

Alors que le parti de la gauche radical grecque vient de remporter la majorité au parlement d'Athènes, son homologue espagnol espère bien surfer sur la même vague. Si Podemos et Syriza se ressemblent et se présentent unis dans les mêmes objectifs, les deux partis radicaux ne sont pas exactement identiques.
(Photo CC Olaf Kosinsky / Wikipedia)
Dimanche, la Grèce a jeté une pierre dans la mare. Le parti radical de gauche, anti austérité et réputé anti Union européenne, Syriza, remporte 149 des 300 sièges du parlement grecque. En Espagne un parti s'en réjoui et en tire une motivation conséquente. En effet, Podemos a suivi Alexis Tsipras pendant sa campagne et a même participé à certain de ses discours. Dimanche, à Valence, Pablo Iglesias, le leader du groupe politique espagnol, n'a pas attendu les résultats officiels pour fêter le score de son camarade hellénique. Il s'est dit heureux de cette victoire, en espérant que l'Espagne suive la même voie. Il a même déclaré aux 8000 militants présents : "L'espoir arrive, la peur s'en va. Syriza, Podemos: nous vaincrons", rapporte Libération. Depuis un moment les deux partis se montrent côte à côte dans plusieurs meetings, bras dessus bras dessous, le poing levé, comme le 22 janvier 2015 à Athènes.
Cette proximité et ce soutien ne sont pas anodins ni dûs au hasard. Leurs programmes se rapprochent notamment sur deux points. Les deux partis ont fait de l'austérité leur cheval de bataille avec la lutte contre la corruption et contre le chômage. Les deux groupes luttent contre cette austérité et surtout contre les conséquences qu'elle inflige à la population de leur pays. "Stop aux impôts prescrits par la Troïka ainsi qu'aux coupes budgétaires", une phrase que l'on peut entendre tant en Espagne qu'en Grèce chez les radicaux de gauche. Les deux organisations s'entendent également sur la minimisation du problème de la dette, relativement conséquente dans les deux pays. Sachant que c'est cette dernière qui a engendré les mesures d'austérités imposées par l'UE, ces deux combats sont donc liés.
Si leur idéologie, leurs valeurs et leurs programmes se ressemblent, ce sont également deux partis importants dans la politique de leurs pays. Alors que l'un vient de remporter les élections nationales, l'autre ne demande qu'à faire mieux pour les élections municipales en mai et pour les générales en septembre. En effet ces deux groupes politiques ont connu une ascension importante mais le parti grec a mis un peu plus de temps à émerger. Né en 2004, Syriza a du attendre 10 ans pour atteindre une majorité au sein d'une élection. Si il a tourné autour des 5% pendant longtemps, c'est en 2012 que le parti c'est imposé comme la deuxième force du pays. Son homologue espagnol est allé beaucoup plus vite. Fondé il y a un an, le nouveau parti espagnol de la gauche radical est aujourd'hui premier dans les sondages, selon El Diario.
Cette différence n'est pas la seule que l'on peut observer entre les deux "cousins" politiques. Si ils ne se présentent pas sous la même bannière au parlement européen c'est surtout la situation de leurs deux pays qui entraine une différence notable. Certes, il s'agit de deux nations d'Europe du sud, durement touchées par la crise, mais la comparaison s'arrête là. En effet, la dette de l'Espagne s'élève à 100% de son Produit Intérieur Brut alors que celle de la Grèce atteint presque les 175%. En plus, ce même PIB a chuté de 7% dans le pays de Podemos, contre un effondrement de 25% dans celui de Syriza. La crise grecque n'est pas comparable avec celle de l'Espagne qui, selon les média et le pouvoir en place, est déjà terminée.
Jules BESSE (www.lepetitjournal.com - Espagne) Mardi 27 Janvier 2015
Inscrivez-vous à notre newsletter gratuite !
Suivez nous sur Facebook et sur Twitter
Téléchargez notre application pour téléphone mobile viaItunes ou via Google Play







