D’un côté, le Québec étire la saison des vœux comme une parenthèse conviviale. De l’autre, la France encadre l’échange des vœux dans un rituel précis. Deux façons de formuler des vœux — et deux manières d’habiter la fin d’année.


Un calendrier des vœux souple au Québec, un cadre plus strict en France
Au Québec, la période des vœux commence tôt et finit tard. Dès les premiers jours de décembre, les « Joyeuses Fêtes » s’invitent dans les courriels, au comptoir du Tim Horton, à la fin d’un appel. Les vœux traversent Noël, le Jour de l’An et restent parfaitement acceptables tout au long de janvier. « On se les souhaite tant que l’hiver est là », nous explique un Montréalais de souche, comme une évidence.
En France, le calendrier des vœux obéit à un autre tempo. Avant le 25 décembre, on échange surtout des vœux de « Joyeux Noël ». Les vœux de bonne année attendent le 1er janvier, puis s’installent jusqu’au 31. Passé ce cap, l’usage se referme. « Après janvier, les vœux arrivent trop tard », rappelle-t-on volontiers. Ici, les vœux ne constituent pas une saison : ils occupent une fenêtre bien définie.
« Joyeuses Fêtes » : des vœux inclusifs comme réflexe québécois
La formule québécoise s’est imposée par sa souplesse. « Joyeuses Fêtes » permet d’adresser des vœux sans précision excessive, en englobant Noël, le Nouvel An et l’ensemble de la période. Elle s’utilise partout, avec tout le monde, sans hiérarchie ni solennité marquée. « Ces vœux fonctionnent aussi bien avec un collègue qu’avec un inconnu », résume Chantale employée de bureau du centre ville.
En France, les vœux sont plus segmentés. « Meilleurs vœux » pour le cadre formel, « bonne année et... surtout la santé » pour la formule consacrée, « bonne année » pour l’échange courant. Chaque formulation de vœux correspond à un contexte précis et à un degré de proximité. Le choix des mots n’est jamais neutre : il situe la relation.
Dire, écrire, répondre : les usages des vœux à l’épreuve
Au Québec, les vœux sont majoritairement oraux. Ils circulent vite, s’échangent sans attente de réponse formelle. Un « Joyeuses Fêtes » lancé en quittant une réunion vaut autant qu’un message rédigé. « Les vœux sont un geste, pas un protocole », entend-on souvent.
En France, l’échange des vœux passe encore largement par l’écrit. SMS du 1er janvier, cartes de vœux toujours valorisées, messages LinkedIn soigneusement rédigés : la réciprocité compte. Ne pas répondre à des vœux (par des voeux en retour) peut être interprété comme un oubli. Ici, les vœux engagent et appellent une réponse.
Derrière les vœux, deux rapports au lien social
Au fond, ces différences dans l’échange des vœux disent moins une opposition qu’une nuance. Au Québec, les vœux s’étirent et accompagnent l’hiver ; en France, ils s’inscrivent dans un rituel précis, presque cérémoniel. Deux manières de prendre le temps de se souhaiter du bien.
Alors, quelle que soit la formule — Joyeuses Fêtes, vœux de bonne année ou simples mots glissés au détour d’une rencontre — il ne reste qu’à faire nôtres ces usages multiples. Et à notre tour, de part et d’autre de l’Atlantique, recevez, amis lecteurs nos vœux pour 2026 : que cette année soit douce, habitée… et riche de liens à cultiver.













