En marge du sommet de l’APEC, qui se tiendra à Shenzhen les 18 et 19 novembre prochain, une rencontre inattendue entre Donald Trump, Vladimir Poutine et Xi Jinping pourrait avoir lieu. L’idée, d’abord évoquée par Poutine lors d’un forum à Moscou le 1er octobre, a rapidement pris de l’ampleur. Après un échange téléphonique entre le président russe et son homologue américain, Donald Trump s’est en effet montré favorable à une telle possibilité, sous fond de guerre en Ukraine et de dénucléarisation. Pékin demeure pourtant encore silencieux, et n’a pas confirmé la participation de Xi à cette éventuelle rencontre. Si aucune date ni aucun programme n’ont été révélé, l’Union Européenne et ses alliés ne cachent pas leur inquiétude.


La dénucléarisation au cœur des discussions
Pour le président américain, ce sommet devra traiter prioritairement de la question des armes nucléaires et de leur prolifération. Selon l’Institut international de recherche sur la paix de Stockholm (SIPRI), le monde comptait environ 12 187 ogives nucléaires en janvier 2026, dont 9 745 destinées à une utilisation militaire potentielle. La Russie et les États-Unis possèdent à eux deux 83 % de ces stocks, tandis que la Chine dispose de plus de 600 ogives.
La dénucléarisation s’impose en effet comme un enjeu central pour les grandes puissances, particulièrement avec la fin en février 2026 du traité New START qui encadrait les arsenaux militaires russes et américains. Washington souhaite ainsi associer Pékin aux négociations, mais la Chine se montre réticente, estimant que les Etats-Unis et la Russie, dont les stocks sont plus importants, doivent commencer par réduire de leur côté leurs propres arsenaux.
La fin de la guerre en Ukraine … sans Kiev ?
Cette rencontre aurait également pour but de discuter d’une possible issue du conflit en Ukraine, qui s’éternise depuis l’invasion russe de 2022. En tout cas, c’est ce que Vladimir Poutine aurait proposé à Donald Trump. Problème : l’Ukraine manque à l’appel. Cette absence pose également la question du rôle de la Chine dans ces négociations. Si Pékin a développé un partenariat étroit avec Moscou, la Chine continue d’afficher une position officielle de neutralité.
Dans tous les cas, pour Poutine, cette rencontre serait l’occasion de réaffirmer le statut de grande puissance de la Russie et de replacer Moscou au centre des discussions internationales. Le Kremlin assure toutefois qu’aucun accord de paix définitif ne pourrait être conclu sans la participation d’un représentant de Kiev, laissant les Ukrainiens dans l’incertitude.
Si vous n’êtes pas à table, vous êtes au menu
L’éventualité d’un sommet sans l’Ukraine ni les Européens fait craindre un retour à une diplomatie des grandes puissances, où le sort des pays se déciderait sans eux. Certains évoquent déjà un « nouveau Yalta », en référence à la conférence de 1945 qui avait redessiné les équilibres de l’Europe d’après-guerre. Le ministre ukrainien des Affaires étrangères, Andrii Sybiha, a dénoncé sur X une rencontre qui, selon lui, « encouragerait Poutine à poursuivre cette guerre ». Les Européens redoutent eux aussi que la sécurité du continent soit discutée sans leur participation. Le Premier ministre canadien Mark Carney a résumé cette inquiétude : « Si vous n’êtes pas autour de la table, c’est que vous êtes au menu. »
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