Vendredi 30 juillet 2021

TROIS QUESTIONS A - Maria Luisa de Contes, membre du conseil d'administration du Groupe Renault Espagne

Par lepetitjournal.com Madrid | Publié le 25/04/2012 à 00:00 | Mis à jour le 05/01/2018 à 08:30

Une trajectoire peu ordinaire dans l'univers très masculin de l'automobile, un investissement sans pareil dans son entreprise, mais aussi moult associations et organismes français en Espagne, une vision égalitaire de la place de la femme dans l'entreprise : la secrétaire générale de Renault Espagne revient sur les actualités du groupe dans la Péninsule. Portrait

Née à Sanlúcar de Barrameda, en Andalousie, elle se dit "française d'adoption", a obtenu un DEA de droit européen à la Sorbonne et passé 22 ans en France, dans le groupe Renault, avant de poursuivre sa carrière en Espagne. Avocate au barreau de Paris et diplômée du programme de Haute Direction des Entreprise PADE par l'IESE  Bussiness School (Universidad de Navarra), elle débute en 1981 l'aventure au sein de l'entreprise automobile, où elle gravit les échelons un à un. Après trois années passées au poste de General Counsel à la Direction de Volvo Amérique du Nord dans le cadre de l'Alliance Renault-Volvo à New-York, elle s'impose en 1999 comme Directrice des affaires juridiques européennes et des achats monde, à Paris. En 2002, retour en Espagne, où elle est dorénavant membre du conseil d'administration du Groupe Renault Espagne, conseillère des filiales commerciales Espagne, secrétaire générale, et encore responsable de la Diversité et du réseau Women@Renault en Espagne. Mais elle est également chargée de représenter Renault dans les différentes institutions et organismes francophones de renom : vice-présidente de l'association d'amitié franco-espagnole Diálogo, Présidente du Foro Mujeres au sein de la même association, conseillère du comité directif de la Fondation Alliance en Espagne, Conseillère de la Chambre de Commerce Franco-espagnole et de l'Ordre National du Mérite, membre de la Commanderie de Bordeaux à Madrid.


Lepetitjournal.com : Pouvez-vous revenir sur la situation de Renault en Espagne ?
Maria Luisa de Contes : En 2011, Renault a vendu 2.722.062 dans le monde, soit 3,6% de plus que l'année précédente. En Europe, c'est la seconde marque pour les véhicules de tourisme et les véhicules commerciaux, avec une part de marché de 8,6%. En Espagne, Renault a été élue nouvelle fois marque leader dans le pays pour les véhicules de tourisme et les véhicules commerciaux, avec une part de marché s'élevant à 9%. Le modèle Mégane a représenté les meilleures ventes d'Espagne, pour la 8e année consécutive, avec 35 597 unités commercialisées.
Dans le même temps, le marché de l'automobile espagnol s'est contracté fortement, à -18% par rapport à l'année précédente. Pour 2012, les professionnels du secteur estiment que les ventes globales s'élèveront à 900 000 unités : la moitié de ce qu'il s'est vendu en 2008.
Dans ce contexte, l'Espagne reste cependant un pays stratégique pour le groupe Renault. Nous y comptons 4 usines de fabrication et 11 000 employés. Renault a parié sur des programmes stratégiques en Espagne, positionnant les unités du pays à la pointe de l'innovation et pérennisant notre activité ici. Avec Renault Technology Spain, ce sont quelque 900 ingénieurs répartis sur le territoire qui garantissent la participation du pays à des projets d'envergure. Par exemple, le moteur Energy TCe 115, produit à Valladolid pour le marché mondial, constitue le premier moteur essence à injection turbo directe fabriqué en grande série par notre marque. Le récent lancement de l'usine de Tanger s'est également fortement appuyé sur ces mêmes ingénieurs espagnols.

Qu'en est-il du véhicule électrique ?
En 2012, nous continuerons à parier sur le véhicule électrique, où nous jouissons actuellement d'un clair leadership. Renault a sorti 3 modèles fin 2011 et nous en sortirons un 4e cet automne, complétant ainsi notre gamme grand public. Dans la Péninsule, nous comptons bien sûr avec la Twizy, fabriquée à l'usine de Valladolid et qui connaît déjà un grand succès, avec plus de 4.000 commandes déjà enregistrées.

Pouvez-vous revenir sur la place de la femme chez Renault Espagne ?
Nous sommes très peu nombreuses, dans l'automobile notamment, à atteindre des postes à haute responsabilité. Il est temps que cela change.
Pour une entreprise du secteur automobile, Renault est très avancée sur ce sujet, même s'il reste du chemin à parcourir. Tout débute en fait à Paris, où Carlos Ghosn et Odile Desforges (respectivement PDG pour l'un et Directeur Général Adjoint, Directeur des Ingénieries et de la Qualité pour l'autre), font connaître il y a quelques années leur volonté d'équilibre concernant la participation des femmes dans les équipes de direction du groupe.
En Espagne, les femmes représentent 19,3% des cadres supérieurs du groupe, dont certaines à postes de responsabilité. C'est encore insuffisant, mais en progression. Je suis depuis peu responsable du réseau Women@Renault, sur le territoire. Conçu pour promouvoir les chances des femmes dans notre entreprise, il s'intègre dans une logique de diversité plus large, qui inclut les questions de genre donc, mais vise aussi à lutter contre la discrimination raciale, ou contre la marginalisation des travailleurs compte-tenu de leur âge ou de leur éventuel handicap. On aurait même pu inclure dans notre plan diversité, l'orientation sexuelle, c'est à envisager.
Concrètement, concernant les questions de genre, nous promouvons des initiatives permettant de concilier vie professionnelle et vie familiale, notamment en termes d'horaires. Nous travaillons aussi sur la formation et la gestion de carrière, en assurant la présence d'options féminines sur les programmes de promotions futures.
Plus amusant : nous organisons le 19 mai prochain une "Caravana Twizy" dans Madrid, avec 40 femmes de Renault qui parcourront les rues de la capitale jusqu'au musée du Prado, afin de promouvoir notre véhicule, certes, mais aussi la position de la femme dans l'industrie.


Propos recueillis par Vincent GARNIER (www.lepetitjournal.com - Espagne) Mercredi 25 avril 2012

Avec le partenariat de la chambre franco-espagnole de commerce et d'industrie en Espagne.

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