

Entre les Occidentaux et les Chinois, pas de doute, le fossé culturel se ressent dans tous les domaines de la vie: au travail, en famille ou avec ses amis. Tous les expatriés se sentent un jour ou l'autre complètement démunis face à cette incompréhension mutuelle... Comparer nos constructions de pensée et de connaissance permet d'expliquer - en partie - ces moments de solitude
Entre les Occidentaux et les Chinois, pas de doute, le fossé culturel se ressent dans tous les domaines de la vie: au travail, en famille ou avec ses amis. Tous les expatriés se sentent un jour ou l'autre complètement démunis face à cette incompréhension mutuelle... Comparer nos constructions de pensée et de connaissance permet d'expliquer - en partie - ces moments de solitude
C'est ce que Marc Idelson est venu éclaircir le 13 septembre dernier lors d'une conférence de l'UFE Shanghai. Professeur titulaire à HSBC Business School de Peking University (Beida) basée à Shenzhen, il a étudié et confronté la façon dont Occidentaux et Chinois apprennent et comprennent, ainsi que les conséquences pratiques sur notre façon de voir le monde. Et de rappeler, pour commencer, que la langue elle-même structure la représentation que l'on se fait de l'univers qui nous entoure.
S'il existe des différences entre les pays, elles existent aussi au sein d'un même état entre les communautés qui le composent. Et ces particularités influencent l'importance que nous accordons aux événements et les décisions que nous prenons face à une situation donnée. Ainsi, nous parlons des Occidentaux comme s'il s'agissait d'une réalité tangible alors qu'il existe énormément de points de séparation entre les Européens et les Américains par exemple.
Marc Idelson, le 13 septembre 2012 au Grand Mercure Hongqiao lors d'une conférence UFE Shanghai (Photo : MD)
Un esprit confortable avec les incohérences
Concrètement, dans l'apprentissage, les Chinois favorisent les savoir-faire pratiques alors que les Occidentaux aiment s'attarder sur les faits conceptuels et rationnels. Notre raisonnement prime et c'est aussi une des raisons pour laquelle nous remettons plus facilement en cause l'autorité si elle avance des données qui nous semblent contradictoires. Les Chinois sont beaucoup plus à l'aise avec les contradictions. C'est le concept du yin et du yang: dans chaque vérité, il y a une part d'erreur qui prendra le dessus plus tard. Ceci s'explique également par le concept majeur du taoïsme qui envisage la vie comme un "chemin des changements". Il n'y a pas de vérité absolue pour les Chinois et il est donc préférable de maintenir une certaine ambiguité afin de ne fermer aucune porte pour l'avenir. Ce que nous percevons comme un manque d'initiative ou de prise de décision est en réalité pour nos hôtes chinois une stratégie tournée vers l'avenir !
La connaissance aussi est inspirée du yin et du yang (Photo : Corbis)
Qu'en est-il de la créativité?
L'apprentissage du mandarin est particulier et nécessite de "recopier" de nombreuses lignes de caractères. Les professeurs ont un rôle prescriptif et les étudiants s'y accommodent très bien. Parmi ceux qui se retrouvent dans des facultés à l'étranger ou dans des programmes internationaux, certains supportent mal la place laissée à la réflexion personnelle tant ils ont été conditionnés par le "par-coeur". Tous ces éléments pèsent sur la créativité des Chinois et, influencés par leur esprit pragmatique, il leurs semble parfois plus simple et plus efficace de simplement recopier...
Pour conclure, Marc Idelson rappelle que ces explications restent théoriques et se refuse à formuler des généralités. On trouve tout et son contraire, en Chine et partout dans le monde. Il est possible de pointer l'origine de nos différences mais il n'en reste pas moins compliqué de les expliquer.
Nous remercions l'UFE Shanghai pour son invitation.
Morgane Delaisse (www.lepetitjournal.com/shanghai.html), Mardi 25 septembre 2012
Informations complémentaires :
Découvrez le programme complet sur www.ufeshanghai.com







