

L'affaire du ?Petit Nicolas?, révélée il y a une dizaine de jours dans la presse, a laissé l'Espagne bouche bée. Comment un jeune de 20 ans a-t-il réussi à s'introduire dans les plus hautes sphères du pouvoir en usant du mensonge et de la falsification de document ? La question reste ouverte.
Francisco Nicolás Gómez-Iglesias est étudiant en finances, il vient d'une famille de classe moyenne du quartier de Prosperidad, au nord de Madrid. Jusque là rien d'anormal. Depuis quelques années Nicolas fréquentait le cercle des "nouvelles générations du PP" (Partido Popular), c'est là que, peu à peu, il s'est construit un personnage, se faisant passer tantôt pour un agent du Gouvernement, tantôt pour un conseiller de personnalités politiques ou pour un proche de la Couronne espagnole.
Des ?selfies? pour convaincre
Aussi incroyable que cela puisse paraître tout le monde le croyait, c'est en tous cas ce qu'assurent plusieurs membres du Parti Populaire interrogés par le journal El País. La principale carte de visite de Nicolas : ses photos en compagnie d'hommes d'affaires et de politiciens comme Esperanza Aguirre (ex Maire de Madrid), José María Aznar (ex Président du gouvernement) ou Ana Botella (actuelle Maire de Madrid). Le ?Petit Nicolas? a même réussi ?personne ne sait encore comment? à se faire photografier avec le roi Felipe VI, le temps d'une poignée de main le jour de son couronnement.
Le mensonge révélé
La supercherie a donc fonctionné, le réseau d'influence de Nicolas s'est agrandi. Il se faisait conduire dans des voitures de luxe, circulait avec des gardes du corps, obtenait des avances de paiements pour de futures affaires. Mais Nicolas est allé trop loin et la situation a fini par lui échapper : il s'est fait arrêter pour mensonges et escroquerie alors qu'il venait de soutirer 25.000? en se faisant passer pour un agent du CNI (Centre National d'Intelligence).
Au-delà des conséquences de cette affaire sur certains services de sécurité comme celui de la Maison Royale espagnole qui prévoit de modifier son protocole, les mésaventures du Petit Nicolas devraient tomber rapidement dans l'oubli. Mais l'histoire aura au moins eu le mérite de soulever une réflexion : ?une fois de plus, on voit qu'en Espagne, avec un minimum de tchatche et 2 ou 3 appâts rudimentaires, un petit débrouillard de 20 ans est capable d'accéder aux plus hautes sphères du pouvoir?, résume la juge qui suit le cas.
Déborah GROS (www.lepetitjournal.com - Espagne) Lundi 27 octobre 2014
Inscrivez-vous à notre newsletter gratuite !
Suivez nous sur Facebook et sur Twitter
Téléchargez notre application pour téléphone mobile viaItunes ou via Google Play





