L’indice international Women, Peace and Security, publié par l’Université de Georgetown, évalue chaque année la situation des femmes dans 181 pays à partir de critères liés à l’inclusion, à la justice et à la sécurité. Dans cette édition 2025-2026, l’Espagne apparaît dans le milieu du classement, reflet d’une dynamique de progrès plus lente que celle observée dans plusieurs autres pays.


Longtemps citée parmi les pays les plus sûrs pour les femmes, l’Espagne recule désormais dans les classements internationaux. Selon le Women, Peace and Security Index 2025-2026, publié par l’Université de Georgetown à Washington, le pays se situe aujourd’hui à la 25ᵉ place sur 181 États étudiés, alors qu’il figurait encore dans le top 5 lors des premières éditions en 2017.
Un déclassement qui ne signifie pas nécessairement une dégradation brutale de la situation des femmes dans le pays. Il reflète plutôt un ralentissement des progrès, tandis que d’autres États ont amélioré plus rapidement leurs performances sur les indicateurs mesurant l’inclusion, la justice et la sécurité. Dans un contexte mondial où les avancées restent inégales, la position de l’Espagne illustre ainsi une dynamique en demi-teinte.
Un baromètre international de la situation des femmes
Le Women, Peace and Security Index, élaboré par l’Institut pour la Femme, la Paix et la Sécurité de l’Université de Georgetown, en partenariat avec l’Institut de recherche pour la paix d’Oslo (PRIO), passe au crible la situation des femmes dans 181 pays.
Pour établir son classement, l’étude s’appuie sur treize indicateurs, répartis en trois grands axes : l’inclusion, qui mesure la participation des femmes à la vie économique, sociale et politique ; la justice, qui examine les discriminations, qu’elles soient inscrites dans la loi ou ancrées dans les pratiques sociales ; et la sécurité, qui prend en compte les violences, mais aussi le sentiment de protection et de sûreté.
Ces données, issues notamment de sources internationales comme l’ONU, la Banque mondiale ou les enquêtes Gallup, permettent d’attribuer à chaque pays une note comprise entre 0 et 1, censée refléter la situation globale des femmes.
Dans l’édition 2025-2026, les pays nordiques dominent une nouvelle fois le classement : le Danemark arrive en tête, suivi de l’Islande, de la Norvège, de la Suède et de la Finlande. À l’autre bout du tableau, l’Afghanistan ferme la marche, symbole d’un pays où les droits et la liberté des femmes sont aujourd’hui parmi les plus restreints au monde.
Une stagnation plus qu’un recul
Si l’Espagne a reculé dans le classement, sa note globale, elle, n’a presque pas bougé depuis les premières éditions de l’indice. Elle est passée de 0,860 en 2017-2018 à 0,862 aujourd’hui, une progression infime.
Autrement dit, le pays n’a pas réellement chuté en termes absolus. Le déclassement tient surtout à une forme de stagnation, alors que d’autres États ont avancé plus vite sur certains critères mesurant la situation des femmes.
Résultat : l’Espagne se retrouve désormais devancée par plusieurs pays européens, mais aussi par des États comme Singapour, le Canada ou le Japon, qui ont amélioré leurs performances sur les indicateurs retenus par l’étude.
Violences sexuelles : un débat toujours vif en Espagne
Cette évolution intervient dans un contexte où la sécurité des femmes et les violences sexuelles alimentent régulièrement le débat public en Espagne.
Les statistiques officielles font état d’une hausse des délits sexuels enregistrés ces dernières années. Un phénomène que de nombreux spécialistes nuancent, l’attribuant en partie à une meilleure prise en compte des signalements, à l’évolution des qualifications pénales et à une libération progressive de la parole des victimes.
Certaines réformes législatives ont également ravivé les tensions politiques. C’est notamment le cas de la loi sur le consentement adoptée en 2022, dite loi du « solo sí es sí », qui a provoqué une polémique après la révision à la baisse de certaines peines. Face aux critiques, le gouvernement a depuis modifié le texte afin d’en corriger les effets juridiques les plus controversés.
Un progrès mondial encore fragile
Au-delà du cas espagnol, les auteurs du rapport pointent un essoufflement des progrès à l’échelle mondiale depuis la création de cet indice en 2017. Les avancées existent, mais elles restent inégales et souvent fragiles.
Certains pays continuent d’améliorer leurs performances, tandis que d’autres demeurent freinés par les conflits, les discriminations persistantes ou des reculs institutionnels.
Dans ce paysage contrasté, la situation de l’Espagne apparaît finalement assez révélatrice : un niveau global encore élevé en matière de droits et de protection des femmes, mais une dynamique de progrès moins rapide que celle observée ailleurs.
Sur le même sujet













