Une année de plus, DocumentaMadrid, le festival international du documentaire, débarque à Madrid plein de surprises. DocumentaMadrid est le grand rendez-vous cinématographique annuel pour découvrir les derniers films documentaires produits récemment dans le monde. Le cinéma du réel trouve sa place à Madrid du 30 avril au 11 mai à la Cineteca du Matadero, un des endroits de référence de la culture madrilène. 70 documentaires, choisis parmi 1102 films du monde entier, arriveront à Madrid. Une section officielle à compétition, un Panorama du documentaire espagnol où figurent des anciens élèves du Lycée Français de Madrid, un cycle parallèle intitulé "Focus on Directors" (ce-dernier aura lieu, exceptionnellement, à la Filmoteca Española) et une passionnante rétrospective dédiée au documentariste suisse, d´origine espagnole, Fernand Melgar composent une programmation à ne pas manquer.
La XIe édition du festival international de DocumentaMadrid présente dans sa section officielle à compétition 13 long-métrages et 20 court-métrages qui lutteront chacun pour le premier prix, décerné par des jurés internationaux. La majorité des films projetés le sont en Première espagnole. Les 13 documentaires en compétition nous approchent à la réalité du monde, que ce soit du point de vue politique, social ou économique. Parmi tous ces titres, deux sont des productions françaises. D´une part, "Iranien" qui montre une conversation entre le réalisateur du film, l´Iranien Mehran Tamadon, qui est athée, et quatre mollahs de la République Islamique Iranienne, dans une vocation de dialogue et d´entente (lundi 5 à 20h00 et mardi 6 à 19h00). D´autre part, le beau documentaire "Bugarach" de Ventura Durall, Salvador Sunyer et Sergi Cameron qui raconte l´histoire d´un petit village français des Pyrénnées qui, d´après le calendrier maya, aurait été le seul endroit de la terre à survivre à la fin du monde (jeudi 8 à 20h et vendredi 9, à 21h30).
Des films comme "Return to Homs", portrait du conflit syrien, "Ukraina ne bordel", sur le mouvement féministe Femem en Ukraine ou "The Square" (qui clôturera la section officielle hors compétition) sur la place de Tahrir au Caire nous ouvrent une fenêtre aux guerres et aux révoltes politiques internationales. D´autres documentaires dénoncent la situation des abus bancaires dans le monde comme "Master of Universe" ou montrent l´histoire de deux petites vieilles qui se rebellent contre le Stablisment dans le délicieux film norvégien "The raging grannies". Dans une perspective plus historique, "The decent one" de l´Israélo-belge Vanessa Lapa retrace la vie familiale et intime d´un des plus grands assassins du génocide juif, Heinrich Himmler.
Le reste des long-métrages montrent les réalités sociales de pays comme l´Argentine ("Ekpyrosis"), Israël ("The green prince"), l´Inde ("My name is salt"), la Bulgarie ("The last black sea pirates"), la Russie ("epal forever") ou les Etats-Uns ("The dog"). Pour finir, on ne peut pas oublier le film qui inaugure le festival, "The Amstrong lies" (hors compétition) sur le cas du cycliste américain Lance Amstrong.
Quand on pense au cinéma suisse, de grands noms de réalisateurs comme Alain Tanner, Claude Goretta ou Barbet Shroeder nous viennent à l´esprit. Mais, il n´y a pas que des cinéastes de fiction dans le pays helvète. Les réalisateurs du réel sont aussi importants en Suisse, comme par exemple Manuel Von Stürler qui présenta l´année dernière à DocumentaMadrid son extraordinaire film "Hiver nomade". Cette année la rétrospective du festival est dédiée à un autre documentariste suisse, Fernand Melgar, connu internationalement dans le monde du cinéma documentaire. Melgar, né à Tanger, en 1961, de parents espagnols, émigra, tout jeune, avec sa famille à Lausanne où il a fondé des espaces d´avant-garde comme le Cabaret Orwell ou le club rock de Lausanne, "La dolce vita". Fernand Melgar, qui a déclaré que le cinéma du réel est pour lui un point de rencontre, d´échange et de réflexion, présente à DocumentaMadrid, 12 films (des long-métrages et des courts) dont la thématique essentielle est l´immigration et les problèmes identitaires. Son cinéma est constitué de tolérance, d´une volonté d´acceptation d´autrui et d´une rébellion face à l´injustice, par exemple dans le cas de l´immigration. Le réalisateur suisse présentera avant chaque projection ses films et samedi 3 mai, il fera une Masterclass spéciale pour le public madrilène, avec entrée libre.
