Samedi 28 novembre 2020

Aux États-Unis, ces citoyens qui défendent le port d’armes

Par Rachel Brunet | Publié le 22/10/2020 à 17:35 | Mis à jour le 23/10/2020 à 10:06
Port d’armes États-Unis

« Une milice bien réglementée, étant nécessaire à la sécurité d'un État libre, le droit du peuple à détenir et à porter des armes, ne doit pas être violé » explique le deuxième amendement de la Constitution américaine. Aux États-Unis, on assiste depuis plusieurs mois à une explosion des ventes d’armes à feu. Les élections, mais aussi les tensions interraciales et la pandémie, expliquent cette tendance inédite.

 

Armes États-Unis

©️Jason Connolly

La NRA en peine

Dès le mois de mars, les observateurs américains remarquent une forte hausse du nombre d’armes vendues aux États-Unis. Notamment en Californie, l’État de New York et l’État de Washington, les premiers États touchés par la pandémie. À ce moment-là, les armuriers expliquent que  le profil des acheteurs varie, il s’agit tant de néophytes que d’habitués. Tous ont cependant la même motivation : se prémunir des conséquences de l’épidémie dans leur quotidien. La National Rifle Association (NRA) et d’autres partisans des armes à feu applaudissaient cette hausse des ventes tandis que le fils de Donald Trump tweetait  « Vous n’en avez pas besoin, jusqu’à ce que vous en ayez besoin ».

Dans le camp Trump, défendre le second amendement est essentiel. Cet engouement pour les armes en période électorale n’a rien d’extraordinaire — il est lié à l’incertitude quant au futur locataire de la Maison-Blanche. Les supporters Trumpistes exhibent leurs armes tant avec fierté que défiance. Aussi, à quelques jours de l’élection présidentielle, l’Amérique s’inquiète de voir débarquer ces supporters de l’extrême armés jusqu’aux dents dans les bureaux de vote. Lors du premier débat présidentiel, Donald Trump avait lancé à l’attention des Proud Boys, groupe d'extrême droite entièrement masculin, anti-féministe, anti-immigrés, pro-armes et pro-Trump « Proud Boys, mettez-vous en retrait et tenez-vous prêts. »

La NRA, qui avait investi des dizaines de millions de dollars pour soutenir l’élection de Donald Trump en 2016, est aujourd’hui affaiblie sur le plan financier et moins bien placée pour peser sur les élus récalcitrants à ses demandes. Elle doit notamment composer avec les pressions de la procureure générale de l’État de New York, Letitia James, qui a déposé en août une poursuite visant à obtenir sa dissolution. La poursuite allègue que des membres de la direction ont détourné à leur profit des millions de dollars et attribué des contrats de manière à favoriser de proches associés ou des membres de leur famille. Le camp démocrate estime que la fin de la NRA pourrait constituer une occasion unique de resserrer les règles en vigueur sur le plan national et local.

Leur candidat, Joe Biden, qui avait réussi dans les années 90 à faire adopter un moratoire de 10 ans sur les ventes d’armes d’assaut lorsqu’il était sénateur, présente un programme détaillé de réforme dans sa plateforme politique.Il propose notamment de rendre obligatoire un contrôle des antécédents de l’acheteur pour toutes les ventes d’armes, une mesure avec laquelle une majorité d’électeurs, tant démocrates que républicains, est d’accord, selon un récent sondage du Pew Research Center.

L’avis des Américains

« Je suis allé à l'école aux États-Unis, dans le Maryland, et il y a quelques semaines, un bon ami de l'université nous a rendu visite pour le week-end. Le soir, nous avons été rejoints par un couple de voisins et nous avons commencé à parler de politique en descendant des bières près du feu de camp dans le jardin. Il y avait deux Français, ma femme et moi, et trois Américains. Je ne me souviens pas exactement comment ou pourquoi mon vieil ami a commencé à parler du droit aux armes, mais la conversation est devenue intense lorsqu'il a dit que non seulement il soutenait le droit de porter des armes mais, que c'était essentiel pour la protection des civils contre la tyrannie du gouvernement. Cela m'a poussé à approfondir le débat sur les armes. J'ai appris que beaucoup soutiennent l'idée de posséder des armes, n'importe quel type d'arme, et qu'aux États-Unis, certaines personnes croient même qu'elles ont le droit, donné par Dieu, de porter une arme. C'était le sujet d'une première interview en direct que j'ai eue avec David Treibs, un militant chrétien pour les armes à feu » explique le journaliste Stanislas Berteloot, fondateur du podcast Back In America.

Comment une démocratie peut-elle fonctionner quand ses citoyens font plus confiance à leurs armes qu'à leurs votes ? Question centrale que se pose le journaliste.

Dans ces deux épisodes de Back In America, Stanislas Berteloot reçoit David Treibs, Texan et militant chrétien pour les armes à feu, et Robert Spitzer, professeur de sciences politiques à l'Université d'État de New York, auteur de 15 livres et expert de la Constitution américaine, il a témoigné à plusieurs reprises devant le Congrès. Durant ces deux épisodes, les invités sont questionnés par Stanislas Berteloot autour d’un fil conducteur : les armes à feu aux États-Unis. Un droit divin pour certains, un droit démocratique pour d’autres.

 

Pour écouter le premier épisode avec David Treibs - militant chrétien pour les armes à feu :

 

 

Pour écouter le second épisode avec Robert Spitzer - expert de la Constitution américaine :

 

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Rachel Brunet

Rachel Brunet

Après être passée par la presse économique et la presse spécialisée, Rachel Brunet est la directrice et la rédactrice en chef de l’édition New York du Petit Journal.
1 Commentaire (s)Réagir
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Stan jeu 22/10/2020 - 21:39

Merci Rachel pour la reprise de mes deux interviews en direct. La version édité du podcast sera bientôt disponible en ligne sur Back in America

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