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STYX – Mythologie urbaine…

Par François COUDRAY | Publié le 12/04/2018 à 21:00 | Mis à jour le 12/04/2018 à 21:00
Styx-1

Dans sa nouvelle exposition, STYX, Arthur Perset, photographe chroniqueur pour lepetitjournal.com/manille, transfigure la « violence pure » d’EDSA en une œuvre puissante. 17 photographies et un film forment ce parcours esthétique et critique à découvrir dès mercredi 18 avril à la Galerie Prism de Salcedo.

 

styxEDSA, entre deux mondes…

 

STYX est une métaphore, une tentative de rapprochement entre notre monde et la mythologie grecque, avec pour ambition finale la création d’un nouveau lieu. Le point de départ est EDSA, cet axe routier qui traverse Metro Manila, ce cauchemar urbain, qui imprime son rythme à toute la ville. EDSA peut être perçue comme une violence pure, et, à partir de ce constat, il est possible de construire une œuvre tout autour.

 

STYX choisit de s’appuyer sur le mythe du fleuve grec qui sépare le monde des vivants du royaume des morts. Le fleuve est le passage imposé entre les deux mondes, un entre-deux dans lequel les Hommes circulent et ne sont plus tout à fait vivants mais pas encore complètement morts. Le fleuve STYX est la frontière que l’on traverse, tout comme cet EDSA qu’il est impossible de contourner et que les Hommes sont résignés à affronter quotidiennement.

 

Des choix esthétiques forts

 

Le travail proposé s’appuie sur des choix esthétiques forts.

 

De nuit, aux heures de fort trafic, de préférence après une pluie : l’intégralité de STYX a été réalisée dans ces conditions . Ces contraintes permettent de donner une unité à l’ensemble de l’œuvre et d’instaurer un climat de tension. Pour signifier la violence, les teintes rouges ont été privilégiées. La nuit permet de se servir du rouge des phares des véhicules qui empruntent EDSA ainsi que le rouge des éclairages publics. La pluie permet de jouer sur les réflexions des lumières de la ville et des publicités.

 

Les Hommes présents dans l’œuvre STYX sont montrés dans leur état transitoire. Plus tout à fait humains, pas encore morts. Les éléments urbains et naturels comme les vitres des bus, les néons de la ville, les véhicules qui roulent, la condensation des respirations, le béton des constructions jouent un rôle puissant dans la construction visuelle de cet état transitoire. Les Hommes errent ; ils flottent et se laissent porter et déplacer par les objets de cet enfer urbain.

 

Styx 2Un regard critique

 

Ce travail fait également intervenir deux autres concepts.

 

La religion, tout d’abord. Elle est partout et présentée comme une solution afin de supporter le voyage d’un monde à l’autre. Elle est la drogue qui apaise en proposant une cause divine à la question du pourquoi. En déresponsabilisant les Hommes, elle leur enlève toute prise sur leur sort et leur permet ainsi d’accepter une destinée qu’ils ne contrôlent pas et s’imposent à eux.

 

La consommation, ensuite. STYX propose également un rapprochement entre le religieux et la publicité visible tout au long d’EDSA. Le modèle de consommation à outrance est une autre religion qui agit comme un palliatif des souffrances endurées. Prier ou consommer sont les deux espoirs qui accompagnent les Hommes dans ce voyage infernal.

 

Une œuvre, deux médiums

 

Toutes ces thématiques sont visibles dans l’œuvre photographique.

 

L’œuvre vidéographique propose de sublimer cette somme en y ajoutant une dimension nouvelle. En mélangeant photos, vidéos et prises de son le long d’EDSA, la vidéo STYX synthétise la création de ce troisième lieu fait d’EDSA et de mythologie. Conçue comme un cauchemar éveillé, la vidéo STYX plonge le spectateur au cœur du sujet. L’immersion est brutale, violente. Elle se veut expérience de violence pure à l’image d’EDSA. Les cadres, les prises de vue, les enchainements et les ambiances sonores malmènent le spectateur, le forçant à sortir de sa zone de confort et à se plonger dans une expérience totale à mi-chemin entre réalité et fiction.

 

Informations pratiques

 

Vernissage le mercredi 18 avril 2018 à partir de 18h et exposition jusqu’au 5 mai 2018 à la Prism Gallery, Island Tower Condominium, 239 Salcedo, Legas Pi Village, Makati, 1229 Metro Manila. 

 

Entrée libre.

 

Exposition vente : toutes les photographies sont proposées à la vente.

La photographie retenue pour l’affiche de l’exposition a par ailleurs fait l’objet d’un don du photographe pour la soirée de Gala de l’UFE, ce samedi 14 avril 2018, au profit de la fondation Anak TNK.

 

Pour en savoir plus, sur l’exposition.

https://youtu.be/sVciVf0gtXk

 

Et pour découvrir le travail d’Arthur Perset

www.arthurperset.com

www.arthurpersetprint.com

www.facebook.com/arthurpersetphotographer/

www.instagram.com/arthur_perset/

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