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PATRIMOINE - Les forteresses de Vauban placées sous l’aile de l’Unesco

12 forteresses érigées par l'ingénieur français Vauban ont été reconnues comme patrimoine exceptionnel par l'Unesco. Après 5 ans de lutte pour être classées, les ?uvres du Marquis vieilles de plus de trois siècles seront désormais protégées par l'institution des Nations Unies

Erigées par Vauban au XVIIe siècle, les fortifications de Villefranche-de-Conflent font partie des 12 forteresses qui viennent d'être classées au patrimoine mondial de l'Unesco (photo AFP)

Il était le génie militaire de Louis XIV. Pour défendre le royaume de France de ses ennemis, le Marquis de Vauban (1633-1707) avait conçu les plus impressionnantes et ingénieuses fortifications françaises. Et depuis une semaine, ses ?uvres sont désormais protégées et classées dans le prestigieux patrimoine de l'Unesco. "C'est une joie immense", s'est exclamé Nicolas Faucherre, historien d'art à Nantes et expert scientifique du Réseau des sites majeurs de Vauban.
Après 5 ans de bataille et 3.000 pages rédigées pour prouver la "diversité et la richesse"des ?uvres de Vauban, l'association Réseau des sites majeurs de Vauban présidée par le maire PS de Besançon, Jean-Louis Fousseret, a gagné son pari. Au total, ce sont 12 fortifications qui ont été retenues par le comité du Patrimoine mondial de l'humanité. Cerise sur le gâteau, le comité a même tenu à souligner le "caractère international"de l'oeuvre de Vauban, car de nombreux pays d'Europe, d'Asie, d'Amérique et d'Afrique se sont inspirés des techniques de l'ingénieur français.

Une sélection rigoureuse
Vauban avait dirigé la construction de 151 places fortes à travers le royaume, mais seules quatorze d'entre elles avaient été proposées au comité en raison de leur conservation exceptionnelle et de leur "qualité paysagère". Car pour postuler au patrimoine mondial de l'Unesco, les critères sont précis et restrictifs : justifier d'une valeur exceptionnelle ou universelle, représenter un chef d'oeuvre du génie créateur humain ou encore illustrer une période significative de l'histoire humaine.
Aussi, la récompense est à la hauteur de cette étroite et rigoureuse sélection, puisque les sites répertoriés peuvent prétendre à d'importantes sommes d'argent pour sauvegarder, restaurer et protéger les constructions. Seul bémol à la décision rendue la semaine dernière par le comité, deux sites sur 14 n'ont pas été retenus : le château de Bazoche (Nièvre) et la citadelle du Palais à Belle Île en Mer (Morbihan). Motif : l'un ne répondait plus à la nouvelle appellation "forteresse"et l'autre écarté "par défaut d'authenticité". On ne plaisante pas avec les détails au comité de l'Unesco.
Frédéric GUITTON. (www.lepetitjournal.com) vendredi 18 juillet 2008

Les 12 constructions de Vauban classées à l'Unesco le 7 juillet 2008 :
- la citadelle pentagonale d'Arras (Pas-de-Calais)
- la citadelle, l'enceinte urbaine et le fort Griffon de Besançon (Doubs),
- les forts de Blaye/Cussac-Fort-Médoc (Gironde),
- l'enceinte urbaine, les forts et le pont d'Asfeld à Briançon (Hautes-Alpes),
- la Tour dorée de Camaret-sur-mer (Finistère),
- la ville neuve de Longwy (Meurthe-et-Moselle),
- le fort de Mont-Dauphin (Hautes-Alpes),
- la citadelle de Mont-Louis (Pyrénées-Orientales),
- la place forte de Neuf-Brisach (Haut-Rhin),
- la citadelle de Saint-Martin-de-Ré (Charente-Maritime),
- les tours côtières de Tatihou/Saint-Vaast-la-Hougue (Manche),
- l'enceinte et les forts de Villefranche-de-Conflent (Pyrénées-Orientales).

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