Au programme, il y aura "La Forteresse", prix léopard d´or au festival international de Locarno en 2008, qui aborde le droit d´asile en Suisse et "Vol spécial" sur un endroit de réclusion à Genève pour les immigrants en attente du droit d´entrée dans le pays. "Album de famille" et "Classe d´accueil" retracent les souvenirs personnels de Melgar sur sa propre histoire familiale d´enfant immigré. Finalement, "Remue-ménage" parle d´un père de famille, différent, qui se travestit et "Exit-le droit de mourir" est une réflexion sur une mort digne.
Une rétrospective passionnante et d´une grande actualité par sa thématique qui nous fera découvrir un des cinéastes suisse parmi les meilleurs et les plus engagés du panorama cinématographique documentaire international.
Le documentaire espagnol a aussi sa place à DocumentaMadrid 2014. Cette section, qui a débuté l´année dernière, se renforce maintenant avec 13 long-métrages et 5 courts à compétition. Pour la petite histoire, il faut signaler que le film qui clôturera ce panorama, hors compétition, a en partie pour protagonistes des anciens élèves du Lycée Français de Madrid. Le documentaire, présenté en avant-première, s´appelle "Antonio Vega. Tu voz entre otras mil" de Paloma Concejero. Antonio Vega, mort prématurément à 51 ans, en 2009, fut un des composants de "Nacha Pop", un des groupes les plus mythiques de la movida madrilène, pendant les années 80. Sa chanson "La chica de ayer" est considérée comme l´une des meilleures du pop espagnol. Nacha Pop était formé par deux anciens élèves du Lycée français, Nacho García Vega et Carlos Brooking, auxquels s´unit Antonio Vega, le cousin du premier. Le documentaire retrace la vie d´Antonio Vega, avec des témoignages personnels d´amis et de membres de sa famille. Le film est un émouvant hommage à un des musiciens les plus importants de la musique pop espagnole du XXe siècle.
La section se complètera par des long-métrages très intéressants sur des thèmes historiques et sociaux principalement, la plupart inédits. A souligner la production franco-espagnole "El Rey de Canfranc" et "Una esvástica en el Bidasoa", sur la présence des Nazis au Pays Basque espagnol pendant la 2e guerre mondiale, qui a reçu lors du dernier festival de cinéma espagnol de Nantes, le prix "Fenêtre Basque" au meilleur documentaire.
La section parallèle "Focus on directors" et d´autres activités dans DocumentaMadrid
La section parallèle "Focus on directors" se déroulera à la Filmoteca Española. Elle présente plusieurs documentaires consacrés aux plus grands réalisateurs de la récente histoire du cinéma mondial. Quelques exemples sont "Che strano chiamarsi Federico", dédié à Federico Fellini, "Roman Polanski : a film memoir", "Bertolucci on Bertolucci" sur le cinéaste italien Bernardo Bertolucci, auteur de "Le dernier tango à Paris" ou "Rohmer in Paris", une approche d´ Eric Rohmer et de la Nouvelle Vague.
Pour finir, DocumentaMadrid organise des "tertulias matinales", des rencontres matinales, tous les jours à 13h, à la Cantina (le bar) de la Cineteca entre les réalisateurs qui présentent leurs films et le public. Il s´agit de réunions, avec entrée libre, très décontractées où les spectateurs ont la possibilité de bavarder tranquillement avec les cinéastes. Les Masterclass et un laboratoire de documentaires interactifs complètent une programmation passionnante et très enrichissante qui consolide une année de plus l´importance de DocumentaMadrid.
| Où et quand voir chaque film : http://www.documentamadrid.com/es/programa/tipo/sede Pour en savoir plus sur la section officielle de long-métrages documentaires : http://www.documentamadrid.com/es/seccion/seccion-oficial-largometrajes/ Pour en savoir plus sur le Panorama du documentaire espagnol : http://www.documentamadrid.com/es/seccion/panorama/ Pour en savoir plus sur la Rétrospective Fernand Melgar : http://www.documentamadrid.com/es/seccion/retrospectiva/ Pour en savoir plus sur la section parallèle « Focus on directors » : http://www.documentamadrid.com/es/seccion/ciclos-paralelos/ Les adresses des sièges : http://www.documentamadrid.com/es/sedes/ |
Carmen PINEDA (www.lepetitjournal.com - Espagne) Mercredi 30 avril 2014
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