Édition internationale

MONDIAL - La Seleçao roule à l’ordinaire

Grandissime favori de la 18e Coupe du monde, le Brésil n'a pas convaincu depuis le début de la compétition. Ses victoires face àla Croatie et l'Australie ont mis en lumière les méformes de Ronaldo et Ronaldinho, dont on attend beaucoup plus

Ronaldinho (ici avec l'Australien Scott Chipperfield) n'éclabousse pas encore ce Mondial de son talent... (Photo : AFP)

Le Brésil n'est pas le meilleur ami des bookmakers anglais. Largement favori àsa propre succession dans la conquête d'un sixième titre mondial, sa cote risque pourtant de remonter outre-Manche, si ses performances ne vont pas crescendo dans les stades allemands. Certes, la sélection de Carlos Alberto Parreira est déjàqualifiée, alors que le premier tour n'est pas bouclé, mais ses victoires contre la Croatie (1-0) et l'Australie (2-0) ont laisséun goût d'inachevédans la bouche des amoureux des Auriverde.
Les Brésiliens n'ont inscrit que trois buts au cours de ces deux premiers matchs. Au vu du potentiel offensif de la Seleçao et de son carrémagique -Ronaldo, Adriano, Ronaldinho et Kaka- le butin est maigre. Les raisons et les inquiétudes autour de ce départ poussif foisonnent. Ronado, que la presse populaire allemande surnomme méchamment Ronaldicko ("Ronaldo, le gros") a touchéle fond contre la Croatie àBerlin. Marchant pendant l'intégralitéde la partie, et ne proposant aucune solution dans les appels, il est devenu un? poids pesant pour ses partenaires. Il avait fallu une frappe du gauche enroulée de Kaka pour éloigner les Brésiliens du danger croate.
Ronaldo aime la vie nocturne
Ronaldo inquiète. Remplacépar Robinho dans les dernières minutes des deux matchs, qui s'est illustréimmédiatement par sa vivacité, le joueur du Real Madrid a étévictime de nausées, le lendemain de Brésil-Croatie. Les examens passés àl'hôpital n'ont rien révéléd'alarmant, mais les sorties nocturnes de Ronaldo en Suisse, oùle Brésil s'est préparé, et dans les boites de Francfort, n'aident pas àaméliorer sa condition physique.
Plus en jambes contre l'Australie, dimanche dernier, Ronaldo fut tout de même l'auteur de la passe décisive sur le premier but de Adriano. Avec 12 buts inscrits au cours de ses précédentes Coupes du monde, Ronaldo aura àcoeur de battre le record détenu par l'Allemand Gerd Müller (14 buts). Parreira, lui, maintient pour l'instant sa confiance puisque l'attaquant sera ànouveau titulaire, jeudi, devant le Japon.
Ronaldinho assez discret
Plus surprenantes demeurent aujourd'hui les performances de Ronaldinho. Le Ballon d'Or 2005 n'a pas encore fait jaillir des éclairs de ses pieds. Aucun but, pas de passe decisive, le génie de Barcelone n'éclabousse pas encore de son talent ce Mondial. Hormis Kaka, jusque-làirréprochable, le quatuor offensif des Pentacampeone révèle un déséquilibre qui rejaillit sur l'ensemble de l'équipe.
Dispensédu travail de replacement, il laisse vaquer un Emerson peu convaincant et un ZéRoberto naturellement portévers l'attaque, aux taches de récupération au milieu. Comme la défense avec Dida, le gardien, et Cafu, son capitaine et latéral droit, n'a pas encore montrédes gages de sécuritéimpressionnants depuis 180 minutes, malgréune cage restée inviolée, le Brésil balbutie actuellement son football de rêve.
Si le malaise persistait, les remplaçants de luxe que sont Juninho et Robinho trouveraient àcoup sûr une place de titulaires dans le groupe. A tel point que si demain, les Brésiliens devaient retrouver l'Argentine, qui a impressionnétout son monde depuis le début du Mondial, on parierait volontiers plus sur un succès argentin que sur celui du Brésil? Mais la véritédu début d'une telle épreuve n'est pas toujours celle de son épilogue.
Arnaud BRELY. (LPJ) 21 juin 2006

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