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Assemblée générale : l’Alliance française de Montréal passe un cap

Il y a trois ans, l’Alliance française de Montréal n’était encore qu’un projet porté par une poignée de passionnés. Le 17 juin dernier, ses membres étaient réunis dans un espace culturel flambant neuf pour découvrir les résultats d’une année record. Entre croissance rapide, ambitions renouvelées et émotion palpable, l’organisation semble avoir définitivement trouvé sa place dans le paysage montréalais.

AG Alliance Française de Montréal, présentation du rapport financier 2025-2026 AG Alliance Française de Montréal, présentation du rapport financier 2025-2026
AG Alliance Française de Montréal, présentation du rapport financier 2025-2026 - Photo LPJ
Écrit par Bertrand de Petigny
Publié le 19 juin 2026

 

 

« Je n’imaginais pas que nous serions ici aujourd’hui »

 

 

Lorsque Jean-Paul Sabini ouvre l’assemblée générale annuelle, il prend quelques secondes pour regarder la salle. Le vice-président et secrétaire du conseil d’administration accompagne l’organisation depuis deux ans. Et le contraste avec les débuts lui saute aux yeux.

« Lorsque j’ai commencé mon mandat, je n’imaginais pas que nous serions installés aujourd’hui dans de si beaux locaux au cœur du Vieux-Montréal », confie-t-il.

Autour de lui, les membres prennent place dans le nouvel espace culturel inauguré en janvier dernier. Depuis son ouverture, plus d’une vingtaine d’événements y ont déjà été organisés. Pour plusieurs personnes présentes, ce lieu symbolise le chemin parcouru.

 

L’Alliance française de Montréal ouvre son espace culturel

 

Trois ans pour passer d’un projet à une institution

« En seulement trois ans, l’Alliance française de Montréal est passée d’un projet ambitieux à une organisation qui a véritablement pris son envol », résume la présidente Marianne Lépinoit. Les chiffres présentés aux membres témoignent de cette accélération.

Au cours de l’exercice 2025-2026, l’Alliance a accueilli 1 612 apprenants, réalisé plus de 9 100 inscriptions aux examens officiels de français et organisé 28 événements culturels. Ses revenus ont atteint 3,46 millions de dollars, soit près du double de l’année précédente.

Parmi les signes de cette montée en puissance, l'Alliance a profité de l'assemblée générale pour annoncer l'arrivée de la CIBC comme premier partenaire prestige de son histoire. Un partenariat qui vient renforcer les liens de l'organisation avec le milieu économique montréalais et soutenir ses ambitions de développement.

Mais ce ne sont pas les chiffres qui semblent le plus marquer les dirigeants. Dans son allocution, le directeur général Christophe Brayet a préféré parler des personnes derrière ces résultats. « Derrière chaque chiffre, il y a une histoire, une rencontre, un engagement », rappelle-t-il.

Pour lui, l’année écoulée marque surtout le moment où l’Alliance a cessé d’être uniquement un centre de cours et d’examens pour devenir un véritable lieu de vie francophone.

 

Christophe Brayet, Marianne Lépinoit et Jean-Paul Sabini
Christophe Brayet, Marianne Lépinoit et Jean-Paul Sabini

 

 

Au cœur de la vie francophone montréalaise

L’inauguration du nouvel espace culturel constitue sans doute le moment le plus marquant de cette troisième année. « Le public a vu le résultat final. Moi, j’ai vu toutes les étapes, les défis et les efforts qui ont permis de transformer ce projet en réalité », résume Marianne Lépinoit.

Plus de 150 invités avaient participé à son ouverture en janvier. Depuis, projections, concerts, expositions, ciné-rencontres et événements communautaires s’y succèdent. L’objectif dépasse largement la simple programmation culturelle.

L’Alliance souhaite désormais créer un lieu où les apprenants, les nouveaux arrivants, les francophiles et les membres de la communauté peuvent se rencontrer, échanger et vivre en français.

Cette ambition se retrouve également dans le développement du balado Le Francofil’, des ateliers de conversation, des cafés littéraires ou encore des séjours linguistiques qui attirent désormais des participants venus d’ailleurs au Canada, des États-Unis et d’Amérique latine.

 

Préparer l’après-croissance

Cette croissance rapide oblige aussi l’organisation à se projeter plus loin. Au cours des derniers mois, administrateurs et direction ont mené un important exercice de planification stratégique afin de définir ce que devra être l’Alliance française de Montréal à l’horizon 2029.

L'ambition est claire : faire de l'Alliance française de Montréal un carrefour de la francophonie au Québec.

Pour y parvenir, l’organisation souhaite notamment diversifier ses revenus, réduire sa dépendance aux examens de français, obtenir le statut d’organisme de bienfaisance et bâtir une communauté de plus de 500 membres et bénévoles engagés autour de sa mission. Une étape qui traduit aussi une certaine maturité.

Après avoir consacré trois ans à construire l’organisation, ses dirigeants parlent désormais de pérennité, de relève et de développement à long terme.

 

Le CA de l'AF Montreal + son directeur
Les membres du conseil d'administration de l'Alliance Française de Montréal, en compagnie de leur directeur. Deux administrateurs, absents lors de la prise de vue, se trouvaient alors hors du Québec.

 

Un conseil d’administration renouvelé

L'assemblée a également marqué le renouvellement de la gouvernance de l'organisation.

Arrivés au terme de leur premier mandat, Marianne Lépinoit et Jean-Paul Sabini ont obtenu la confiance des membres pour poursuivre l'aventure. Quatre nouvelles administratrices — Laura Romero, Amandine Mackako, Anaïs Laurent et Annie Bouthilette — rejoignent quant à elles le conseil d'administration.

Avec Arnaud Nobile, Pierre-Franck Honorin et Valériane Boschetti Dumont, déjà en poste, cette nouvelle équipe de neuf administrateurs accompagnera la prochaine phase de développement de l'Alliance française de Montréal.

 

Félix Wagner

 

Le temps de célébrer

Une fois les résolutions adoptées et les élections terminées, l’assemblée a laissé place à une surprise préparée par l’équipe. Les membres ont assisté à une prestation de l’humoriste français Félix Wagner, arrivé au Québec il y a près de quatre ans pour étudier à l’École nationale de l’humour. À travers un spectacle largement inspiré de son parcours d’immigrant et de son regard sur les différences entre la France et le Québec, il a fait rire la salle avant que les échanges se poursuivent autour d’un cocktail.

Une façon légère de conclure une soirée marquée par les bilans, les chiffres et les perspectives d’avenir. Mais au fil des interventions, un même constat revenait régulièrement.

Trois ans après son lancement, l’Alliance française de Montréal n’est plus un projet en construction. Installée dans ses nouveaux locaux, dotée d’une gouvernance renforcée et d’une feuille de route jusqu’en 2029, elle entre désormais dans une nouvelle phase de son développement.

Reste maintenant à transformer cette croissance rapide en présence durable au sein du paysage francophone québécois.

 


L'Assemblée générale de l'exercice 2024-2025

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