Édition internationale

N. MARTINEZ - L’expatriation : petits malheurs et grands bonheurs (ou l’inverse)

Expatriation ! Le mot est fort. Il renvoie à une partie de notre identité, à notre culture, à notre façon d'être heureux ou d'être triste, nos amis, notre famille de c?ur ou de sang, à notre patrie. Alors, s'expatrier ce n'est pas rien. C'est laisser tout cela derrière soi pour un temps, l'emporter dans son c?ur et regarder à l'extérieur, plus loin

(photo Constance de Guernon/ LPJ) L'expatriation est toujours une épreuve pour soi, pour ceux que nous quittons et pour ceux qui nous accompagnent. La difficulté est proportionnelle aux kilomètres qui désormais nous séparent de ce que nous laissons. C'est une nouvelle géographie de nos relations, inaccessible pour les uns, stimulante pour les autres. Réussir l'épreuve c'est se sentir grandi, plus près de soi, de ce que nous bâtissons mais c'est aussi savoir revenir.

Le cocktail sucré-salé de l'expatrié : euphorie, choc, acculturation et stabilité

Tout d'abord, c'est la joie de découvrir, l'émerveillement devant toutes les différences vécues comme autant de curiosités satisfaisantes pour le corps et l'esprit. Puis,  au bout de quelques mois les vacances semblent durer un peu trop longtemps, la nostalgie de nos repères et de nos rituels s'épaissit et on se demande pourquoi on est encore là. Petit à petit, la vie s'organise, nous négocions le quotidien à mi-chemin de notre identité et de celle de ceux que nous côtoyons. Nous nous ménageons des espaces protégés. Enfin, c'est la stabilité, nous avons créé quelque chose de nouveau avec lequel nous nous sentons bien.

Une nouvelle liberté d'être et d'agir

Il est toujours difficile de partir et de se retrouver soudainement seul(e) dans ses choix. Il va falloir les assumer au moins quelques temps. D'un autre côté, loin des regards familiers de nouvelles libertés se dessinent. Nous ne sommes plus contraints d'être conformes aux rôles que l'habitude nous assignent, nous pouvons décider d'être autrement, d'agir différemment, de rire plus fort ou d'être au soleil plus longtemps ... Nous pouvons prendre un nouveau départ plus en accord avec ce que nous sommes devenus.

Un challenge énergétique

Bien sûr, tout cela a un coût puisque chacun sait que la gratuité n'existe pas. Il va nous falloir investir sans être sûr de pouvoir récolter. S'investir dans de nouvelles relations qui sont en fait des conquêtes,  dans de nouveaux apprentissages, dans une garde-robe adaptée, dans une façon d'être au monde et dans tout ce qui rend le quotidien plus chaleureux (voisins, médecins, commerçants?). Il nous faut déployer une énergie folle car nous prenons le train en route et nous ne pouvons le rater.

L'expatrié : le retour

La vie à l'étranger aura duré un peu, beaucoup, passionnément mais il faudra savoir rentrer. Faire le chemin en sens inverse, revenir d'où on est parti mais différent, retrouver ceux pour qui la vie est restée inchangée. Nous avons tant grandi que le monde d'hier nous semble parfois trop petit. Nous sommes devenus des professionnels du changement que l'immobilité interroge. Une nouvelle fois dire adieu, une nouvelle fois s'adapter.

Alors, à la fin de l'épreuve quel trophée aurons-nous gagné ? A vous de décider.

Nathalie Vogelsinger-Martinez / Coach de carrière et coach de vie - (www.lepetitjournal.com) - jeudi 13 décembre 2012

Nathalie Vogelsinger-Martinez connaît les défis du changement et de l'expatriation ; elle est femme d'officier : partir, reconstruire, développer ses compétences linguistiques, techniques, comportementales tout en préservant sa famille? Coach de carrière et de vie, elle accompagne les expatriés dans leur projets personnels et professionnels.

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