Des criques secrètes des Baléares aux immenses plages sauvages d'Andalousie, l'Espagne regorge de coins de paradis à portée de voiture, ou d'avion, depuis Madrid. Sélection des plages qui valent vraiment le détour cet été.


Sable blanc, eaux turquoise, falaises ocre, dunes à perte de vue… Avec plus de 8.000 km de côtes, l'Espagne n'a rien à envier aux Caraïbes. Et la bonne nouvelle, c'est que plusieurs de ces plages de rêve se trouvent à quelques heures de route, ou à un vol intérieur très abordable. Oubliez les plages bondées de la Costa del Sol. On a sélectionné douze plages qui mêlent beauté, caractère et dépaysement, des classiques incontournables aux criques encore méconnues. De quoi planifier vos escapades estivales.
Ses Illetes, Formentera (Baléares) : le lagon des Caraïbes version espagnole
C'est sans doute la plage la plus photographiée d'Espagne et pour cause. Ses Illetes, à la pointe nord de Formentera, ressemble à s'y méprendre à un atoll polynésien : sable blanc immaculé, eau translucide, fond de mer visible à plusieurs mètres de profondeur. On y accède en ferry ou par bateau depuis Ibiza, et l'idéal est de louer un scooter pour s'y rendre tôt le matin, avant que les day-trippers ne débarquent. La plage de Ses Illetes semble très isolée, mais en réalité, elle n'est qu'à 4 km du port principal de La Savina. Il y a un parking juste à côté de la plage et quelques restaurants et bars de plage dans les environs. Arrivez avant 10 heures, plantez votre serviette, et savourez.
Playa de Bolonia, Tarifa (Andalousie)
Quatre kilomètres de sable blanc, une dune monumentale de 30 mètres de haut, le détroit de Gibraltar en toile de fond et, au bout de la plage, les ruines romaines de Baelo Claudia. Bolonia a tout du décor de cinéma, sauf qu'ici, pas de figurants. La plage reste étonnamment préservée. Le vent qui souffle souvent (on est à Tarifa) en fait un spot prisé des kitesurfeurs, mais aussi un refuge pour ceux qui aiment les plages vivantes, un peu brutes.
Depuis Madrid, comptez environ cinq heures de route, ou un vol pour Jerez puis une heure de voiture.
Cala Macarella et Cala Macarelleta, Minorque (Baléares)
Deux criques jumelles nichées entre des falaises blanches couvertes de pins maritimes. L'eau y prend des teintes de bleu presque irréelles. Macarella est la plus grande, Macarelleta (accessible par un petit sentier depuis sa voisine) la plus intime. Attention, leur popularité a explosé ces dernières années. Le secret, c'est d'y aller en mai-juin ou en septembre, quand les eaux sont déjà chaudes mais les foules encore absentes.
Astuce : on peut aussi y accéder en bateau depuis Ciutadella, ce qui évite la marche sous le soleil.
Playa de las Catedrales, Ribadeo (Galice)

