Édition internationale

MARIE-ANNE MONTCHAMPS - La déserteuse

"Trahison", "déception"  et même "prostitution politique", les mots du camps villepiniste sur le départ de leur porte –parole pour le gouvernement sont à la hauteur de la surprise et de la consternation suscitée par cette désertion

Il y a quelques jours encore, Marie-Anne Montchamp (AFP) était l'incontournable porte-parole de République solidaire, le mouvement fondé en juin par son mentor Dominique de Villepin. Et voilà qu'à la faveur du récent remaniement ministériel, cette députée UMP du Val-de-Marne  accepte -avec émotion et conviction a-t-elle déclaré -un poste de secrétaire d'Etat au sein du gouvernement Fillon III. Une belle prise pour Nicolas Sarkozy qui par là même dépouille son vieux rival Villepin d'une précieuse collaboration. Et un retournement de veste qui n'a sans pas manqué d'indigner les anciens collègues villepinistes de Mme Montchamp. Alors que François Goulard, député du Morbihan parle de "trahison", et le maire de Yerres. Nicolas Dupont-Aignan, de "prostitution politique", le sentiment de déception est à la hauteur de la surprise de cette désertion: cette mère de 53 ans avait toujours démenti vigoureusement les rumeurs de son départ et clamé sa fidélité à son mouvement.

S'est elle vendue?
Marie-Anne Montchamp qui a déjà été secrétaire d'État aux Handicapés entre 2004 et 2005, sous Jacques Chirac ne devrait pas trop être dépaysée par son nouveau job. Rattachée à la ministre des Solidarités et de la Cohésion sociale, Roselyne Bachelot, elle est toutefois la seule secrétaire d'État sans dossier précis et son poste n'est guère prestigieux tandis qu'elle avait un rôle clé au sein de République solidaire. Alors pourquoi a-t-elle préféré un gouvernement qu'elle a par le passé vivement critiqué? Dans son entourage politique, on s'accorde à dire que l'explication est sans doute terre-à-terre: la 7e circonscription du Val-de-Marne, dont elle est députée, n'existera plus en 2012, victime du redécoupage électoral.  Pour adoucir cette mauvaise nouvelle, Mme Montchamp aurait obtenu de l'exécutif d'être tête de liste aux sénatoriales dans le Val-de-Marne en septembre 2011, ce qui lui assurerait de siéger au Palais du Luxembourg. A la presse, la femme politique  n'a ni confirmé, ni infirmé. "Ce n'est pas d'actualité, c'est hors de propos", a-t-elle indiqué. "Ce que je viens de faire" en entrant au gouvernement, " c'est un choix difficile. Je l'ai fait par rapport à mon combat pour les personnes handicapées", a-t-elle ajouté.

Villepin de plus en plus isolé
Reste que ce retournement de veste constitue un coup dur de plus pour Dominique de Villepin. A un an de demi des présidentielles pour lesquelles il n'a pas caché ses ambitions, l'ancien premier ministre avait déjà vu deux autres députés de République solidaire prendre leurs distances et même déserter. Sont maintenant membres du gouvernement Georges Tron, nommé secrétaire d'État à la Fonction publique et Bruno Le Maire, qui a retrouvé son poste de ministre de l'Agriculture. M. de Villepin n'est peut-être pas au bout de ses ennuis : il reste également poursuivi pour dénonciation calomnieuse dans le cadre de l'affaire Clearstream, dont le procès en appel est prévu pour mai 2011. Il prévoit de rassembler les cadres de République solidaire lors d'un conseil national prévu le 4 décembre prochain.
Siri Ounechay (www.lepetitjournal.com) vendredi 19 novembre 2010

En savoir plus:
Le Monde:
Montchamp-Villepin, les raisons d'une désertion
Le Point: Le camp villepiniste consterné après la désertion de Marie-Anne Montchamp

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