Édition internationale

MUSIQUE – Orelsan, le rappeur mi-ange mi-démon

Avec un premier album encensé par les critiques, le rappeur Orelsan aurait pu débuter sa carrière sous les meilleurs hospices, si l'un de ses anciens clips n'avait ressurgit sur le web en déclenchant une polémique jusqu'aux plus hauts niveaux de l'État. Aujourd'hui encore, son titre Sale pute le déprogramme des festivals d'été

Le rappeur normand Orelsan s'est attiré les foudres des politiques et des associations féministes avec sa chanson Sale pute (photo AFP)
 
"J'te déteste j'veux que tu crèves lentement / J'veux que tu tombes enceinte et que tu perdes l'enfant / T'es juste une truie tu mérites ta place à l'abattoir / T'es juste une sale pute…"En signant ces paroles sur son titre Sale pute , le rappeur Orelsan a déclenché en avril une vive polémique en France, jusqu'aux plus hauts rangs de l'Assemblée.
Devant les pressions politiques et celles d'associations féministes, plusieurs concerts d'Orelsan ont finalement été annulés au printemps et le boycott continue puisque le rappeur a été déprogrammé des Francofolies. Son album a aussi été retiré des médiathèques parisiennes.
Le plus étrange reste que la chanson controversée ne figure même pas dans l'album sorti en février. En réalité, ce titre polémique n'existe qu'en clip, diffusé sur les plateformes Youtube et Dailymotion. Le rappeur l'avait mis en ligne il y a deux ans, à l'époque où il cherchait à se faire connaître du grand public. Mais c'est seulement il y a quelques semaines que la vidéo scandale a ressurgit de la toile, alors que la carrière d'Orelsan commençait tout juste à décoller…

Anaïs et François Bayrou à ses côtés
Avec une musique innovante et des textes inspirés par la détresse et le désespoir des jeunes d'aujourd'hui, le premier album d'Orelsan Perdu d'avance  avait séduit les critiques lors de sa sortie en février. Tous saluaient le talent de celui qu'on ne tardait pas à appeler le "Eminem français".
Il faut dire que le style de ce rappeur normand sort de l'ordinaire. Loin de lui les clips où les colliers en or et autres bagues aux doigts s'exhibent fièrement à la caméra. Orelsan, lui, avec sa casquette vissée sur la tête et son sweat à capuche, a plutôt des allures de grand timide. Et c'est d'ailleurs sa musique qui lui permet de s'exprimer pour mieux faire partager les maux des jeunes de son époque.
Aujourd'hui, c'est ce talent brut de décoffrage que les défenseurs d'Orelsan veulent mettre en lumière. La chanteuse Anaïs fait partie des rares artistes qui osent braver la tempête médiatique pour disculper le rappeur. Dans un communiqué, elle s'est dite attristée que le"talent et la plume de cet artiste soient éclipsés au profit du sensationnel". En écoutant le titre polémique, la chanteuse avoue avoir été touchée par "la détresse du personnage, tout en souriant de son culot !".
Plus étonnant, le leader du Modem François Bayrou a également pris la défense d'Orelsan. Admettant que les paroles du titre peuvent être "choquantes", il a avoué ne pas les avoir ressenties "comme une apologie de la violence, mais plutôt comme une dérive passionnelle".
De son côté, le principal intéressé se dit "désolé"d'avoir pu choquer et a tenu à préciser que ce clip n'était pas une incitation à la violence mais une simple fiction où lui-même jouait le rôle d'un homme trompé et jaloux qui tombe dans la folie .
Si les avis sur les paroles de cette chanson divergent, une chose est sûre, avec son titre polémique, le rappeur aura fait couler beaucoup d'encre sur son nom. Pour le coup de pub, c'est réussi !
Frédéric GUITTON. (www.lepetitjournal.com) lundi 13 juillet 2009

Voir aussi
Dans nos archives, BUZZ – Orelsan, le rappeur qui dérape
Le clip qui fait scandale
L'interview vidéo d'Orelsan


 
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