Yves Delnatte, French Tech : « Montréal est la porte d’entrée vers les Amériques »

Par Maël Narpon | Publié le 03/07/2022 à 18:00 | Mis à jour le 03/07/2022 à 18:00
Bleu blanc tech, la French Tech de Montréal et son président Yves Delnatte

Implanter son entreprise à Montréal, c’est bien. Etre accompagné, c’est mieux. La branche montréalaise de la French Tech, Bleu Blanc Tech, se propose d’aider les start-up et entreprises françaises qui cherchent à s’implanter au Québec.

 

Bleu Blanc Tech, la French Tech de Montréal, joue depuis 2015 un rôle important dans l’accompagnement des start-up et autres entreprises qui souhaitent s’établir au Québec, et plus largement au Canada. Largement freinée par la pandémie de Covid-19, elle a récemment pu reprendre ses activités en personne plutôt qu’en version dématérialisée. Pour nous en parler, nous avons pu nous entretenir avec son directeur, Yves Delnatte.

 

 

Depuis quand êtes-vous présents à Montréal ?

Pourquoi avez-vous décidé d’y créer un réseau French Tech ? Après la création des French Tech à travers la France à l’initiative de la ministre de la Culture Fleur Pellerin en 2013, une branche a été créée à Montréal en 2015. Le Québec étant francophone, nous ne pouvions pas nous appeler French Tech. Nous avons ainsi opté pour Bleu Blanc Tech, la French Tech de Montréal. C’est ainsi que nous avons été identifiés comme la communauté French Tech pouvant rallier l’ensemble des acteurs d’écosystème Tech français à Montréal. Au Québec, les deux villes les plus avancées sont Montréal, pour la partie start-up, et Québec, pour la partie administrative. Du côté anglophone, on parle également beaucoup de Toronto où d’autres start-up sont plus avancées et plus proches des Etats-Unis. Venir à Montréal constitue un beau tremplin lorsque l’on est une boîte de la Tech, notamment pour le bilinguisme et la proximité du sol américain.

 

Le but de Bleu Blanc Tech se résume en 3 verbes : fédérer, accélérer, rayonner

Quelles sont les opportunités pour l’entrepreunariat dans cette ville ?

Les opportunités sont énormes. Cela permet de tester une manière de penser différente de l’Europe, ou de tester le sol américain par rapport à des produits ou des services. Ce n'est pas pour rien s'il y a beaucoup d'aides fiscales pour aider les start-up à se développer, notamment au niveau des jeux vidéo, du service, et de l'intelligence artificielle. Montréal se veut être la capitale de l’intelligence artificielle en Amérique du Nord. Le but de Bleu Blanc Tech se résume en 3 verbes : fédérer, accélérer, rayonner. Fédérer tous les acteurs pour voir comment ils peuvent se soutenir ensemble; accélérer, aller plus vite dans l’échange d’information grâce à son réseau implanté dans près de 100 villes à travers le monde; faire rayonner tous les écosystèmes qui existent en France et à l’étranger pour interconnecter tous ces « hubs » ensemble. Telle est toujours la mission de la French Tech, quel que soit le pays.

 

 

Nous étions les premiers en Amérique du Nord, puis la French Tech Toronto s’est montée il y a deux ans. J’ai moi-même pris un mandat pour être le nouveau président de la French Tech après Christophe Villemer, qui l’avait créée en 2015. Malheureusement ma prise de fonction est intervenue au moment de l’apparition de la pandémie de Covid-19 et beaucoup d’événements ont été annulés. Nous pouvons maintenant remettre en place de gros événements. C’est important car nous sommes la première métropole francophone et française du continent américain, 150.000 Français vivent ici. Nous sommes la porte d’entrée vers les Amériques et une terre d’accueil économique et culturelle des Français de l’étranger.

 

Quels services proposez-vous ?

Tout d’abord, nous proposons beaucoup de missions économiques aux entreprises qui veulent s’implanter au Canada. Nous les mettons en relation avec l’ensemble des écosystèmes qui tournent et gravitent autour de la French Tech. Il y a beaucoup d’interconnexion, notamment avec la Chambre des Commerces et de l’Industrie, qui est très présente à Montréal. Nous savons très bien vers qui les orienter pour qu’elles puissent faire leurs premiers pas. Nous sommes de vrais entremetteurs, nous faisons beaucoup de mises en relation, comme toutes les French Tech. La seule différence est qu’ici nous sommes tous bénévoles, nous avons tous une société où nous sommes actifs dans un grand groupe. Toutes ces personnes donnent du temps de façon hebdomadaire pour travailler sur des sujets, des projets et des événements.

 

Nous disposons de 1500 entreprises partenaires tandis qu’à peu près 500 start-up arrivent tous les ans

Combien d’adhérents compte le réseau de Montréal ?

Pour adhérer à Bleu Blanc Tech, il faut simplement s’abonner à la newsletter. C’est cela qui permet de faire partie des 3500 membres qui suivent la French Tech de Montréal. Nous disposons de 1500 entreprises partenaires tandis qu’à peu près 500 start-up arrivent tous les ans. A l’heure actuelle, dès que nous communiquons, nous touchons environ 5000 personnes.

 

Quelles sont les caractéristiques de l’écosystème des start-up à Montréal et plus généralement au Canada ?

L’écosystème des start-up à Montréal réunit différents domaines de la Tech, comme l’intelligence artificielle, la fintech, les services ou encore les jeux vidéos. Il y a notamment des incitatifs très importants au niveau du crédit d’impôt. Les start-up viennent pour se développer soit commercialement, soit pour développer leur logiciel en R&D. Ce qui fait leur particularité, c’est que soit ils ont un représentant qui vient développer la société, soit ils ont le siège en France et viennent tenter une première aventure en Amérique via Montréal.

 

Nous mettons à leur disposition des mentors, des personnes qui peuvent les accompagner, nous organisons des événements où les start-up peuvent collaborer ensemble et leur permettons de rencontrer de grands groupes. Nous opérons régulièrement de cette manière avec la CCI (Chambre de Commerce et d’Industrie, ndlr), mais également avec les acteurs publics québécois. Nous avons accès à plusieurs personnes importantes pour qu’elles fassent le lien du Québec vers la France, et de la France vers le Québec.

 

Mael Narpon - journaliste junior Londres

Maël Narpon

Diplomé d'une licence de sociologie à Pau et à Athènes, il intègre ensuite l'IEJ Londres. Il effectue un stage avec lepetitjournal.com Londres puis rejoint l'édition internationale en tant qu'alternant dans le cadre d'un Master à l'IEJ Paris.
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