Édition internationale

Hélène Rollès, la française que la chine n'a jamais oubliée

Il y a des histoires d'amour qui durent 30 ans sans prendre une ride. Celle d'Hélène Rollès et de la Chine en est la preuve vivante. Le 16 février dernier, à l'occasion du Nouvel An lunaire marquant l'entrée dans l'Année du Cheval de Feu, la chanteuse française s'est produite devant plus de 800 millions de téléspectateurs sur la scène du Chunwan, le gala annuel de CCTV, aux côtés de John Legend. En France, beaucoup ont découvert avec stupéfaction que l'ancienne héroïne d'Hélène et les Garçons était une star en Chine.

Photo Hélène Rollès Photo Hélène Rollès
Écrit par Margaux Alexandre
Publié le 24 mars 2026

Nul n'est prophète en son pays

En France, Hélène Rollès reste avant tout l'héroïne d'Hélène et les Garçons, la sitcom AB Productions qui a tenu en haleine les collégiens du début des années 90 sur TF1. Cinq saisons, des millions de téléspectateurs et une bande-son qui colle à la peau : Je m'appelle Hélène, sorti en août 1993, reste en tête des classements français pendant vingt-cinq semaines et l'album se vend à 900 000 exemplaires. À l'époque, la France découvre à peine internet. La chanson, elle, voyage autrement : dans les valises d'étudiants chinois à Paris qui la rapportent chez eux. Ce que personne n'avait vu venir, c'est qu'elle ne redescendrait jamais des charts là-bas. Sa mélodie douce, son image romantique, sa sincérité un peu naïve correspondaient parfaitement aux rêves de la jeunesse chinoise des années 90, qui s'ouvrait alors timidement à la culture occidentale.

 

De Shanghai à l'Élysée

La Chine ne l'a pas attendue longtemps. Dès 1990, elle chante dans un stade de 30 000 personnes à Shanghai, en première partie de Dorothée, concert retransmis en direct à la télévision. En 2014, elle est l'invitée d'honneur du gala du Nouvel An sur Pékin TV, partageant la scène avec le chanteur Lin Yilun. En 2015, une tournée de quinze villes à guichets fermés, certaines places VIP s'arrachant à 184 euros. En Chine, son nom a même été traduit : Yilian, qui signifie « joli lotus » mais aussi « le sentiment d'affection porté à son entourage ». Les Chinois apprennent le français avec ses chansons, lui dit-on. Elle en est encore surprise.

Le sommet de cette reconnaissance prend une forme inattendue en 2019. Lors du dîner d'État donné à l'Élysée en l'honneur du président Xi Jinping, c'est ce dernier qui aurait personnellement demandé sa présence. Édith Piaf et Mireille Mathieu, figures tutélaires de la chanson française à l'étranger, n'ont pas eu cet honneur. Hélène Rollès, si. Peu d'artistes français peuvent se targuer d'une telle reconnaissance diplomatique et aucun n'y est arrivé par ce chemin-là : une sitcom pour ados et une chanson où l'on chante son propre prénom.

 

Cap sur l'automne

Le 16 février donc, tout en robe longue et orchestre symphonique, Hélène Rollès interprétait The Beauty and the Beast en duo avec John Legend devant 800 millions de téléspectateurs sur CCTV. Un plateau de gala qui réunit d'habitude les plus grandes stars de la pop chinoise et où une Française n'avait encore jamais mis les pieds. La séquence a ensuite généré 24 milliards de vues en ligne, un chiffre vertigineux que personne, côté français, n'avait vraiment vu venir.

L'aventure est loin de s'arrêter là. Une tournée de huit dates est prévue pour l'automne 2026, avec des étapes à Pékin et Shanghai. Une compilation de ses plus grands succès doit paraître sur le marché chinois cette année. Ce phénomène n'a rien d'abstrait : Je m'appelle Hélène a résonné bien au-delà du continent, touchant toute une génération de francophones et d'amoureux de la culture française à travers l'Asie. À 59 ans, l'ancienne idole des collégiens français n'a visiblement pas fini de surprendre.

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