

Le président français en visite à Mayotte, a rappelé à la communauté d'outre-mer ses droits et ses devoirs avant son passage au statut de département en 2011. "Mayotte, c'est la France", a rappelé Nicolas Sarkozy devant un public visiblement conquis et impatient de voir se concrétiser de nouveaux investissements de la Métropole sur place
(Rédaction internationale) - Nicolas Sarkozy a fait une rapide visite lundi dernier à Mayotte (AFP), île française de l'océan Indien. Et c'est avec un collier de Jasmin et des grandes embrassades que les Mahorais ont accueilli le président, qui n'avait pas connu un accueil "aussi chaud" depuis bien longtemps.
Les cadeaux de Paris
En seulement 4 heures de présence sur l'île, Nicolas Sarkozy a multiplié les annonces. Un "Kwesi wa mahoré"(Bonjour à tous), très applaudi par l'audience, a servi d'introduction au discours sur "les droits et les devoirs"de Mayotte. Depuis le plébiscite du référendum de mars dernier sur la départementalisation de l'île, Mayotte attend avec impatience de devenir le 101e département français. Pour sceller le nouveau sort de l'île, Nicolas Sarkozy est arrivé avec les bras chargés de cadeau. La télévision numérique terrestre (TNT) et un câble sous-marin pour approvisionner en haut débit feront bientôt leur apparition. Un effort particulier sera donné à l'éducation et la lutte contre l'illettrisme. Une antenne universitaire sera ouverte, plus besoin donc de quitter l'île pour les étudiants mahorais avant le Bac +2. Les allocations minimum vieillesse et adulte handicapé et les pensions de retraites seront réévaluées. La piste de l'aéroport sera allongée pour développer le tourisme et les échanges commerciaux. Un parc marin sera mis en place.
Les rappels à l'ordre pour Mayotte
Le président français a cependant précisé qu'avec ses droits venaient des engagements de la part des Mahorais. Le plus important : l'arrêt des violences dans l'île, à l'instar de l'épisode du 2 décembre dernier où une manifestation contre la vie chère avait dégénéré en agression sur les forces de l'ordre et la destruction du centre de rétention. Le droit français devra également prévaloir sur les droits coutumiers fortement inspirés des lois coraniques sur ce territoire composé à 95% de musulmans. Mayotte devra également défendre son indépendance face aux territoires comoriens, indépendants depuis 1975, qui n'acceptent pas le joug français sur l'île voisine. L'immigration massive des Comoriens venus trouver à Mayotte des meilleurs conditions de vie pose un réel problème. 200.000 reconduites forcées ont été réalisées l'année passée, soit autant que sur tout le territoire français. "Je sais parfaitement qu'ici, compte tenu du contexte géographique, la mission de lutte contre l'immigration clandestine est beaucoup plus difficile qu'ailleurs", a souligné Nicolas Sarkozy.
Une cure de popularité
"Mayotte, c'est la France", a rappelé le président avant de s'envoler sous de chauds applaudissements vers la Réunion, prochaine étape de son voyage dans l'océan Indien. Avant de partir, le président s'est accordé un dernier bain de foule, un exercice qu'il n'apprécie pourtant guère mais qui lui aura certainement remonté le moral après une année 2009 tristounette pour sa cote de popularité. Sarkozy s'est improvisé pour quelques heures Chirac et c'est satisfait qu'il quitte Mayotte, le sens des droits et des devoirs accompli, un parfum de jasmin en tête.
Damien Bouhours (www.lepetitjournal.com) mercredi 20 janvier 2010
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Article du Monde, M. Sarkozy et ses "cadeaux"fêtés à Mayotte




































