Législatives 2022 en Amérique du Nord : Gérard Michon, candidat UCE

Par Rachel Brunet | Publié le 26/05/2022 à 00:23 | Mis à jour le 27/05/2022 à 13:32
Photo : Gérard Michon
Gérard Michon

Les Français des États-Unis et du Canada sont appelés aux urnes les 4 et 18 juin 2022, dans le cadre des élections législatives. Nos éditions américaines partent à la rencontre des candidats à la députation pour la première circonscription des Français établis hors de France — qui comprend les États-Unis et le Canada.

Gérard Michon est candidat « Union des centristes et des écologistes » pour les élections des législatives en Amérique du Nord.

 

Michon

 

 

Rachel Brunet pour Le Petit Journal New York et Miami : Pourquoi avez-vous souhaité vous présenter aux prochaines élections législatives ?

Gérard Michon : Après avoir décliné une offre d'investiture du sympathique parti UCE — Union des centristes et des écologistes. Je mapprêtais serainement à vivre ces élections en spectateur trois heures seulement avant la date limite de dépôt.

 

Quel est votre rapport avec la circonscription d'Amérique du Nord ?

Je suis arrivé en Californie du sud le 16 août 1980 pour terminer à UCLA le cycle d'étude commun de l'école Polytechnique et de l'école Nationale Supérieure des Télécommunications. Ça aurait dû ne durer qu'un an. J'y suis resté, à des titres divers depuis près de 42 ans.  En 1991, j'avais déjà une bonne réputation de compassion et je me suis retrouvé à la quatrième place d'une liste consulaire qui a emporté deux des trois sièges à pourvoir pour tout l'Ouest des États-Unis. Un an plus tard, le troisième de notre liste —Jean-Léon Iribarren de San Francisco — est décédé et je me suis retrouvé en position de suppléant direct.  Obligé de succéder à mon ami Claude Fugère qui est mort deux ans après.  J'ai été à bonne école avec les élus de cette époque. Très proche des problèmes des gens au quotidien, pas seulement les choses dont on parle uniquement au moment des élections. Nous étions neuf aux États-Unis et avions tous l'impression, en échangeant entre collègues, de pouvoir faire une différence partout, toutes tendances confondues au service de nos compatriotes.  Les liens n'étaient pas tout à fait aussi fort avec nos amis canadiens mais le principe était le même et j'en ai gardé la bonne attitude.  C'est tout ce qui compte, en fait.

 

Comment jugez-vous le mandat de Roland Lescure, le député sortant ?

Je suis déçu, à contrario,de l'attitude de nos députés en général mais tout particulièrement de M. Lescure.  On les voit s'agiter à Paris sans trop se soucier de la douleur des gens qui les ont élus, au motif qu'ils "représentent l'ensemble de la Nation". Belle excuse. J'ai un regard très critique vis à vis de Roland Lescure que je considére ne pas étre à sa place.  Je m'oppose clairement à sa réélection avec l'argumentaire suivant: Le député sortant Roland Lescure déploit une activité fébrile pour se faire renouveler et il semble hélas bien parti pour faire passer la pillule.

En 2017, Roland Lescure avait été élu devant le député sortant Frédéric Lefèvre sur la seule base de sa participation à la première campagne présidentielle d'Emmanuel Macron et de sa présence géographique au Canada en tant que haut-fonctionnaire très grassement payé. Il avouait alors fièrement n'avoir que 8 semaines d'expérience en politique. Son lancement en politique s'était fait alors qu'il était sous les feux des médias pour avoir investi de grosses sommes d'argent public Canadien dans des paradis fiscaux.  Ceci mettait clairement fin à sa carrière et il a vu dans "la politique" une porte de sortie d'apparence honorable. Il a réussi à faire oublié les motifs susvisés. Une fois élu, ses intérêts se sont clairement révélés être franco-français. Il semble avoir des ambitions de ministre, mais avant ça il doit s'acquitter de la "corvée" de retourner devant les électeurs.  Dans sa campagne de renouvellement, il n'a même pas daigné choisir un suppléant (qui aurait mieux fait d'être une suppléante) ayant résidé en Amérique du Nord. C'est juste son premier collaborateur parlementaire auquel il offre ainsi la tâche de nous représenter quand il deviendra ministre.  Bigre !

