Édition internationale

ETA – Les exilés en France se réunissent cette semaine à Bayonne pour évoquer leur retour en Espagne

Écrit par lepetitjournal.com Madrid
Publié le 1 janvier 1970, mis à jour le 11 juin 2013

Le retour sur le territoire espagnol des membres de l'ETA en cavale s'organise. Dans son édition d'hier, le quotidien El País cite un document officiel du Centro Nacional de Inteligencia (CNI), service de renseignement espagnol, dans lequel est annoncé qu'une réunion de membres de l'organisation basque devrait se tenir samedi prochain dans le Sud de la France. Certains considèrent la fin du mouvement séparatiste inéluctable, d'autres se veulent plus prudents.

(Photo archives AFP)

Suite à la Conférence internationale de paix d'Aiete en octobre 2011, l'ETA annonçait la fin du recours aux armes pour mener à bien son combat indépendantiste. Depuis lors, une campagne de retour au pays des exilés s'est mise en place. Des membres appartenant au mouvement séparatiste commencèrent à se masser dans les consulats espagnols des quatre coins du monde pour préparer un retour sur leurs terres natales. En novembre dernier, pas moins de 30 Etarras en cavale s'étaient enregistrés auprès du Consulat d'Espagne à Bayonne. Il s'agit là de personnes ayant collaboré avec l'organisation mais dont la participation n'est pas ou plus condamnable par la justice. Samedi prochain, toujours à Bayonne, une vingtaine de ces individus en fuite sont attendues pour déclarer publiquement la mise en place d'une cellule de dialogue sur les conditions possibles d'un retour des exilés de l'ETA. Une date qui n'est sans doute pas le fruit du hasard puisque ce rassemblement devrait avoir lieu quelques jours à peine avant la célébration de la Journée mondiale des réfugiés politiques. Parmi les personnes présentes à cette réunion, aucune n'a pris part aux attentats perpétrés par l'ETA, ni participé au processus décisionnel du groupe. La grande majorité des exilés ont collaboré avec le mouvement dans les années 80, dans le but de cacher ou d'aider à fuir des individus ayant pris part directement aux actions armées. Des faits désormais prescrits. Le nombre de personnes ayant quitté le Pays Basque par crainte de représailles judiciaires varie selon les sources. Abertzale, la Gauche basque, évoque 500 à 600 personnes ayant migré tandis que le ministère de l'Intérieur espagnol parle de 300 individus.

La France ne lâchera pas l'Espagne avant "l'éradication définitive" de l'organisation basque
En octobre dernier, la France a promis à l'Espagne qu'elle continuerait la persécution policière de l'ETA jusqu'à sa neutralisation définitive, au cours d'une réunion policière bilatérale de haute importance, le troisième comité de planification et de coordination stratégique de sécurité intérieure franco-espagnole... Lire la suite

Une fin annoncée
Le rapport du CNI que s'est procuré El País fait référence à une fin "lente mais inexorable" de l'ETA. Une fin peut-être trop vite annoncée. Le silence de l'ETA serait, selon certains observateurs, la résultante d'un débat interne au mouvement séparatiste. Certains souhaitent développer le sentiment nationaliste par l'idéologie et par les urnes, tandis que d'autres prônent un retour à l'usage de la violence. Fin mars, un communiqué mettait en avant d'éventuelles "conséquences négatives" si Mariano Rajoy persistait à éviter le dialogue avec les représentants nationalistes basques. Dans le même temps, la coopération policière et judiciaire entre la France et l'Espagne portent ses fruits avec l'annonce récente du transfert de Harriet Aguirre García, membre de l'ETA arrêté en 2005 à Aurillac. Ce ressortissant espagnol âgé de 34 ans, ancien numéro deux de la branche militaire du mouvement, était l'un des membres les plus recherchés par les polices des deux côtés des Pyrénées. Suspecté d'avoir participé à l'assassinat de Florain Elespe, élu de la commune basque de Lasarte, Aguirre avait trouvé refuge en France en 2002 avant d'être appréhendé par les forces de l'ordre françaises. C'est également dans le cadre d'un accord de coopération entre la France et l'Espagne portant sur la lutte contre le terrorisme qu'Aurore Martin, militante française du parti indépendantiste basque Batasuna, avait été arrêtée par la gendarmerie française puis remise à la justice espagnole en 2012.

Plus d'infos http://politica.elpais.com/politica/2013/06/09/actualidad/1370799818_338915.html

Stéphane HODJA (www.lepetitjournal.com ? Espagne) Mardi 11 juin 2013
Inscrivez-vous à notre newsletter gratuite !

A relire :
ETA - Fermeté pour les 144 prisonniers détenus en France
EXTRADITION ? Arrestation d'Aurore Martin : application juridique ou délit d'opinion ?

logo lepetitjournal madrid espagne
Publié le 10 juin 2013, mis à jour le 11 juin 2013
Commentaires

Votre email ne sera jamais publié sur le site.