La guerre entre la Russie et l’Ukraine avait déjà rendu les trajets entre la Chine et l’Europe compliqués. Maintenant que les Etats-Unis et Israel ont attaqué l’Iran en déclenchant une nouvelle guerre au Moyen-Orient, voyager depuis l'Asie devient encore plus risqué et l’impact sur le prix des billets d’avion ne s’est pas fait attendre.


Les vols directs pour l’Europe pris d’assaut
Les vols directs entre la Chine continentale et l’Europe sont devenus une denrée plus rare. Depuis la première semaine de mars, les prix de certains vols directs on dépassé 20 000 RMB (2900 dollars), surtout aux dates les plus recherchées. On est loin du prix habituel oscillant autour de 5000 RMB.
Ainsi le prix d’un billet Beijing-Paris sur le vol direct d’Air France avait atteint 10 730 RMB début mars. Peu après, les seules place disponibles sur ce vol se vendaient à 26 104 RMB en classe éco et 64518 RMB en business.
C’est le même son de cloche pour Shanghai-Paris et entre la Chine et d’autres villes européennes, aussi bien sur des compagnies européennes que chinoises, comme China Eastern ou Shanghai Airlines. Malgré cela, les vols directs ont été vendus jusqu’au dernier et la seule option reste actuellement des vols avec escale, pour lesquels il faut compter entre 15 et 18 heures minimum. Ou des billets en classe business à 47 000 RMB. (NB: Pour certains d'entre nous, cette situation fait écho à celle des années 2020-2021 lors de la pandémie...)
Actuellement les prix moyens des vols directs oscillent toujours entre 2000 et 3000 euros en classe éco.
L’incertitude des vols avec transit
La situation géopolitique dans la région a pris les compagnies aériennes de court. Le Moyen-Orient constituait depuis toujours l’escale la plus économique entre la Chine et l’Europe.
Rajoutons à cela que les compagnies aériennes des pays du Golfe, notamment Qatar Airways, ont temporairement suspendu les vols pour des raisons de sécurité (leurs aéroports étant la cible d’attaques iraniennes), l’espace aérien de certains pays étant même totalement fermé. La compagnie Emirates a réussi a remettre en service certaines connexions mais la majorité de sa flotte aérienne se trouve tout de même bloquée au sol. C’est pareil du côté de l’Arabie Saoudite ou du Qatar.
Il faut donc comprendre que transiter par Dubai, Abu Dhabi, Kuwait ou Doha n’est pas vraiment envisageable pour le moment. Il est également recommandé de consulter systématiquement les sites et le service client des compagnies aériennes pour suivre la situation et le statut des vols.
La situation au Moyen-Orient étant toujours “dynamique”, le risque de rester coincé en transit, même lorsque votre vol est opéré, reste élevé. Et les pays européens ne mettent pas toujours en place de moyens de rapatriement de leurs ressortissants coincés à l’étranger, surtout si ceux-ci ont ignoré les avertissements. Mais aussi pour les raisons de sécurité que l'on peut comprendre.
Les compagnies chinoises absorbent le surplus
Les compagnies aériennes chinoises ont absorbé le surplus de passagers renonçant au transit par le Moyen-Orient sur leurs connexions directes entre la Chine continentale et l’Europe. Cet afflux de voyageurs supplémentaire a coïncidé au départ avec la fin des vacances du Nouvel An Chinois et les retours des étudiants chinois en Europe d’ou la difficulté à trouver des places.
Pour les compagnies européennes, la situation se rajoute à l’impossibilité de traverser l’espace aérien russe depuis le début de la guerre dans la région et les mesures de représailles, le nombre de sièges disponibles s’en trouve donc encore plus restreinte.
La rareté des places n’est pas la seule raison de l’augmentation des prix de billets. Il faut bien sur compter avec l’explosion des prix du baril de pétrole qui se répercute sur celui du kérosène et que les liges aériennes répercutent sur les voyageurs.
Même si la guerre contre l’Iran se terminait rapidement, comme le laissait entendre Donald Trump, la situation mettrait longtemps à se stabiliser, notamment en ce qui concerne l’approvisionnement en pétrole - les raffineries et les voies d’approvisionnement étant endommagées ou détruites.












