Vendredi 14 mai 2021
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En France, bientôt la « Forêt des Français d’Amérique du Nord »

Par Rachel Brunet | Publié le 22/04/2021 à 15:00 | Mis à jour le 27/04/2021 à 17:05
Une forêt plantée par les Français d’Amérique du Nord

Quelque 300.000 Français vivent en Amérique du Nord et voyagent régulièrement vers la France laissant à la Terre une empreinte carbone bien lourde. À New York, Pascal Royer, installé à Manhattan depuis 8 ans et voyageur professionnel fréquent, a eu l’idée de compenser la pollution engendrée par les voyages au-dessus de l’Atlantique en plantant des arbres. Ainsi est née la forêt des FAN, les Français d’Amérique du Nord.

 

Pascal Royer, créateur de la forêt des Français d’Amérique du Nord
Pascal Royer

 

 

Une forêt contre l’empreinte carbone

« C’est un projet que j’ai initié il y un an et qui a sucité l’engouement de toutes les listes de La Majorité Présidentielle en Amérique de Nord. Dès lors, nous portons tous ensemble ce projet, » explique Pascal Royer. Tout part d’une mesure : celle de l’empreinte CO2 de cet entrepreneur français de New York. « Sur une année normale, entendre hors covid, je crée 11 tonnes de CO2. Il y a la pollution que l’on peut maîtriser et celle que l’on ne peut pas maîtriser. Quand on est un Français de l’étranger, nous avons besoin de faire des voyages entre la France et le pays où l’on vit, pour motif professionnel ou personnel. Et ça, nous pouvons difficilement le limiter. Quand on vit en Amérique du Nord, nous n’avons pas d’autre choix que prendre l’avion pour aller en France » détaille-t-il.

Selon l’ADEME, un voyage entre New York et Paris coûte à la planète 2,6 tonnes de CO2. C’est en se demandant comment contrer cette empreinte carbone que Pascal Royer a l’idée de créer une forêt. Inciter les Français d’Amérique du Nord à gommer leur empreinte carbone. Un voyage entre New York et Paris peut être compensé par la plantation de 18 arbres, ce qui représente un coût de $54 versé à la fondation qui verra le jour après les élections consulaires. « Un vol Montréal - Paris représente 2458kg de CO2 et peut être compensé par 17 arbres ; un Los Angeles- Paris représente 4056kg de CO2 et peut être compensé par 28 arbres ; un San Francisco - Paris représente 2997kg de CO2 et peut être compensé par 27 arbres. Enfin, un Miami - Paris représente 3285kg de CO2 et peut être compensé par 22 arbres » explique Pascal Royer.

L’idée est aussi et surtout de faire prendre conscience aux Français d’Amérique du Nord de l’importance de leur empreinte carbone. Chacun peut la calculer soit avec Carbon Foot Print pour la version américaine ou via l’ADEME pour la version française. « La démarche est vraiment pédagogique » insiste Pascal Royer. Mais pas que ! C’est aussi un bénéfice pour la communauté française d’Amérique du Nord. Une initiative citoyenne qui regroupe ces Français installés hors de leur pays. « Ce projet doit servir également à la sensibilisation des Français de l'étranger sur la biodiversité et la diminution de l'empreinte carbone notamment par un travail pédagogique dans les écoles. Pour que ce projet soit une réussite, il faudra s'appuyer sur le réseau consulaire et les élus ». Un projet d’union au service de l’environnement et d’une communauté. Une communauté voyageuse qui doit prendre conscience des marques qu’elle laisse chaque année à la planète.

 

Empreinte carbone

 

 

54.000 arbres plantés et des emplois créés

« Si nous arrivons à fédérer ne serait-ce qu’un pourcent des 300,000 Français d’Amérique du Nord, nous pourrons, en année 1, planter 54.000 arbres soit une forêt de 100 hectares, l’équivalent de 200 terrains de foot » détaille Pascal Royer. L’idée étant de rassembler, année après année de plus en plus de Français d’Amérique du Nord autour de ce projet.

« Avec la plantation de 54.000 arbres, nous créons 162.000 habitats pour les animaux, mais nous créons aussi 54,000 heures de travail lesquelles comprennent le travail de plantation mais aussi de maintenance de la forêt. Imaginons que, dans le temps, nous convainquions 10 % des Français d’Amérique du Nord de compenser l'empreinte carbone d'un de leurs voyages. Nous pourrions planter environ 500.000 arbres par an ! Soit l’équivalent de 1000 hectares que l'on peut réaliser sur une ou plusieurs forêts. C'est à dire autant d'arbres qu'à Paris où il y a 500.000 arbres, 300.000 dans les Bois de Vincennes et Boulogne et 200.000 dans les rues. Soit environ 75.000 tonnes de CO2, 1,5 million d'abris pour animaux et 22.000 semaines de travail soit presque 500 emplois » s’enthousiasme Pascal Royer.

 

Les Français de l’étranger n’ont pas d’autre choix que de prendre l’avion

Mais attention, compenser son empreinte carbone en plantant des arbres n’est en aucun cas un permis de polluer. « Certains écologistes rétorqueront que la compensation carbone est un permis de polluer. Que mieux que compenser son empreinte carbone, il vaut mieux ne pas polluer. Il est certain que l'énergie la plus verte est celle qui n'est pas produite », plaide Pascal Royer. « Ce programme doit se combiner avec des actions pour encourager la réduction de l'empreinte carbone. Dans notre programme à New York, cette proposition est couplée avec des propositions de réduire l'empreinte carbone de la communauté. Avec par exemple, la création d'une commission consulaire « Développement durable » pour promouvoir et partager les bonnes pratiques environnementales pour les particuliers, les écoles et les entreprises, travailler avec les équipes consulaires pour tendre vers un Consulat « zéro émission ». Et rendre compte de l'ensemble de ces actions dans le rapport annuel de l'action consulaireBien qu'il faille être à l'écoute de critiques de « greenwashing », il faut être conscient que l'on ne peut rien faire aujourd'hui sans émettre du carbone. Ces critiques ne doivent pas non plus être une bonne excuse pour ne rien faire ».

Pourquoi créer cette forêt en France et non pas en Amérique du Nord ? « C’est un don, un attachement à notre pays. Planter en France est une manière de voir, de toucher, de péreniser son action. » conclut Pascal Royer.

 

Vous souhaitez suivre le projet de la Forêt des Français d’Amérique du Nord ? Cliquez sur ce lien.

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Rachel Brunet

Rachel Brunet

Après être passée par la presse économique et la presse spécialisée, Rachel Brunet est la directrice et la rédactrice en chef de l’édition New York du Petit Journal.
1 Commentaire (s)Réagir
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Guy lun 26/04/2021 - 14:31

avec les hypotèses exposées cela signifie 104,000€ Je ne sais pas comment 500 emplois en France peuvent ainsi être financés ! Perte de crédibilité... pour une démarche initiale de déculpabilité ET de bon sens; les contradictions et BS de Macron et de ses brown noses.

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