Après cinq jours de projections et de rencontres avec les professionnels de l’audiovisuel, Montréal Séries a refermé sa troisième édition dimanche 13 septembre. La cérémonie de clôture a récompensé une série allemande, une actrice polonaise et un acteur québécois, avant de laisser place à une dernière projection consacrée à la relève d’ici.


Le public couronne Banksters
Sur la scène, les trois trophées représentent la Méduse, emblème du festival. Réalisés en impression 3D par Lezar3D à partir d’une œuvre originale de Bénédicte Parmentier, ils sont dotés d’une lentille de caméra placée dans l’œil de la créature mythologique. Une manière de symboliser le pouvoir des séries à captiver le public.
Pour cette troisième édition, une dizaine de productions avaient été retenues parmi 150 candidatures. Après chaque projection, les spectateurs pouvaient voter à l’aide d’un code QR pour leur série ainsi que pour leurs interprètes préférés.
Depuis sa création, Montréal Séries a fait le choix de confier entièrement son palmarès au public. Selon Brigitte Janson, sa directrice générale, 1 200 affiches ont été placardées dans les rues de Montréal et la bande-annonce du festival a cumulé 97 000 vues en trois jours.
Devant des réalisateurs, scénaristes, acteurs et amateurs de séries réunis pour la clôture, Myreille Bédard a dévoilé le premier résultat de la soirée : le prix de la meilleure série a été attribué à Banksters.
Créée par Bernd Lange et réalisée par Gregor Schnitzler et Cüneyt Kaya, cette production originale de HBO Allemagne s’inspire de faits réels. Elle suit une jeunesse en détresse qui tente de reprendre le contrôle d’un système qu’elle juge injuste.

Merlin von Garnier, l’un de ses acteurs principaux, est monté sur scène pour recevoir le trophée au nom de l’équipe. Devant ses dimensions imposantes, il s’est aussitôt demandé comment il parviendrait à le faire entrer dans sa valise, provoquant les rires de la salle.
Agata Turkot et Nicolas Pinson récompensés
Le prix de la meilleure actrice a été attribué à Agata Turkot pour son rôle dans la série polonaise Women’s Hell. Absente de la cérémonie, la comédienne est apparue dans une vidéo diffusée sur le grand écran de l’auditorium de BAnQ.
Elle a remercié le public et exprimé sa volonté de continuer à « créer des histoires plus significatives ».

Réalisée par Anna Maliszewska, Women’s Hell aborde la question de l’avortement dans la Pologne des années 1930 et fait écho aux débats qui traversent encore le pays. La série avait suscité des réactions avant même sa diffusion. Son titre reprend d’ailleurs un slogan utilisé lors des manifestations polonaises en faveur du droit à l’avortement.
Présente plus tôt dans la semaine, Anna Maliszewska avait expliqué la nécessité de porter ce sujet à l’écran : « Je devais être courageuse. Je pense que c’est important de parler de cela. »
Côté québécois, Nicolas Pinson a reçu le prix du meilleur acteur pour son interprétation de Chuck dans Bonne nuit Chuck. Cette nouvelle saison prolonge l’histoire amorcée dans Bon matin Chuck.
Écrite par Pierre-Marc Drouin et réalisée par Mathieu Cyr, la série raconte le retour de Chuck Bélanger, animateur déchu qui sort d’une cure de désintoxication et découvre qu’il a un fils. Lors de la projection des deux premiers épisodes, Nicolas Pinson avait confié que le récit s’inspirait en partie de sa propre vie.
Trophée en main, l’acteur a remercié les producteurs, les distributeurs, les interprètes, les membres de l’équipe et le public. Il a terminé son intervention en citant la série Friday Night Lights : « Clear eyes, full heart, can’t lose », soit « Les yeux ouverts, le cœur en paix, on ne peut pas perdre ».
Bonne nuit Chuck sera proposée sur Crave à compter du 17 septembre.

Une dernière projection tournée vers le Québec
Une fois les trophées remis, la soirée s’est poursuivie avec la projection hors compétition de Groupe de soutien. Scénarisée par Thierry Leblanc et réalisée par Alexandre Pelletier, la série met en scène Florian, un menteur professionnel qui se fait passer pour un thérapeute auprès des membres d’un groupe de soutien.
Malgré les sujets difficiles qu’elle aborde, la production adopte le ton de la comédie. Myreille Bédard a expliqué que le choix de cette série pour fermer le festival constituait « un clin d’œil à la relève et aux jeunes talents du Québec ».
Une partie de l’équipe n’avait pas pu assister à la projection, organisée le même soir que la cérémonie des prix Gémeaux, où Groupe de soutien avait obtenu quatre nominations. Thierry Leblanc et Alexandre Pelletier étaient néanmoins présents pour échanger avec le public. Interrogés sur une éventuelle suite, ils ont estimé à « huit chances sur dix » la possibilité de voir naître une nouvelle saison.
Cette troisième édition s’est terminée par une soirée réunissant professionnels de l’audiovisuel, organisateurs, bénévoles et spectateurs. Pendant cinq jours, Montréal Séries aura fait dialoguer les productions internationales et québécoises au cœur du Quartier latin. Ses projections et ses rencontres professionnelles, notamment les classes de maître organisées avec Bibliothèque et Archives nationales du Québec, auront également offert une vitrine aux créateurs d’ici.
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