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L'Hermione met le cap sur la francophonie

Par Justine Hugues | Publié le 11/12/2017 à 18:00 | Mis à jour le 03/06/2019 à 16:03
Photo : ©©Francis Latreille / Association Hermione
HERMIONE francophonie frégate OIF

L’Hermione, célèbre navire de guerre français du XVIIIème siècle, reconstitué à l’identique entre 1997 et 2017, s’apprête à larguer les amarres. Le 30 janvier 2018, la frégate partira de Rochefort, son port d’attache, avec à son bord,  350 jeunes gabiers, dont une centaine mobilisés par l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF). De l’Atlantique à la Méditerranée, l’équipage se rêve en trait d’union entre les peuples et défenseur de la liberté.  

« C’est un Versailles flottant, un chef d’œuvre, notre cathédrale ».  La reconstitution du navire qui, en 1780, permit à Lafayette de rejoindre les insurgés américains en lutte pour leur indépendance, émerveille.  « Pour ceux qui aiment l’histoire maritime », nous dit Bertrand Sallé de Chou, délégué général de l’Association Hermione-La Fayette, « ce bateau est un concentré d’ingénierie exceptionnel ».  Après sa traversée de l’Amérique il y a deux ans, l’Hermione sort à nouveau la grand-voile, direction cette fois-ci la Méditerranée. De La Rochelle à Bastia, en passant par Portimao, Tanger, Barcelone ou encore Marseille, le navire jettera l’encre dans 12 ports, au cours d’un périple de quatre mois.

 

Hermione OIF

 

 

A bord moussaillons francophones !

Pour Olivier Pagezy, président d’Hermione-La Fayette, « la rencontre de la frégate avec la Francophonie c’est celle, heureuse et fortuite de Michaëlle Jean et Jean-François Fountaine (respectivement secrétaire générale de la francophonie et maire de La Rochelle, ndlr), mais c’est surtout les mêmes valeurs de liberté, de solidarité et de paix. L’Hermione était déjà unique. En prenant cette dimension internationale, elle devient universelle ». Avec 34 pays qui vont monter à bord, selon Audrey Delacroix, conseillère jeunesse et sports à l’OIF « on va vraiment expérimenter de l’intérieur ce qu’est la francophonie. Cela va créer des liens et développer un fort sentiment d’appartenance à cette communauté ».

En juillet dernier, l’association Hermione-La Fayette et l’OIF lançaient un très large appel à candidatures à destination de jeunes francophones, âgés de 21 à 34 ans. Objectif : débusquer, parmi les 12.400 dossiers reçus, une centaine d’apprentis gabiers qui manœuvreront la frégate et contribueront à animer les tables rondes, ateliers et évènements lors des escales. A chaque port sa thématique. Si Tanger incarnera la francophonie économique et numérique au travers, notamment,  d ‘ un « innovathon » (marathon de l’innovation), Marseille sera placée sous le signe des migrations. Pour Ma-umba Mabiala, directeur du département éducation et jeunesse à l’OIF, « il s’agira de faire intervenir des experts, partager des témoignages de jeunes migrants mais aussi de déconstruire les stéréotypes et préjugés à travers d’ateliers ». 

 

Tous dans le même bateau

 

« On fait venir des gens qui ne se connaissent pas, qui sont de nationalités, de cultures, de religions différentes et ça n’a aucune espèce d’importance. L’important c’est qu’il vont se retrouver pour créer un équipage et se surpasser ». Bertrand Sallé de Chou et ses collègues de l’Hermione-Lafayette et de l’OIF présentent la traversée comme une école de vie, une expérience aussi formatrice que transformatrice.

Gauthier Wery, jeune belge qui sera de l’épopée, nous raconte ses motivations et la semaine de formation à laquelle il a participé. « J’ai été séduit par l’idée de rencontrer des gens nouveaux, qui viennent des cinq continents, qui ont des parcours, des milieux sociaux différents.  Aussi séduit par le fait que sur le bateau, on est tous égaux ; rares étant ceux parmi les gabiers volontaires qui avaient déjà une expérience de la mer ». Entre dortoirs étroits et coque qui craque et tangue, l’absence de confort n’a pas l’air d’effrayer Gauthier.  Le dépassement physique et psychologique semble même unir les gabiers. « On travaille à toute heure et à tout temps, on manie les cordes sans gant. Et puis il y a tout l’apprentissage du vocabulaire maritime. Le soir, entre deux activités, on était sur nos lits en train de se poser des questions sur le manuel du gabier. En fait, le proverbe « l’union fait la force » prend tout son sens quand on est sur le bateau ».

« A l’époque, ils étaient 250 sur la frégate » rappelle Bertrand Sallé de Chou. « Pendant la traversée, ils seront environ 80 à bord en même temps, bien moins expérimentés que les marins du XVIIème siècle ».  Parmi les jeunes gabiers canadiens, tchadiens, camerounais, cambodgiens, certains n’avaient jamais voyagé, ni même vu la mer. «  C’est tout là la magie de l’alchimie et l’esprit de cohésion qui fait avancer le bateau », poursuit Bertrand Sallé de Chou. « Ils vont se retrouver à grimper pour ferler les voiles parce qu’ils seront aidés des autres. Croyez-moi, le Golfe du Gascogne en mars, ça bouge. Ils vont vraiment se transformer ».

Hermione OIF
L'Hermione, lors de sa traversée de l'Atlantique © Stéphane Marc - Marine Nationale

 

 

La liberté à rude épreuve

A l’heure où la Méditerranée est symbole de guerre et de déchirement, plus que de paix et de solidarité, le projet de l’Hermione, entend, à son échelle, porter un message d'espoir. « Aujourd’hui la Méditerranée, c’est un lieu de brassage mais aussi de problèmes migratoires qui font froid dans le dos. Y aller en 2018 avec la francophonie ce n’est pas neutre. C’est notre façon d’être un trait d’union entre les peuples et de nous adresser à la jeunesse européenne et africaine francophone », ambitionne Olivier Pagezy. 

Une salutaire goutte d'eau dans l'océan. 

Justine Hugues

Justine Hugues

Après avoir travaillé 8 ans dans l’aide humanitaire et au développement (en Amérique Centrale, République Dominicaine et Birmanie) elle s'est reconvertie dans le journalisme avec l'ESJ Pro. Elle fait aujourd'hui partie de l'équipe de rédaction à Paris.
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