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CORRIDOR MÉDITERRANÉEN – 23.000 kilomètres de rails qui débouchent sur l’Espagne

Écrit par lepetitjournal.com Madrid
Publié le 1 janvier 1970, mis à jour le 14 novembre 2012

Relier par le rail un continent entier, du nord au sud, cela est en passe de devenir réalité en Europe. Avec le futur Grand Axe, marchandises et passagers pourront aller et venir de la Scandinavie à la Péninsule ibérique dès 2020. "Une chance pour l'Espagne", estiment les spécialistes


C'est un peu la Panaméricaine du Vieux Continent. Les voitures et les camions en moins. Pour autant, même en train, de la Suède à la pointe d'Algésiras, en passant par Barcelone et Valence, la route est longue. Plus de 23.000 kilomètres à parcourir. "Avec 54% de la population européenne installée dans ce couloir où 66% du Produit intérieur brut (PIB) est produit, le Grand Axe FERRMED est une chance pour l'Europe et pour l'Espagne", assure Joan Amorós, le secrétaire général de l'association pour la promotion du Grand Axe ferroviaire de marchandises Scandinavie ? Rhin- Rhône ? Méditerranée occidentale (FERRMED). "En passant par plusieurs grandes vallées, il évite les montagnes [Alpes et Pyrénées], une rampe significative qu'il faudrait surmonter en construisant des tunnels coûteux".
Sur sa partie espagnole (Barcelone ? Tarragone ? Valence ? Almería ? Algesiras), cette méga-autoroute ferroviaire entrera en service dans sa totalité d'ici à 2020. Directement connecté aux ports et aéroports des arrière-pays, le chantier est estimé à plus de 51 milliards d'euros.

De belles perspectives d'avenir
En plein contexte de crise, ce tronçon géant relié directement aux aéroports et ports ibériques fera gagner "trois à quatre jours" aux cargos qui aujourd'hui, arrivent et partent en majorité d'Amsterdam (Pays-Bas), table Joan Amorós. Un développement que confirme une récente étude qui signale les perspectives de développement des ports espagnols.
Côté bitume, l'objectif est de désengorger des axes au bord de la saturation avec comme recours, le fret. Actuellement, 60% du trafic de marchandises qui entrent et sortent du pays transitent via La Jonquera et le Perthus. Une fois sur les rails, la pollution et les émissions de gaz à effet de serre seraient réduites de plus de 145 millions de tonnes entre 2016 et 2045, selon une étude réalisée par FERRMED. C'est l'autre volonté de ce projet, en plus du contournement des grandes villes, en vue de limiter les nuisances sonores et les vibrations.

Erreurs d'aiguillage
"Ces dernières quinze années, le gouvernement Zapatero a investi partout, y compris dans des territoires vides", déplore Joan Amorós. "Relier Madrid à toutes les autres grandes villes du pays, c'est une ruine ! Quand l'AVE enregistre 18 millions de voyageurs à l'année sur l'ensemble de son réseau, ils sont 25 millions rien qu'entre Paris et Lyon". Un manque de rentabilité qui pourrait pénaliser le pays dans sa contribution publique-privée au Grand Axe. D'autant plus que ce couloir à grande vitesse n'est pour l'instant classé prioritaire que sur certaines portions. Réclamé par FERRMED, ce statut est non négligeable puisqu'il permet d'obtenir jusqu'à 30% de subventions de la Commission européenne.

Mathilde BAZIN (www.lepetitjournal.com ? Espagne) Mercredi 30 mars 2011

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Publié le 30 mars 2011, mis à jour le 14 novembre 2012
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