Lundi 26 juillet 2021
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« Sauver Tuvalu, c’est sauver la planète »

Par Lepetitjournal Nouvelle-Calédonie | Publié le 08/05/2018 à 00:06 | Mis à jour le 08/05/2018 à 00:06
Tuvalu changement climatique dialogue CPS Nouvelle-Calédonie

De nombreux chefs d’État et de gouvernement, ainsi que des ministres et des délégués, se sont réunis au siège de la Communauté du Pacifique à Nouméa (Nouvelle-Calédonie) pour un dialogue de haut niveau sur le changement climatique et la biodiversité le 4 mai dernier.

 

De multiples références ont été faites au précédent dialogue sur le climat organisé à la CPS, qui a donné naissance à une vaste coalition entre les acteurs européens et océaniens à l’appui de l’accord de Paris, qualifié par M. Jean-Yves Le Drian, ministre français de l’Europe et des Affaires étrangères, d’accord équitable et irréversible démontrant une réelle solidarité. M. Le Drian a également déclaré que l’Agence française pour le développement (AFD) était en train de s’affirmer comme véritable banque de développement, dans le droit fil de l’accord de Paris, avec une présence dans le Pacifique.
 
En préambule aux discussions, M. Colin Tukuitonga, Directeur général de la CPS, s’est montré extrêmement satisfait de voir que les membres insulaires et les membres métropolitains de l’Organisation partagent très largement un même point de vue sur des questions essentielles, et de voir la CPS confirmée dans son rôle historique de « maison commune du Pacifique ».

M. Philippe Germain, président du Gouvernement de la Nouvelle-Calédonie, s’est exprimé en qualité de président en exercice de la Conférence de la Communauté du Pacifique et a souligné l’importance stratégique des ressources et de la stabilité de la région à l’échelle mondiale.
 
La parole a ensuite été donnée aux membres de la CPS. L'occasion pour les pays de la zone de remettre et faire connaître leurs avis et points de vue.
 
Pour les îles Fidji, la mise en place de nombreux talanoas (terme fidjien désignant un dialogue inclusif qui permet de prendre de bonnes décisions) dans le cadre de la mise en œuvre de l’accord de Paris est à encourager.

Mme Laura Clarke, gouverneure de Pitcain, a déclaré : « sauver Tuvalu, c’est sauver la planète », soulignant le fait que les États et Territoires océaniens sont aux premières loges du changement climatique. Elle a également cité plusieurs politiques innovantes lancées dans la lutte contre la pollution par le plastique.

Les Tuvalu par la voix de leur Premier ministre, M. Enele Sopoaga, ont remercié la France pour son engagement sans faille dans la lutte contre le changement climatique.

De leur côté, les Samoa ont rappelé que leur pays constituait un sanctuaire pour plusieurs espèces menacées par le changement climatique, notamment les baleines, les requins et les tortues, ainsi que pour les mangroves, et ont souligné la nécessité d’une protection contre les pratiques de pêche destructrices.

M. Milner Tozaka, ministre des Affaires étrangères et du Commerce extérieur des Îles Salomon, a insisté sur le fait que l’accord de Paris était essentiel à la survie des économies sobres en carbone, telles que celle de son pays. Celui-ci déploie en effet tous les efforts possibles en ce sens, dans les limites de ses capacités financières.

Pour Nauru, le temps de la discussion est révolu face au changement climatique Pour les 10 000 habitants de l'île, la France est une nation amie, dotée d’une forte influence. Et de rappeler que les pays océaniens ont difficilement accès au Fonds vert pour le climat et à d’autres instruments financiers.

Mme Paula Faiva, chargée de dossier pour le changement climatique pour Tokelau, a placé le débat sur le plan moral, dans la mesure où le pays considère les questions de biodiversité et de changement climatique du point de vue du « pono océanique » (le terme polynésien pono désigne l’équité et la droiture). Elle a également cité la Déclaration sur l’océan du Groupe des dirigeants polynésiens, adoptée en 2016 et qui affirme que l’Océan pacifique est « un trésor de biodiversité, une vitrine de la nature, que nous sommes heureux de partager avec le reste du monde et pour lequel nous demandons instamment respect et protection ».

