le système Argentine » affirme-t-elle. « Le voyage permet de changer regarde les Français ici, certains montent une entreprise, d'autres se lancent dans une nouvelle activité ». Myriam sait de quoi elle parle : « Ca m'a beaucoup libérée d'être à Buenos Aires c'est moins la critique de presse que le bouche-à-oreille qui importe, ça crée un rapport au public beaucoup plus intéressant. Du coup, je me permets de présenter mes propres chansons ».
Etoffer sa production
Le « système Argentine », c'est aussi la débrouille. Sur scène : « On peut monter un spectacle avec des bouts de ficelle, la créativité est vivante ». Et dans la vie : à Baires, finis les jobs confortables d'assistante de production pour le théâtre des Amandiers ou TF1. Mais Myriam ne manque pas d'imagination. Polyglotte, elle joue les guides touristiques à vélo autour de la Plaza San Martín et officie, à ses heures, comme traductrice. Le reste du temps, elle se fait « chaperona » pour des productions audiovisuelles étrangères, elle accompagne les équipes sur les lieux de tournage.
Ce n'est pas tous les jours simple. Côté spectacle, Myriam aimerait étoffer sa production pour améliorer son spectacle, partir en tournée, enregistrer un disque de ses propres compositions. Côté perso, cette année, faute de sous, pas de retour en France. Mais elle sait pourquoi elle est là : « Je m'épanouis personnellement et artistiquement ». Elle aime Buenos Aires, « grande, ouverte, dangereuse, ça circule, ça change ». En comparaison, Paris est « toujours plus joli, toujours plus propre, toujours plus petit ». Fait singulier, Myriam n'est guère gênée par les décibels, la poussière ni la circulation de la mégapole : « Dans la ville comme dans le tango, tu peux faire abstraction du rythme, des accents forts, pour te concentrer sur la ligne mélodique », dit-elle. Et puis, pour cette grande sentimentale qui a choisi ses musiciens parce qu'ils « adhéraient à son projet », l'Argentine c'est aussi « l'abrazo, des contacts sensuels et tactiles » qui font tant défaut de l'autre côté de l'Atlantique.
Plus d'infos : www.myspace.com/nanaenada




































