Édition internationale

VOUS - Simon Casas directeur des arènes de las Ventas

Écrit par lepetitjournal.com Madrid
Publié le 1 janvier 1970, mis à jour le 21 novembre 2012

Depuis quelques temps, la tauromachie à la française est en odeur de sainteté de ce côté-ci des Pyrénées. Il faut dire que nous avons, outre Bruno Delaye, un ambassadeur de la tauromachie de choc. A la fin de l´année dernière, Simon Casas, directeur des arènes de Nîmes et de Mont de Marsan a été nommé directeur artistique et culturel des arènes de Madrid. Une première pour un Français, à l´expérience indiscutable, avec un immense talent d´organisateur

(Photo lepetitjournal.com)

On dit de lui "qu´il a le flair et le génie de l´événement", et une profonde connaissance du milieu taurin qui lui voue un respect au niveau international. Voilà presque 50 ans qu´il partage sa vie entre la France et l´Espagne et 40 ans qu´il fait le tour du monde des arènes. Moins importantes que celle de Madrid qui comptent 18.000 abonnés, mais considérées comme étant de première catégorie, les arènes de Valencia (1396 abonnés), avaient déjà été à son palmarès en 1985. Il avait été nommé à l´époque par la Députation pour une durée d´un an. De nouveau Directeur des arènes valenciennes depuis 2010, Simon Casas est aujourd´hui au plus haut sommet de la production tauromachique internationale ; "Simon Casas Production" est numéro deux mondial de la production tauromachique !

"Ce n´est pas un spectacle neutre"

"La corrida est le seul spectacle occidental où la mort est réelle. Elle allie beauté, drame et parfois dégoût". S'il respecte les anti-corridas, Simon Casas regrette un manque de culture tauromachique et déplore un problème d´ignorance. "La seule légitimité d´existence de la tauromachie à notre époque, ce sont ses aspects artistiques et ses racines culturelles. Ensuite, il y a tuer un animal, mais c´est une question philosophique". La corrida est passée en Espagne de la tutelle du ministère de l'Intérieur à celui de la Culture, et c´est bien sous cet angle que le directeur des arènes aborde les choses, avec notamment la création de la "Feria de l´Art et de la Culture" à Madrid, et des projets plus spécifiques autour des Fallas à Valence, la seule feria qui fasse des bénéfices. Même ici la corrida est menacée. Non pas pour une question de désaffection de l´intérêt pour la tauromachie, (l´interdiction catalane, entrée en vigueur en 2012, fait l´objet d´un recours devant le tribunal constitutionnel), mais à cause d´une période de crise dramatique.

"J´ai une grosse responsabilité économique localement. La tauromachie n´est évidemment pas une priorité, et les contrats passés il y a 4 ans ne sont plus adaptés à la situation conjoncturelle. Il faut réformer les contrats, et la TVA à 21% ne nous aide pas. S'il n´y a pas de grande réforme de la production économique de la tauromachie, la corrida risque de disparaitre. Nous avons mis en place une politique des prix, mais la corrida est un produit de luxe avec des retombées économiques considérables pour une ville. Nous ne demandons aucune subvention, mais les redevances sont trop importantes et réduisent les capacités d´investissement, ce qui entraine une diminution de l´impact économique, médiatique? Je suis pour la libéralisation de la production des corridas".

Cécile PANISSAL (www.lepetitjournal.com ? Espagne) lundi 15 octobre 2012

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Publié le 15 octobre 2012, mis à jour le 21 novembre 2012
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