Le Premier ministre du Vanuatu a répété l’engagement de son pays en faveur de l’accord de Paris, malgré les faibles ressources et les contraintes subies par les îles d’Océanie.

M. David Vergé, président de l’Assemblée territoriale de Wallis et Futuna, a quant à lui souligné que les modes de consommation ont des répercussions pour la planète, et a appelé de ses vœux une intégration régionale plus forte et plus réactive des Territoires français du Pacifique.

La Papouasie-Nouvelle-Guinée, qui abrite la troisième forêt tropicale au monde après l’Amazonie et le bassin du Congo, souhaite continuer à nouer des partenariats avec les États européens. De nouveaux mécanismes d’accès aux fonds communautaires constitueraient une aide importante pour les petits pays.

Mme Faustina Rehuhew Marugg, ministre des Ressources naturelles, de l’Environnement et du Tourisme de Palau, a souligné le fait que la région dispose d’une manne de savoir-faire traditionnels qui ne demande qu’à être exploitée.

S’exprimant au nom de Kiribati, M. David Teaabo, Haut-Commissaire aux Fidji par intérim, a réaffirmé l’engagement de son pays envers le Pacifique bleu, ajoutant que les membres et leurs capacités étaient essentiels à l’efficacité du régionalisme. Il a appelé de ses vœux le soutien de la France dans des questions telles que la sécurité en mer et les limites environnementales, notamment sur les atolls.

Il apparaît que Niue, qui n’émet au demeurant que très peu de gaz à effet de serre, est en bonne voie pour atteindre ses objectifs de biodiversité et de protection du climat : son énergie sera à 80 % d’origine renouvelable d’ici à 2025, et 40 % de sa zone économique exclusive se compose d’ores et déjà d’aires marines protégées.

Pour la Polynésie française, le Pacifique est une région d’échange et de liberté, et ce, depuis des millénaires. La migration climatique n’est pas une solution acceptable pour les Océaniens qui ne vivent pas sur le continent. Mme Sage a invité la communauté internationale à se montrer à la hauteur de ses engagements dans ce domaine.

Les Îles Cook, en revanche, sont déçues de la baisse des financements accordés aux petits États insulaires en développement, et ont encouragé les partenaires européens de son pays à défendre l’aide financière pour ces États.

L’Australie a déclaré être en bonne voie pour respecter les engagements pris en vertu de l’accord de Paris. Le Continent souhaite vivement resserrer les liens conclus dans le domaine de la sécurité et de l’économie, et partager les enseignements tirés de la protection des récifs coralliens splendides, mais fragiles, notamment la Grande barrière de corail.

Quant à la Nouvelle-Zélande, le pays a décidé d'approfondir et d'intensifier son engagement dans la lutte contre le changement climatique, en développant les partenariats naissants comme les partenariats existants.

 

Il est à rappeler que la Communauté du Pacifique agit depuis des années dans le cadre des enjeux soulevés par les participants au dialogue.

Citons quelques exemples de ce travail : la Division pêche, aquaculture et écosystèmes marins s’efforcer d’alléger la pression sur la pêche côtière, le projet Biopelagos contribue à optimiser la gestion des ressources naturelles de haute mer, la Division géosciences, énergie et services maritimes a aidé à intégrer la question du changement climatique dans les domaines de l’eau, de l’agriculture, de la santé et des ressources naturelles, les projets RESCCUE et INTEGRE, dirigés par le Programme durabilité environnementale et changement climatique de la CPS, ont permis d’accroître la résilience et la gestion des ressources côtières grâce une démarche reposant sur les écosystèmes, tandis que le Programme océanien de soutien climat et océans (COSPPac), soutenu par la CPS, fournit des informations sur les marées et le niveau de l’océan, et renforce les capacités des pays océaniens.

 

 

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