Édition internationale

Au Moyen-Orient, les Français s’organisent en réseaux d’entraide face à la crise

Alors que l’espace aérien des Émirats arabes unis reste fermé et que les autorités appellent à la vigilance en raison du risque de missiles, les communautés françaises au sein du Golfe s’organisent.

Capture d’écran groupe entraidesCapture d’écran groupe entraides
©Capucine Canonne
Écrit par Manal Oumaline
Publié le 4 mars 2026

 

 

La guerre en Iran a brutalement bouleversé le quotidien de milliers de Français au Moyen-Orient. En quelques heures, une grande partie de l’espace aérien régional a fermé, laissant des expatriés, des voyageurs en transit et des familles en vacances dans l’incertitude. Environ 400.000 ressortissants français se trouvent actuellement dans la région.

 

Ciel fermé, vies suspendues

À Bahreïn, où la communauté française est plus restreinte que ses pays voisins. Les groupes d’entraide existent déjà, notamment depuis un précédent épisode de tension en juin. « L’entraide est très forte, chacun veille sur les autres », témoigne Clarisse*, expatriée en famille. Elle raconte comment, « pas plus tard que l’autre soir, nous avons accueilli chez nous des amis qui avaient été évacués de leur logement pour la nuit. Et nos voisins faisaient exactement la même chose, chacun hébergeant ou prêtant un lit à quelqu’un dans le besoin ». La conseillère consulaire locale joue un rôle central en relayant des informations vérifiées et fiables, afin de contrer la désinformation qui circule sur les réseaux. « Nous avons tout ce qu’il faut pour vivre normalement : hôpitaux, supermarchés, pharmacies sont ouverts. On se sent en sécurité, même si les médias présentent parfois une image anxiogène », précise-t-elle. À Bahreïn, la situation est moins tendue que dans d’autres pays du Moyen-Orient, ce qui engendre moins de difficultés pour les voyageurs “il n’y a pas eu de vacanciers bloqués, à ma connaissance, seulement des résidents”

 

Même dynamique à Doha, où les Français s’appuient sur les groupes de l’ambassade ainsi que sur des réseaux communautaires locaux. « Ils nous donnent des conseils et des contacts à appeler si besoin », explique Émilie*, installée au Qatar. Sur place, si certains voyageurs se retrouvent sans solution immédiate, la situation sécuritaire est perçue comme maîtrisée par les expatriés interrogés. 

 

Des réseaux d’entraide structurés aux Émirats

À Dubaï, Lionel*, expatrié français décrit avant tout une situation logistique plus que sécuritaire. Les conflits politiques n’influent pas réellement sur le quotidien des français et les expatriés ne ressentent pas non plus une anxiété face à la situation « Personnellement, je continue ma vie normalement : home office, home school, et activités quotidiennes. On vit un peu au jour le jour, mais je n’ai pas ressenti de danger immédiat. » Cependant, cela n'empêche pas les imprévus dû à la situation politique qui peut amener les Français dans des situations précaires ou délicates. « Un certain nombre de personnes se sont retrouvées bloquées aux Émirats, notamment des visiteurs et des vacanciers en période de vacances scolaires ». Des groupes de solidarités ont été créés sur les réseaux sociaux ou via le réseau local pour aider les français, dans ce contexte. 

 

La communauté FR’ENTRAIDE rassemble déjà plusieurs centaines de membres sur WhatsApp. Le groupe se structure en rubriques thématiques (informations générales, vols et aéroports, petits coups de main, logements, parole santé mentale ou encore soutien scolaire). L’objectif : orienter les Français bloqués (résidents ou vacanciers) et éviter la propagation de rumeurs. Les modérateurs relaient prioritairement les communications officielles de l’ambassade et rappellent les consignes de sécurité. Selon Lionel, le groupe d’entraide apporte des conseils aux Français "un peu perdus".

 

Fr entraides groupe Dubai
©Capucine Canonne

 

Un premier vol de retour atterrit à Roissy

Dans la nuit du mardi 3 mars au mercredi 4 mars, un premier vol organisé pour permettre à des Français bloqués au Moyen-Orient de regagner l’Hexagone a atterri à l’aéroport de Charles de Gaulle, en provenance d’Oman. L’appareil s’est posé aux alentours de 3 heures du matin.

 

Présenté comme un vol hybride, il transportait à la fois des passagers commerciaux (clients et personnel de la compagnie) ainsi que des ressortissants français considérés comme prioritaires. Parmi eux, « beaucoup de familles, de jeunes enfants, des femmes enceintes et une colonie de vacances », a indiqué la ministre déléguée Eléonore Caroit aux journalistes présents dans le terminal. Selon elle, la quasi-totalité de ces passagers se trouvait auparavant à Dubaï.

 

 

Une centaine de sièges avaient été réservés par le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères pour les personnes jugées les plus vulnérables. « L’idée est de multiplier ce type de dispositif pour qu’un nombre le plus grand possible de Français puisse rentrer en sécurité », a ajouté la ministre déléguée chargée de la Francophonie, des partenariats internationaux et des Français de l’étranger.

 

*Les prénoms ont été modifiés. 


 

 

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