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PORTRAIT – Mélanie Bétancourt : tout pour ma mère

Aujourd'hui marque le cinquième anniversaire de l'enlèvement d'Ingrid Bétancourt par les Farc en Colombie. Sa fille Mélanie se bat en permanence pour que personne ne l'oublie. Et elle n'hésite pas à s'attaquer aux responsables politiques pour qu'ils agissent de manière concrète

Mélanie Betancourt souhaite que les candidats à la présidentielle fassent de la libération de sa mère un objectif majeur (photo AFP)
 
Elle n'a qu'une vingtaine d'années, elle en fait pourtant beaucoup plus. Malgré un visage d'adolescente, Mélanie Delloye, la fille d'Ingrid Betancourt, est incroyablement mature pour une jeune fille de son âge. Sa mère enlevée il y a cinq ans jour pour jour, n'est pas réapparue depuis. Mélanie n'avait que 16 ans à l'époque. Ca forge le caractère, forcément.
Ingrid Betancourt a été enlevée le 23 février 2002 par les Farc (forces armées révolutionnaires de Colombie) alors qu'elle était candidate à la présidence de la Colombie. Depuis, Mélanie est la meilleure avocate de sa mère. Elle dirige les comités de soutien, organise des manifestations, sillonne les plateaux télés? Elle fait tout pour que personne n'oublie. Et trouve encore le temps d'étudier la philosophie et le russe à hypokhâgne à Paris.

"Le gouvernement français n'a rien fait"
Cinq ans après, elle se bat aussi fort qu'au premier jour, et ce malgré les mauvaises nouvelles qui s'accumulent. La dernière est tombée hier. Alvaro Uribe, président de la Colombie, a laissé entendre qu'Ingrid ne se trouvait plus sur le sol colombien, et qu'il ne savait plus vraiment où elle est.
Il en a également profité pour répéter qu'il ne négocierait pas avec les guérilleros, quitte à utiliser la force, et demandé une aide au gouvernement français. Dominique de Villepin a affirmé que la France jouerait son rôle, comme depuis le début. Mélanie a rétorqué qu' "il n'y avait pas de volonté politique derrière". 
Mélanie est déterminée. Et pas, ou plus, vraiment du genre à mâcher ses mots. Elle assure que "le gouvernement français n'a rien fait. Il n'y a pas de cellule de crise, comme pour les otages français en Irak". Selon elle, la raison est simple : sa mère n'est pas considérée comme pleinement Française car Colombienne de naissance.
Mais Mélanie clame que sa mère est "la plus ancienne otage française retenue à l'étranger. Le gouvernement français doit prendre ses responsabilités". Elle, en attendant, continue à se battre.
Joris SABI (
www.lepetitjournal.com) 23 février 2007

En savoir plus
Le Monde - La fille d'Ingrid Betancourt critique l'inaction de Paris
L'Express - Uribe va lancer une offensive anti-FARC
Le Monde - Paris affirme être mobilisé en faveur d'Ingrid Betancourt


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