Édition internationale

PORTRAIT – Eric Breteau, l'exalté de l'Arche de Zoé

Depuis sa cellule tchadienne, Eric Breteau a fait parvenir en France une lettre de 16 pages dans laquelle le président de l'Arche de Zoé explique la tentative échouée d'évacuer 103 enfants du Darfour. Lui et cinq autres membres français de l'ONG risquent de 5 à 20 ans de travaux forcés

Eric Breteau, au Palais de Justice de N'Djamena, le 8 novembre 2007 (photo AFP)

"Enlèvement de mineurs", "trafic d'enfants", "escroquerie". Eric Breteau nie toutes les charges retenues contre lui dans une lettre de 16 pages adressées à France Info avant hier. Mais sa défense ne pèse pas bien lourd : il dit avoir agi sur la seule bonne foi des chefs de village qui lui ont confié les 103 enfant supposés orphelins, mais qui ne le sont apparemment pas après enquête.
Trop inconscient, Breteau ? Naïf sans doute, et peu expérimenté sûrement. Le président de l'Arche de Zoé revient tout de même, point par point, sur la tentative échouée le mois dernier d'évacuer ces enfants du Darfour;une action qui aujourd'hui pourrait lui coûter, ainsi qu'à cinq autres Français membres de l'ONG, 5 à 20 ans de travaux forcés.
Toujours détenu au Tchad, Breteau estime avoir été lâché par la France, et dénonce un complot politico-médiatique. Elle est loin l'époque où la presse saluait unanimement l'action de l'ONG en Asie du Sud Est après le terrible tsunami en 2004.
Breteau, commercial de 37 ans et père de 3 enfants, est décrit par ses proches comme un type au grand c?ur. Son humanisme, dixit son avocate, il l'a d'abord exprimé en ayant été pompier volontaire dans le Val d'Oise jusqu'en 2005. Mais en homme d'action et meneur qu'il est, il a franchi un pas de plus en 2004 en partant pour l'Indonésie afin d'aider les ONG sur place.

Délit d'humanité
A son retour en France, il a créé l'Arche de Zoé, du nom d'une petit fille dont il s'est lui même occupé en Asie. Breteau s'est investi à fond, mobilisant la Fédération nationale des sapeurs pompiers pour reconstruire deux écoles à Banda Aceh, ainsi qu'une bibliothèque et un terrain de sports.
La situation dramatique a exalté Breteau dans son combat. Il a préparé l'opération du Darfour, tout en sachant que l'adoption est interdite au Tchad et au Soudan, mais en ayant pris soin de prévenir le gouvernement français. Il explique aussi dans sa lettre que les autorisations pour circuler dans la région avaient été obtenues, et que le fait d'avoir débarqué sur place sous le nom de Children Rescue était une façon de contourner la méfiance des services secrets soudanais.
A présent décrit comme un hurluberlu, "un mégalo et un inconscient"selon un médecin urgentiste français rentré avant les arrestations, Breteau est également accusé par le staff de l'ONG d'avoir menti sur le véritable but de l'opération.
Son avocate Stéphanie Lefebvre estime qu'il savait ce qu'il faisait. En effet, il connaissait sans doute les risques pour avoir voulu "sauver des enfants de l'enfer du Darfour"ce qui n'est pas un délit mais au contraire un geste d'humanité !"comme il l'écrit dans sa lettre. 
Nicolas MANGIN. (www.lepetitjournal.com) jeudi 29 novembre 2007

En savoir plus
Lettre écrite par Eric Breteau http://www.france-info.fr/IMG/pdf/Lettre_Eric_Breteau.pdf
Le Figaro ? Arche de Zoé : Breteau nie toute clandestinité
Le Nouvel Obs ? L'ombre de la patronnesse

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