Xi Jinping s'est rendu aux États-Unis du 23 au 25 septembre 2026 pour une visite d'État de trois jours auprès de Donald Trump. Quatre mois après la venue du président américain à Pékin, cette nouvelle rencontre a permis aux deux dirigeants de prolonger la trêve commerciale, d'ouvrir davantage le dialogue autour de l'intelligence artificielle et de remettre sur la table plusieurs dossiers internationaux, sans pour autant faire disparaître les principaux points de friction entre Washington et Pékin.


Une visite chargée de symboles
Xi Jinping n’était plus venu à Washington pour une visite d’État depuis onze ans. Mais son déplacement intervient surtout quatre mois après celui de Donald Trump à Pékin, en mai dernier. Les deux présidents ont ainsi réalisé des visites croisées en moins de six mois, une situation présentée par Xi Jinping comme sans précédent dans l’histoire des relations sino-américaines. Un rythme qui traduit, malgré les nombreux désaccords, une volonté de maintenir le dialogue au plus haut niveau.
Washington avait particulièrement soigné le protocole. Donald Trump s’est personnellement rendu à Joint Base Andrews le 23 septembre pour accueillir Xi Jinping et Peng Liyuan à leur arrivée. Le lendemain, une cérémonie officielle était organisée à la Maison-Blanche, avec honneurs militaires et survol aérien. La dimension économique était également visible jusque dans la liste des invités du dîner d’État. Plusieurs grandes figures américaines de la technologie et de la finance étaient présentes, parmi lesquelles Elon Musk, Jensen Huang, Sam Altman, Jeff Bezos, Sundar Pichai, Tim Cook ou encore Jamie Dimon. Bernard Arnault figurait également parmi les invités.
Autre symbole : le vin servi pour le toast, un Schramsberg Blanc de Noir, provenait de la même maison californienne que celui choisi lors du célèbre toast entre Richard Nixon et Zhou Enlai à Pékin en 1972.
Une nouvelle trêve commerciale, mais des négociations qui continuent
Le principal résultat concret de la visite se trouve sur le terrain commercial. Les États-Unis et la Chine ont décidé de prolonger de deux mois leur trêve commerciale, initialement prévue pour expirer le 10 novembre. Elle court désormais jusqu’au 10 janvier 2027, donnant aux deux pays davantage de temps pour poursuivre leurs négociations.
Cette prolongation ne règle toutefois pas l’ensemble des différends économiques entre les deux premières puissances mondiales. Les achats chinois de produits agricoles américains, l’accès aux terres rares, les droits de douane ou encore les restrictions sur certaines technologies restent au centre des discussions. Les terres rares constituent notamment un dossier particulièrement sensible : la Chine conserve une position dominante dans leur extraction et surtout leur raffinage, tandis que Washington cherche à sécuriser davantage ses approvisionnements.
Des avancées ont néanmoins été annoncées sur certains échanges commerciaux. Le représentant américain au Commerce, Jamieson Greer, a indiqué que les deux pays étaient parvenus à un accord concernant plusieurs catégories de biens, notamment des produits agricoles et des dispositifs médicaux américains ainsi que certains produits de consommation chinois jugés non sensibles. L’objectif est notamment de mettre ces produits davantage à l’abri de futures mesures tarifaires.
Tous les détails ne sont cependant pas encore connus. Washington doit publier le 28 septembre de nouvelles précisions sur les résultats des négociations commerciales menées ces dernières semaines avec Pékin. Et le dossier devrait rapidement revenir sur la table ; Xi Jinping et Donald Trump ont annoncé deux nouvelles occasions de se rencontrer avant la fin de l’année : lors du sommet de l’APEC organisé en Chine en novembre, puis au G20 aux États-Unis en décembre.
L'intelligence artificielle devient un nouveau terrain de dialogue
L’intelligence artificielle a également occupé une place importante dans les échanges. Un sujet beaucoup plus présent qu’au moment de la visite de Donald Trump en Chine quelques mois plus tôt, alors que les États-Unis et la Chine figurent parmi les principaux acteurs mondiaux du secteur.
Lors de sa rencontre avec Donald Trump, Xi Jinping a appelé les deux pays à poursuivre leurs échanges sur les risques et les bénéfices de cette technologie et à prévenir ensemble son utilisation abusive. Le président chinois a notamment affirmé qu’« il faut mettre l’IA sous contrôle de l’homme », tout en défendant une approche centrée sur l’être humain. Donald Trump a de son côté soutenu la poursuite du dialogue et de la coopération entre les deux pays sur le sujet. Cette coopération commence déjà à prendre une forme plus concrète. Avant même la rencontre entre les deux présidents, des responsables américains et chinois avaient convenu de formaliser un dialogue autour des risques liés à l’intelligence artificielle. Une nouvelle réunion doit avoir lieu à Shenzhen dans environ deux mois, avec notamment des discussions autour de la mise en place d’un canal de communication permettant aux deux pays d’échanger rapidement en cas d’incident majeur impliquant une IA.
Le dialogue ne fait pas disparaître la compétition technologique entre Pékin et Washington, notamment autour des semi-conducteurs et des modèles d’intelligence artificielle. Mais il ajoute désormais un nouveau volet à la relation bilatérale : celui de la gestion commune de certains risques liés au développement rapide de ces technologies.
Taïwan et les crises internationales restent sur la table
Les sujets de tension plus traditionnels n’ont pas disparu des discussions. Sur Taïwan, Xi Jinping a une nouvelle fois rappelé la position chinoise et demandé aux États-Unis de s’opposer à « l’indépendance de Taïwan » et de traiter la question avec prudence. Aucun changement majeur de la politique américaine sur le dossier n’a toutefois été annoncé à l’issue de la rencontre.
Les deux présidents ont également abordé plusieurs crises internationales. La situation au Moyen-Orient, dans un contexte toujours marqué par le conflit avec l’Iran, la guerre en Ukraine ainsi que la péninsule coréenne ont fait partie des échanges.
Sur ces dossiers, la visite n’a cependant donné lieu à aucune grande initiative diplomatique commune rendue publique. Les discussions ont surtout permis aux deux dirigeants d’échanger leurs positions, alors que Pékin et Washington conservent des approches différentes sur plusieurs de ces crises.












