Après la Toscane, la Sardaigne et l'Émilie-Romagne, la Vénétie est la quatrième région italienne et la première dirigée par le centre-droit à donner son feu vert au suicide assisté. Ces initiatives régionales font face aux atermoiements du gouvernement sur la question.


En six ans, 31 demandes ont été adressées aux établissements de santé et au comité d'éthique de la région de Vénétie par des personnes gravement malades qui auraient eu le droit d'être aidées à mourir. Seules trois d'entre elles ont reçu le feu vert. Les autres sont restées en suspens pendant des années. Le 2 septembre, ce vide a pris fin. Le conseil régional de Vénétie a adopté la loi sur la fin de vie qui définit « les procédures et les délais relatifs à la prise en charge régionale du suicide médicalement assisté ».
Que dit la loi régionale sur le suicide médicalement assisté
La Vénétie est la première région dirigée par le centre-droit à se doter d'une loi de ce type, marque un tournant non seulement sur le plan sanitaire, mais aussi politique. Le texte reprend les quatre conditions fixées en 2019 par la Cour constitutionnelle pour pouvoir légalement recourir au suicide assisté : une pathologie irréversible, la dépendance à des traitements de maintien en vie, des souffrances physiques ou psychologiques jugées intolérables par le patient, et la pleine capacité de discernement au moment de la demande.
La procédure devient plus fluide, notamment en termes de délai. Les autorités sanitaires locales de Vénétie devront mettre en place, dans les 15 jours suivant l'entrée en vigueur de la loi, une commission médicale pluridisciplinaire chargée de vérifier que les conditions requises sont remplies. Le comité d'éthique territorial interviendra alors pour rendre un avis. La loi impose que tout se déroule « sans retards injustifiés », une formulation choisie pour mettre fin aux délais extrêmement longs.
Les médicaments et la prise en charge médicale tout au long de la procédure restent à la charge du service régional de santé.
Un vide juridique national
Le débat d'une loi sur le suicide assisté remonte à plusieurs années. En 2019, la Cour constitutionnelle italienne, appelée à se prononcer à la suite de l'affaire Fabiano Antoniani, connu sous le nom de DJ Fabo, accompagné en Suisse par Marco Cappato pour y mourir, avait établi que le suicide assisté ne constituait pas un délit lorsque certaines conditions cliniques précises étaient réunies.
Néanmoins, malgré l’insistance de la plus haute juridiction italienne et quatre projets de loi déposés, le Parlement n’a toujours pas légiféré sur l’encadrement de la fin de vie à l’échelle nationale, laissant aux régions le soin de combler ce vide juridique. En Vénétie, une première tentative, en 2024, avait échoué à une voix près, lorsque le centre-droit s’était divisé en séance plénière.
Italie : Des initiatives régionales en matière de santé et d’éthique
Avec la Vénétie, on compte désormais quatre régions italiennes (Toscane, Émilie-Romagne, Sardaigne) à s’être dotées de leurs propres règles en matière de fin de vie pour faire face aux atermoiements du gouvernement sur la question.
Toutes sont différentes les unes des autres en termes de délais et de procédures. Une mosaïque disparate qui résulte de l’absence d’une loi nationale. Ces initiatives régionales ne mettent pas un terme au débat au niveau national, mais incitent à lever les barrières traditionnelles persistantes sur les grandes questions éthiques et les droits liés à la personne.
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