On change radicalement d'ambiance. Ici, pas de chaleur méditerranéenne mais des arches rocheuses monumentales sculptées par l'Atlantique, qui évoquent les voûtes d'une cathédrale gothique. À marée basse, on se promène entre ces colonnes naturelles de 30 mètres de haut. À marée haute, tout disparaît sous les vagues. Le timing est crucial, consultez les horaires de marée avant d'y aller.
Important : La Praia das Catedrais ( en gallego ) se visite de préférence à marée basse et pendant les mois d'été, de mi-juin à mi-septembre. Durant les mois de juillet et de août, l'accès est limité et il faut réserver en ligne (gratuitement).
Cala Comte, Ibiza (Baléares) : le coucher de soleil mythique
Plusieurs petites criques séparées par des rochers, une eau d'un bleu électrique, et surtout le coucher de soleil le plus célèbre d'Ibiza. Quand le soleil descend sur les îlots au large, les couleurs virent à l'orange, au rose, au violet. Les chiringuitos installés sur les rochers servent des cocktails face au spectacle. C'est touristique, oui, mais c'est aussi un moment de grâce que même les habitués de l'île ne se lassent pas de revivre.
Playa de los Muertos, Cabo de Gata (Andalousie) : la perle volcanique
Le nom fait frissonner, mais la plage est paradisiaque. Située dans le parc naturel de Cabo de Gata, l'un des derniers littoraux vierges de Méditerranée, la Playa de los Muertos est une bande de galets blancs et de sable fin coincée entre des falaises volcaniques abruptes. L'accès se mérite, il faut descendre un sentier escarpé pendant une vingtaine de minutes. Mais une fois en bas, l'eau est d'une clarté stupéfiante, le cadre presque lunaire, et la foule quasi inexistante.
Depuis Madrid, comptez environ cinq heures de route via Murcie, ou un vol pour Almería.
Playa de la Concha, San Sebastián (Pays basque)
Souvent élue plus belle plage urbaine d'Europe, La Concha forme un croissant parfait au pied de San Sebastián. La promenade qui la borde, avec ses balustrades blanches, a un charme très Belle Époque. L'eau est fraîche (on est dans l'Atlantique nord), mais la baie protégée offre des conditions de baignade étonnamment calmes. Et après la plage, les pintxos du vieux quartier sont à cinq minutes à pied. Difficile de faire mieux.
Le plus, San Sebastián est à quatre heures et demie de Madrid en voiture, ou une heure en avion.
Playa de Rodas, Îles Cíes (Galice) : le bout du monde
Playa de Rodas a été popularisée en 2007 par un classement de The Guardian parmi les plus belles plages du monde, souvent résumé depuis comme la plus belle plage du monde. Exagéré ? A vous de le découvrir. Mais la Playa de Rodas, dans l'archipel des Cíes au large de Vigo, a quelque chose de magique. On n'y accède qu'en bateau, le nombre de visiteurs quotidiens est limité, et l'île est un parc national sans voitures ni hôtels. Un arc de sable blanc relie deux collines couvertes de végétation, avec une lagune d'un côté et l'Atlantique de l'autre.
À savoir : il faut obtenir une autorisation de la Xunta de Galicia (en ligne) avant de réserver le ferry.
Playa de la Malvarrosa, Valence : la plage du week-end depuis Madrid
Pour les Madrilènes, Valence est l'escapade balnéaire la plus évidente : à peine trois heures et demie de route ou une heure et quart en AVE. La Malvarrosa, bordée par le Paseo Marítimo et ses palmiers, est une immense étendue de sable doré en plein centre-ville. L'ambiance est animée, les restaurants de paella sont à deux pas, et le soir, la promenade s'anime. Pas la plus sauvage, mais probablement la plus pratique pour un week-end improvisé.
Pour plus de tranquillité, filez à la Playa del Saler, à 15 minutes au sud, bordée de dunes et de pinèdes dans le parc naturel de l'Albufera.
Es Trenc, Majorque (Baléares) : les Caraïbes majorquines
Majorque ne se résume pas à Magaluf. Es Trenc en est la preuve éclatante avec une longue plage de sable blanc protégée par une zone naturelle, des eaux peu profondes aux reflets émeraude, et quelques chiringuitos en bois où l'on mange les pieds dans l'eau. Pas de béton, pas d'immeubles en arrière-plan, juste le sable, la mer et les dunes. Un air de bout du monde à une heure de vol de Madrid.
Playa de Papagayo, Lanzarote (Canaries)
Au sud de Lanzarote, dans un parc naturel accessible par une piste de terre, Papagayo est une succession de petites criques aux eaux cristallines, encadrées par des falaises ocre. Le paysage volcanique de l'île donne à l'ensemble une atmosphère à part. L'eau est chaude toute l'année, le ciel presque toujours bleu. Et comme l'accès est un peu compliqué (en voiture par une piste ou à pied), les plages restent raisonnablement calmes, même en plein été. Bien que la plage de Papagayo ait été historiquement une plage nudiste, vous trouverez aujourd'hui un mélange de personnes habillées et non habillées.
Nerja (Andalousie) : la pépite entre Malaga et Grenade

Perchée sur des falaises au-dessus de la mer, Nerja est l'antidote parfait aux grandes stations balnéaires de la Costa del Sol. Son fameux Balcón de Europa, une avancée rocheuse transformée en belvédère, offre un panorama saisissant sur les criques en contrebas. La Playa de Calahonda, juste en dessous, est une petite crique de charme où l'on se baigne entre les rochers. Pour une plage plus grande, la Playa Burriana est à quelques minutes à pied, avec ses restaurants de poissons installés face à la mer.
Le conseil : poussez jusqu'à la Cala del Cañuelo, une crique accessible en navette ou à pied, encore épargnée par le tourisme de masse.
Sur le même sujet









