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PHOTO - Patti Smith et sa rock Fondation

De Patti Smith, on connaît la voix et quelques pièces majeures de la musique des années 70/80. Derrière la rock star, la Fondation Cartier déniche l'artiste complète, la photographe, la dessinatrice, la poétesse... Dans une expo placée sous le signe du Polaroïd

La Fondation Cartier aurait-elle décidé d'élargir le champ de l'art contemporain et d'ouvrir ses murs à des artistes connus dans d'autres disciplines ? Toujours est-il qu'après les cinéastes comme Agnès Vardaou David Lynch, c'est une star du punk rock qui investit le boulevard Raspail, avec une exposition intitulée Land 250.
Il s'agit de la référence d'un antique modèle de Polaroïd qui a servi à produire la plupart des images signées par la grande Patti Smith. L'icône incontestée de la contre culture des année 70 est, on le découvre, outre une songwritter émérite, une créatrice complète.
Regard droit, chemise blanche, allure androgyne, veste noire sur l'épaule...une image de 1975 s'est imposée dans la mythologie du rock'n roll. C'est un cliché signé de son premier compagnon de route, Robert Mapplethorpe, illustrant son premier album, Horses.
Depuis, la dame a conservé quelque chose de l'énergie sombre des années underground, du temps du Chelsea hôtel, de Ginsberg, de Burroughs.

Paris-New York
Mais l'interprète de l'inoubliable Because the night n'est pas une pure incarnation de l'Amérique souterraine. Si Paris lui rend hommage, elle le rend bien à la France, qui peuple ses références. Camus, Sartre, Genet sont la source européenne de son inspiration protéiforme. Dessinatrice lapidaire, la poétesse chantante est surtout une amoureuse absolue de Rimbaud, à qui elle a consacré une série photographique titrée Charleville
Sur d'autres instantanés, les pantoufles de Mapplethorpe, la tombe de Susan Sontag, la machine à écrire d'Hermann Hesse ou le lit vide de Virginia Woolf délivrent leur charge littéraire et leur pouvoir d'envoûtement dans un sobre noir et blanc.
Au coeur de l'expo, une reconstitution de son salon invite le visiteur à échanger et à s'attarder dans l'univers de Patti Smith. La Fondation lui a donné carte blanche. Elle s'empare donc de la librairie et des Soirées nomades de la maison, en programmant les artistes qu'elle aime. A 61 ans, toujours rebelle, un rien revêche, Patti Smith fascine encore.
Jean-Marc JACOB. (www.lepetitjournal.com) mercredi 7 mai 2008

Land 250 - Jusqu'au 22 juin
Fondation Cartier pour l'art contemporain, 261 boulevard Raspail, 75014 Paris
http://www.pattismith.net
www.fondation.cartier.com

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