Monsieur Lescure est à l'origine de la confiscation des cartes vitales qui a été si mal vécue.  Il avait cru détecter un abus auquel il fallait remédier d'urgence.  Sans chercher à limiter les effets pervers d'une décision hâtive.  Il a applaudi un(e) autre député de ses amis qui est à l'origine du doublement, ou presque,  de l'imposition des Français hors d'Europe sur les revenus de source française —immobilier ou retraites — dans la mouvance de la condamnation de la France par la cours de justice européenne pour avoir soumis à cotisation sociale —CSG.CRDS — ses citoyens expatriés ne bénéficiant d'aucune couverture sociale française. Monsieur Lescure a applaudi sans l'excuse de ne pas savoir compter. Lors de la crise du COVID, M. Lescure avait été "consulté par l'exécutif" avant la mise en place du système — heureusement condamné par le Conseil d'état saisi par mon ami l'excellent avocat Pierre Ciric — qui interdisait le retour en France de ses citoyens sauf pour "motifs impérieux", au nombre desquels la "résidence principale" en France.  Il avouait à cette occasion ne pas savoir ce que ce terme recouvrait, pourtant au coeur de revendications de longue date des Français de l'étranger. Il ferait moins de mal en tant que ministre.  Qu'on le nomme sans qu'il ait à prendre au préalable un poste qui pourrait étre utile s'il était confié à quelqu'un ayant vraiment à coeur de bien défendre les Français de l'étranger.  Moi ou un(e) autre, presque n’importe qui ferait mieux que M. Lescure à cette aulne là.

Le comportement d'un bon député devrait être de mettre en place le remède avant de causer le mal.  Il a raison M. Lescure de tant s'agiter pour faire oublier qu'il n'est pas de cette race là. Monsieur Lescure est passé une seule fois à Los Angeles au moment où l'arrêt de la délivrance de certificats de vie posait probléme. Il était visiblement agacé qu'on l'ennui avec ça.

 

La critique est constructive, qu'auriez-vous fait à sa place ?

À chacun sa perspective. J'ai décrit comment j'ai été formé au service de nos compatriotes.  Chose que monsieur Lescure n'a jamais vécue et comprend mal.  À coup sûr, je n'aurais jamais été président de la commission des finances. Il en faut bien un et c'est proche de son expertise professionnelle.  Tant mieux pour lui, mais ça n'a rien à voir avec la défense ou la protection des intérêts fondamentaux des français établis en Amérique du nord ou ailleurs. La situation des Français de l'étranger est si spécifique que leur appartenance à la communauté nationale doit être défendue au parlement par des gens dont c'est la priorité majeure.  Moi ou un(e) autre mais pas monsieur Lescure.

 

D'après vous, quelles sont les préoccupations des Français d'Amérique du Nord ?

Les préoccupations des Français d'Amérique du Nord sont variées et elles évoluent constamment.  C'est pourquoi quelqu'un qui prétend les représenter doit rester constamment à l'écoute et avoir bonne mémoire.  Les nouveaux problèmes ne chassent pas les anciens. À chaque cas particulier qu'on traite ou dont on se souvient correspond souvent une amélioration possible de la législation. On peut difficilement résumer ça en quelques lignes gravées une fois pour toutes dans le marbre.  Même si tous les candidats, monsieur Lescure, moi-même et les autres, ont tendance à le faire au moment des élections. C'est inévitable mais ça donne l'impression — aux nouveaux candidats, en particulier — que seuls existent les problèmes qui font la une des journaux.

 

Comment voyez-vous votre mandat de député, si vous êtes élu, pour répondre à ces préoccupations ?

Mes chances d'être élus sont hélas infimes.  Si jamais je , je concentrerais mon attention sur les problèmes du moment et sur deux réformes ambitieuses mais parfaitement réalisables en moins d'une mandature.

1) Définition constitutionnelle de la citoyenneté française, pour protéger définitivement les français de l'étranger des coups de boutoirs venant périodiquement de législateurs mal renseignés.

2)  Financement de l'enseignement Français à l'étranger directement par le ministère de l'éducation nationale (MEN).  Sans trop rentrer dans les détails que je tiens à votre disposition, je propose une aide directe aux établissements homologués, proportionnelle au nombre de jeunes Français qu'ils scolarisent.  Sans demandes de bourses individuelles auprès des consulats.  Au lieu de ça une gestion plus légère par le système de bourses que les établissements ont déjà pour leurs familles non françaises.  Les établissements auraient juste à montrer qu'ils ont utilisé les aides du MEN entièrement au bénéfice de leurs élèves français.  

 

Vous étiez déjà candidat en 2012 contre le candidat investi par l'UMP, pourquoi vous présenter alors que monsieur Caraco a été investi par LR ?

En 2012, j'étais un véritable dissident. Je me présentais comme "gaulliste indépendant" ayant cessé de revendiquer l'étiquette UMP.  J'avais écrit au secrétaire général pour lui dire que je ne ferai pas appel d'une décision d'exclusion à mon endroit. La décision ne m'a été donnée qu'après les présidentielles au motif candide que "nous avions besoin de toi pour les présidentielles" [sic!].  Il s'agissait pour moi de protester contre la décision par l'UMP de n'investir aux législatives aucun élu local dans le monde — sauf en Suisse, mais c'est une autre histoire.  C'est pour cette seule raison que je me suis opposé à Frédric Levèbvre au premier tour de 2012. Je l'ai soutenu au second tour et ai été ravi d'étre à ses côtés en 2013 et en 2017.  Il avait fait une prestation remarquable pendant 4 ans.

