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MAROC- De la contrebande épicée !

L'Association marocaine des importateurs d'épices, de céréales et de légumineuses (AMIECL) se mobilise contre la contrebande d'épices

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Les importateurs d'épices souffrent d'une concurrence déloyale de produits introduits à partir du nord et de l'est du Maroc. Le plus gros des importations concerne le poivre, le cumin et le paprika.
Les produits de contrebande envahissent  le marché et certaines entreprises sont obligées de fermer. Plus de 50% des épices introduites sur le marché provient de sociétés implantées dans les villes de Sebta, Melilla et Nador. Pendant les 2 dernières années les importateurs officiels n'ont pu se positionner sur le marché en raison de prix en dessous des leurs de 1 à 1,20 DH. Toutes les épices souffrent de ce phénomène mais c'est le poivre qui est le plus touché. Il faut savoir que 86% de la production mondiale d'épices provient de l'Inde. Les produits les plus utilisés au Maroc sont le poivre, le cumin et le paprika. La question qui se pose : pourquoi de la contrebande d'épices ?

Des taxes douanières de 60 à 82%

D'après l'AMIELCL , tout vient des taxes douanières exorbitantes demandées à l'importation. Actuellement elles se situent dans une fourchette de 60 à 82 %. L'Association demande d'une part que la lutte s'intensifie contre la contrebande et d'autre part propose une réduction des droits de douane. En effet pour quelles raisons la taxation est-elle aussi importante alors que le pays ne produit presque pas d'épices et donc qu'aucune protection ne s'impose. Mais un autre marché semble touché: celui des légumineuses. Importées de France, du Canada, du Mexique ou de Thaïlande, les droits varient de 40 à 70 %. Encore une fois, ce marché (fèves, lentilles, pois chiches, haricots) est dominé par les produits de contrebande. Les importateurs soulignent que la production nationale ne couvre pas la demande de consommation de légumineuses. Selon les estimations de l'association, les importations de contrebande  représentent aujourd'hui 80 % des ventes de légumineuses alors que les entreprises officielles contrôlent seulement 20 % du marché local. Pour l'Association, seule la baisse des droits de douane et le combat contre la contrebande pourraient de mettre permettre de rééquilibrer ce marché.

Pierre Verger (www.lepetitjournal.com/marrakech.html) vendredi 8 avril 2011

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