

Malgré la pluie, une armée de cyclistes en tenue d'Adam s'est lancée dans le trafic urbain de Madrid samedi dernier, au départ de Cibeles. Une façon de matérialiser leur fragilité face aux voitures, bus et camions et de réclamer plus de droits, plus d'espaces aménagés et plus de visibilité
(Photo Lepetitjournal.com)
Gonflés les "vélomans" !
La pluie de samedi n'a pas refroidi la foule de bicy-amateurs pour son rendez-vous original avec la ville et ses usagers. Piétons, voitures, gros gabarits, personne n'a loupé cette armée composée d'éco-citoyens, de sportifs, d'écono-cyclistes, ou d'amoureux voie verte des deux roues, tous tout nus.
Avec une bonne dose d'humour, ils ont bravé le mauvais temps pour faire valoir que "la mairie avait promis un plan ambitieux mais a tout laissé tombé avec la crise? Alors que le vélo ce n'est pas cher et c'est vert", comme l'explique Jose, un participant de la manifestation.
Les rues de Valladolid ont aussi eu leur délégation de "cyclonudistes" revendiquant plus de reconnaissance et de visibilité quotidienne et institutionnelle, et ce à l'image d'autres villes du monde où le phénomène s'est exhibé, comme par exemple Paris, le 5 juin dernier.
La rue, un espace qui se partage
Les revendications liées au manque de sécurité sont au c?ur du discours de ces Adam et Eve du vélo. Plus de pistes cyclables, plus de zones limitées aux voitures et gros véhicules et plus d'éducation des usagers. La nouvelle loi de sécurité "seguridad vial" en vigueur depuis fin mai 2010 oblige les cyclistes à utiliser des bandes réfléchissantes, un casque, et certains phares. Cette loi pourrait d'ailleurs se révéler contraignante pour les conducteurs de véhicules motorisés inattentifs, en leur faisant perdre jusqu'à 4 point de permis.
Cela dit, les efforts attendus par les municipalités tardent à venir, et le promis et prometteur "Bureau du Vélo" est essentiellement une page web de plus de la mairie madrilène, comme le déplore l'association Pedalibre.
Les institutions déraillent
Xavier Corominas rappelait lors du troisième congrès sur la bicyclette que 23 millions de personnes l'utilisent, dont 2 millions qui la considèrent comme leur premier moyen de transport au quotidien. Il a profité de ce congrès le mois dernier pour rappeler que les villes, malgré de belles promesses, n'ont pas concrétisé leur intérêt pour le vélo et que le nombre d'accidents, dont certains mortels, n'a pas baissé depuis l'an passé. Seules trois villes sont bonnes élèves aux yeux des associations de cyclistes : Barcelone, Séville et San Sébastian. Un palmarès bien trop timide pour les cyclonudistes, qui rappellent que selon le baromètre 2009 du vélo, 19% des utilisateurs signalaient, comme principal inconvénient de la bicyclette en ville, son aspect dangereux.
Hélène LEBON (www.lepetitjournal.com - Espagne) Lundi 14 juin 2010
En savoir plus, bons plans, conseils, itinéraires:
Site web de la manifestation "cyclonudista"
Association los Amigos del ciclismo
Association Pedalibre
Entrevue de Xavier Corominas
Bureau du vélo, Madrid
Sondage 2009 sur le vélo et son usage