Aujourd'hui la situation est différente.  J'ai cessé d'appartenir à l'UMP/LR de mon propre chef, sans faire d'éclats — j'avais été réintégré au bout de trois ans — et ne suis donc plus tenu par aucune discipline de parti et surtout pas à l'égard de monsieur Caraco dont le culot d'acier est la cause de mon départ après 36 ans, du mouvement RPR/UMP/LR, sans renier mes origines gaullistes.  Nous avions tous les deux brigué l'investiture LR et la commission d'investiture a préféré en grande pompe ne l'accorder à aucun lors d'une réunion plénière à laquelle nous étions tous les deux — la pratique des investitures multiples étant abandonnée. Le lendemain, monsieur Caraco se déclarait "investi" dans un communiqués que j'ai dénoncé pour la postérité dans un coin obscur de l'internet avant de m'éloigner gentiment pour de bon, après 36 ans.  Voir https://www.facebook.com/juin2012/posts/2582534338482311

Aujourd'hui, monsieur Caraco semble certes avoir l'investiture LR mais sa revendication de candidat "officiel" de la droite et du centre est un autre type de supercherie, qui m'agace un peu.  Je n'ai aucune obligation d'en être solidaire, je n'appartiens plus aux LR.  Comme disait le poète 

En tant qu'élu consulaire, l'activité principale de monsieur Caraco est d'envoyer des grands portraits de lui-même avec quelques informations d'origine administrative.  Ça plait, comme en témoigne son bon score aux dernières élections consulaires.

 

Qui sont vos soutiens, votre étiquette politique et comment est financée votre campagne ?

L'impression de mes circulaires et de mes affiches a été prise en charge par l'UCE —Union des centristes et des écologistes —, jeune parti que je n'ai pourtant rejoint que récemment.  Sauf à recevoir d'hypothétiques dons non sollicités au cours de la campagne, je fonctionne sur mes deniers propres qui sont pourtant très limités depuis la crise sanitaire dont j'ai beaucoup souffert économiquement, comme beaucoup d'autres.  Une campagne demande toujours beaucoup d'efforts et je traînais des pieds pour retourner au charbon avec des chances très faibles, voire nulles. Je ne me suis laissé convaincre par eux que quelques heures avant la date limite.  Ma candidature n'a été déposée que deux minutes avant l'heure limite!

 

Sur votre affiche de campagne, vous revendiquez la majorité présidentielle, vous n'êtes pourtant pas investi par la majorité présidentielle que vous critiquez vertement. Pourquoi avoir mis cela en avant ?

Le parti qui m'a investi, UCE, est dans la majorité présidentielle — ils ont rédigé le titre exact de l'affiche, en fait. Plusieurs formations annoncent ainsi qu'elles sont à l'intérieur de la majorité.  Ceci sans que la composante principale, LREM / Renaissance, ait son mot à dire. L'UCE conserve ainsi son libre arbitre et un agenda spécifique, en particulier écologique.  Il y a des candidats UCE dans les 11 circonscriptions des Français de l’étranger et aussi des candidats LREM qui se tailleront sans doute la part du lion... C’est ainsi. Je me présente ouvertement contre monsieur Lescure que je critique vertement à titre personnel, mais il n'y a aucune contradiction à dire que je n'aime pas le sortant, ni son style ni ses "priorités" telles qu'elle ressortent de son bilan à l'Assemblée nationale. Il n'est pas à sa place en tant que représentant du "peuple".  Il s'acquitte juste de la formalité de se faire élire avec la photo du président pour continuer sa vie de député franco-français loin des précccupation des Français de l’étranger, dont il ne se soucie qu'en période électorale.  Voilà tout. Aucune erreur dans les documents électoraux, donc. En clair, ça veut dire que je ne suis proche ni de Mélenchon ni de Le Pen...

 

Vos prochains rendez-vous avec les Français d'Amérique du Nord ?

La prochaine "réunion publique" sera sur Zoom le mardi 24 mai, en principe à partir de 18:30 (ouest) / 21:30 (est). Les liens d'accés étant postés sur www.patrie.org/2022, dédiée aux liens Zoom.

Mon site de campagne se construit peu à peu sur www.michon2022.org.

Rachel Brunet

Rachel Brunet

Après être passée par la presse économique et la presse spécialisée, Rachel Brunet est la directrice et la rédactrice en chef des éditions New York et Miami du Petit Journal.
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