Accusée par le FBI d’être derrière le plus gros vol de cryptomonnaies de l’histoire, la Corée du Nord a rejeté en bloc les accusations. Puis elle a tiré des missiles.


Le FBI désigne TraderTraitor, Pyongyang crie à la provocation
Il y a quelques jours, la plateforme Binance perd plus de 6 milliards de dollars, soit plus de quatre fois le précédent record. Le FBI pointe TraderTraitor, un groupe de pirates lié au renseignement militaire nord-coréen. C’est le même qui avait été accusé du vol record de 1,5 milliard de dollars chez Bybit l’an dernier.
Le président Donald Trump avait pourtant d’abord répondu « on ne sait pas » si la Corée du Nord est responsable.
Mardi 3 novembre, Kim Yo-Jong, sœur et haute responsable du régime, répond que les dires du FBI constituent une « grave provocation politique », une « rhétorique absurde ». Selon elle, Washington accuse la Corée du Nord dès qu’une cybercriminalité de grande ampleur survient dans le monde. Elle a ajouté que Pyongyang a « des questions à reconsidérer » face à l’attitude américaine.
Kim Yo-Jong ferme la porte au dialogue avec Washington
Le mercredi 4, Kim Yo-Jong plus loin : la Corée du Nord n’a « aucun besoin » de s’asseoir face à des responsables américains « hostiles » et « peu fiables ». Le dialogue n’est pas exclu en principe, dit-elle, mais il « n’équivaut pas » aux intérêts nationaux du pays.
Ce refus complique les plans de Donald Trump, qui répète depuis son retour au pouvoir vouloir renouer avec Kim Jong-Un.
Missiles de croisière puis nouvelle salve en mer du Japon
Lundi 2 novembre, Pyongyang teste des missiles de croisière stratégiques dotés d’une nouvelle ogive à sous-munitions. Selon l’agence officielle KCNA, elle peut réduire en cendres une zone de 5 à 6 hectares, soit sept ou huit terrains de football. Un expert sud-coréen cité par l’AFP y voit un moyen de neutraliser pistes, radars et batteries antiaériennes.
Mercredi, quelques heures après la déclaration de Kim Yo-jong, plusieurs missiles sont tirés vers les eaux de l’est du pays. L’état-major sud-coréen dit analyser les tirs avec Washington et rester en état d’alerte.
Un levier de négociation, selon les observateurs
Pour de nombreux analystes, Pyongyang démontre sa puissance pour peser dans d’éventuelles discussions : l’objectif serait d’obtenir que Washington abandonne sa « politique hostile ». Séoul, de son côté, appelle à renforcer la protection de ses infrastructures numériques.
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