Édition internationale

MUSIQUE - Un DK aux saveurs électro-funk

Avec le lancement de son tout nouvel album, le chanteur-compositeur Pierre Bondu en profite pour changer de style, de musique et d'identité. Aujourd'hui dénommé Daven Keller, il mêle adroitement la pop et l'électro-funk pour un résultat surprenant

Accrochez vos ceintures ! Daven Keller est de retour avec Réaction A, un album des plus déconcertants

"D.K.", ce sont les initiales que Pierre Bondu arbore aujourd'hui fièrement sur son ceinturon, comme un moyen d'affirmer sa nouvelle identité. Car Pierre Bondu s'appelle désormais Daven Keller. Un pseudo à consonance anglophone pour un 3ème album aux influences résolument plus américaines. "Il y a des trucs qu'on peut pas faire avec le nom qu'on avait à l'école"précise-t-il. Avec son nouvel opus, l'artiste nantais a voulu rompre avec les belles chansons romanesques qui imprégnaient son précédent album.
Alors il s'est penché vers des tonalités plus urbaines, mêlant les genres et les styles, pour créer un album détonnant et surtout déconcertant. Car chaque titre offre des surprises : un morceau de salsa au milieu de l'électro-funk de Désormais solaire, un soupçon de banjo country entre deux séquence de guitare façon Prince sur Freaks, une pause d'"ambiance restaurant"mêlant orchestre, brouhaha et verres qui trinquent dans Paranoïaque? Mais malgré tout, Daven Keller ne frôle jamais le mauvais goût, et le résultat final est aussi saisissant qu'agréable à l'écoute.

Entre délire et schizophrénie
Sur le premier single Désormais solaire au son très pop, Daven Keller se définit par ces mots : "désormais solaire, beaucoup moins scolaire, moins à l'Ouest plus épais et plus physique, désormais d'équerre, à l'endroit à l'envers, moins étroit, moins opaque, moins dyslexique". A l'image de ce titre, l'album Reaction A mêle ainsi des paroles délirantes sur une musique électro-funk entraînante. Il faut dire que l'artiste est un connaisseur du genre. L'homme est un vieux complice de l'excentrique Philippe Katerine, avec lequel il a collaboré sur l'album Robot après tout. On doit d'ailleurs en partie à Daven Keller le titre déjanté V.I.P.
Daven Keller, ou Pierre Bondu pour ceux qui préfèrent, est donc aussi à l'aise sur ses partitions que sur celles des autres. Et avec son nouvel album, il entretient encore plus son côté trublion de la musique, avec un léger penchant vers la schizophrénie. "Je respire pour une fois que je suis moi"fredonne-t-il sur Outre-Atlantique. Reste à espérer que son changement de nom et ce nouveau disque mettront fin à la crise d'identité de ce petit génie de la pop !
Frédéric GUITTON. (www.lepetitjournal.com) mardi 15 juillet 2008

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