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POLITIQUE - Raffarin, c'est la fin

Après l’onde de choc provoquée dimanche par le Non àla Constitution européenne, le Premier ministre est sur le départ. Au plus bas dans les sondages depuis des mois, c’est un homme usépar son statut de paravent de Jacques Chirac qui quitte Matignon. Le nom de son successeur pourrait être connu aujourd’hui

Le fusible de Chirac a fini par sauter. (Photo : AFP)

Jean-Pierre Raffarin préparait ses valises hier àMatignon et se détachait du poste de Premier ministre qu’il a occupépendant trois ans. Après être passéentre les gouttes de la raclée prise aux élections régionales 2004, l’homme de Poitou-Charentes n’aura pas résistéau cataclysme des 55% de Non dimanche àla Constitution européenne. Sur la fin, ses 28% d’opinions favorables en ont fait l'un des Premiers ministres les plus impopulaires qu’ait connu la 5ème République.
Alors que Jacques Chirac s’est bien davantage engagéque lui sur le référendum et que la question de sa propre démission pourrait se poser, c’est le Premier ministre qui saute.
Même si hier soir Jean-Pierre Raffarin n’avait pas encore remis officiellement sa démission, suite àson entrevue de la matinée avec le Président de la République, plus personne ne se fait d’illusions sur son sort et les changements de têtes ne devraient pas tarder àintervenir.
Villepin, un poulain jamais élu
Dès la fin de la semaine dernière, Jacques Chirac avait promis une «nouvelle impulsion »gouvernementale après le référendum. Le nom de celui qui devrait probablement incarner ce sang frais est depuis des semaines sur toutes les lèvres : Dominique de Villepin, qui est en pole position même si Michèle Alliot-Marie ou Jean-Louis Borloo pourraient créer la surprise.
L’actuel ministre de l’Intérieur est sans mystère le poulain de Chirac. Alors qu’il avait commencésa carrière au Quai d’Orsay, Dominique de Villepin s’est engouffrédans la brèche élyséenne en 1995 en devenant directeur de cabinet de Jacques Chirac, poste qu’il quittéen 2002 pour devenir ministre des Affaires étrangères. Le hic dans la carrière de Villepin est son côtéénarque de bureau pur jus : il n’a jamais occupéde fonction élective et ne s’est jamais confrontéau suffrage universel.
Sarkozy restera-t-il au chaud àl’UMP ?
En embuscade, Nicolas Sarkozy a déclaréàl’issu du scrutin que des «remises en cause profondes, rapides et vigoureuses »devaient intervenir. Le président de l’UMP se pose ainsi en choix incontournable pour le chef de l’Etat, auquel il a lui aussi rendu visite hier, et fait mine de vouloir prendre son tour. Il est aussi le chouchou des Français qui sont 24% àle citer en première place lorsqu’on leur parle du futur occupant de Matignon, selon un sondage Sofres du 29 mai.
Seulement, en plus d’entretenir des relations exécrables avec Jacques Chirac qui pourraient scléroser l’exécutif, Nicolas Sarkozy a en réalitéplus intérêt àattendre 2007 bien au chaud àl’UMP, oùles militants le chérissent et dont les sympathisants ont optéen masse pour le Oui.
Verdict sans doute aujourd'hui...
Camille VAYSSETTES. (LPJ) 31 mai 2005

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