Édition internationale

Bolt débarque en Italie avec son appli, et bouscule le marché de la mobilité

L'application européenne de VTC et taxis Bolt a lancé ses opérations à Milan le 10 juin. Une offensive qui vise à dynamiser le marché italien des transports urbains, marqué par une sous-offre, malgré la présence de son concurrent américain Uber.

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Écrit par Lepetitjournal Milan
Publié le 15 juin 2026

Bolt, plateforme européenne de mobilité partagée présente dans plus de 50 pays et plus de 850 villes, a annoncé le lancement dans la capitale lombarde de son service de VTC, l'application qui permet de réserver des trajets en voiture avec chauffeur (VTC) et en taxi.

La société estonienne collaborera avec des centaines de chauffeurs à Milan - taxis officiels et voitures de transport avec chauffeur (VTC) - et prévoit d'assurer des millions de courses dès la première année, a déclaré son fondateur et directeur général Markus Villig.

Avec cette percée en Italie, Bolt est désormais présent dans 26 des 27 pays membres de l'Union européenne.

Un marché italien sous tension

L'Italie, qui figure parmi les destinations touristiques les plus prisées, est désormais considérée comme un marché mûr, prêt à accueillir des opérateurs capables d'introduire davantage de concurrence.

Si Milan constitue le premier terrain d'essai, c’est parce que la ville a consolidé ces dernières années son rôle de plaque tournante internationale pour les affaires, le tourisme et les grands événements.

En 2024, les aéroports milanais ont accueilli plus de 56 millions de passagers, un trafic qui a stimulé la demande de liaisons rapides entre les aéroports, les gares ferroviaires, les établissements d'hébergement et le centre-ville. Mais la demande dépasse souvent l'offre de moyens de transport, surtout aux heures de pointe, le week-end et la nuit.

Selon Bolt, ce nouveau service vise à combler en partie ce manque. En mettant en relation les utilisateurs et les chauffeurs, la plateforme promet une plus grande disponibilité des véhicules, une tarification transparente et des temps d'attente réduits.

« Avec des millions de résidents et de visiteurs qui se déplacent chaque année à Milan, la demande en solutions de transport efficaces et accessibles ne cesse de croître. Nous pensons que l'Italie est prête à bénéficier d'un choix plus large en matière de mobilité », a déclaré Laurent Koerge, directeur du développement deBolt.

Une guerre des prix annoncée avec Uber ?

« Le problème principal n'est pas le prix, mais le manque d'offre », estime Laurent Koerge, interrogé par le Corriere della Sera. « Dans la région métropolitaine de Milan, le nombre de licences de VTC est bien inférieur à celui d'autres grandes villes européennes. La demande dépasse largement l'offre disponible, ce qui contribue à maintenir les tarifs à un niveau élevé. Bolt ne vise pas à déclencher une guerre des prix, mais à garantir une plus grande disponibilité du service. Au cours de la phase initiale, des incitations et des promotions financées directement par l'entreprise seront mises en place pour attirer de nouveaux utilisateurs », ajoute le directeur de développement de Bolt.

Si Bolt ne s’engage pas sur la voie d’une guerre des prix, l'un des atouts majeurs de son offre sera néanmoins une commission de 20 % inférieure à celle pratiquée en moyenne par les autres plateformes. Le but : permettra aux flottes et aux chauffeurs de VTC de disposer d'une alternative supplémentaire et d'accroître leur flexibilité opérationnelle, en utilisant simultanément plusieurs applications afin de maximiser leurs revenus.

 

Fonctionnement et différences par rapport aux autres plateformes de réservation

Le principe est celui que connaissent déjà les utilisateurs d'Uber ou de FreeNow : on télécharge l'application, on indique où l'on souhaite se rendre et l'application affiche à l'avance le temps d'attente et le prix de la course, avec un paiement digital direct. La principale différence avec les concurrents ne réside pas tant dans le fonctionnement, mais davantage dans le positionnement : d’après ce qui est pratiqué dans les autres pays européens, les tarifs de Bolt ont tendance à être plus avantageux que ceux d'Uber, même s'ils varient selon la ville et l'heure.

En Italie, où la législation n'autorise ce service qu'avec des taxis et des chauffeurs de VTC dûment agréés, l'application ne met pas en relation les passagers avec des automobilistes privés, mais sert d'intermédiaire entre les passagers et les chauffeurs déjà agréés, selon le même modèle que celui sur lequel reposent Uber et FreeNow.

Résistance du marché

Le secteur italien du transport de passagers est encore régi par un cadre légal de 1992 qui sépare strictement les taxis sous licence des véhicules de location avec chauffeur.

Face à la pénurie de l’offre, les autorités locales milanaises ont approuvé 450 nouvelles licences de taxi l'an dernier. Il s’agissait de la première extension majeure depuis 2003. La ville, dont l'aire métropolitaine compte environ 3 millions d'habitants, ne disposait alors que de 4.853 permis de taxi actifs.

Bien qu'Uber opère sur le marché italien depuis plus de dix ans, l'Italie, à l'instar d'autres pays européens, n'autorise pas les services de VTC pour lesquels les chauffeurs sont dépourvus de licence commerciale. Les tentatives de réforme du secteur se sont heurtées à une vive opposition des syndicats de taxis, engendrant de nombreuses grèves et manifestations du secteur, particulièrement à Rome et Milan.

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