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CINÉ - Sélection de films espagnols à l'affiche à Madrid

Écrit par lepetitjournal.com Madrid
Publié le 1 janvier 1970, mis à jour le 27 septembre 2013

En collaboration avec Carmen Pineda, critique de cinéma établie en Espagne, lepetitjournal.com propose un petit tour d'actualité du 7e art dans la Péninsule. Cette semaine : focus sur une sélection d'?uvres espagnoles, actuellement projetées dans les salles. Au programme : La banda Picasso (La bande à Picasso) de Fernando Colomo, et quelques autres belles surprises?

Paris 1911 : le jeune Pablo Picasso et Guillaume Apollinaire sont accusés d´avoir volé la Joconde au Louvre. Inspiré de ce fait réel, le réalisateur espagnol Fernando Colomo (Madrid, 1946), très connu en Espagne pour ses comédies, signe une coproduction franco-espagnole, tournée en français, avec un casting qui réunit des acteurs des deux pays.

Quand on voit La bande à Picasso, on a l´impression d´avoir assisté à un film assez correct au niveau de l´esthétique et de la réalisation, mais sans plus. Il manque de force, de personnalité et d´âme. Même si l´histoire du vol de la Joconde est vraie, même si toute la galerie de personnages présentés (de Picasso à Apollinaire en passant par Max Jacob, Braque, le sculpteur espagnol Manolo Hugué, Marie Laurencin?) ne manque pas d´intérêt en soi, le film respire faux. Le long métrage a été tourné à Budapest, qui est supposé être Paris, mais même cela n´est pas authentique car on sent trop, si on observe de près, qu´il ne s´agit pas de la capitale française. Le célèbre cabaret "Au lapin agile" où se réunissaient tous les artistes et intellectuels du moment fait trop "décor". Le seul aspect réussi se trouve dans les costumes, qui sont d´ailleurs nominés au meilleur Goya dans cette catégorie. La chanson "l´as-tu vue?", aussi nominée pour les Césars espagnols, est, par contre, quelconque.



Une comédie peu amusante

Le film est une comédie mais malheureusement, les rires y sont rares. Il y a, cependant, quelques bonnes scènes avec des dialogues ingénieux. Par contre, elles défilent, un peu sans logique, en nous montrant les traits de caractère de chacun des personnages : Picasso, présenté comme un jeune passionné et talentueux mais extrêmement égoïste et machiste ; Apollinaire (joyeux, extraverti) ; Max Jacob (tourmenté et drogué), etc. Mais, tout cela devient très vite un labyrinthe où il faut vraiment faire des efforts pour savoir qui est qui. L´histoire du vol devient presque une anecdote et on sent que le réalisateur veut nous montrer toute l´ambiance, tous les artistes d´un seul coup. Le scénario se disperse jusqu´au point où on perd l´intérêt. Pour ainsi dire, il y a trop de prétention dans ce film, sous un aspect de comédie décontractée. On ne peut pas raconter toute une époque, expliquer les motivations de chaque artiste et conserver le fil principal de l´histoire. Du moins, Colomo n´est pas arrivé à le faire. Si au moins c´était amusant mais... à peine. C´est dommage car cette comédie ratée aurait pu être très intéressante : les personnages du film sont des artistes clés pour comprendre le XXe siècle. Au lieu d´être fasciné par eux (malgré les efforts presque unanimes des acteurs pour être à un bon niveau d´interprétation), on reste indifférent. Ça manque de matière, de vérité. Il y a des moments où on se demande si ces personnages un peu absurdes sont vraiment les grands génies de la peinture, de la littérature et de la sculpture que l´on connaît. Ils débutaient, ils étaient jeunes, bohèmes, loufoques, d´accord, mais cela est simplifié et banalisé pour provoquer le rire facile. On ne perçoit à aucun moment leurs vrais sentiments ni leur âme.
Carmen PINEDA (www.lepetitjournal.com - Espagne) Mardi 29 janvier 2013

Où le voir (entre autres) ? Cinesa Manoteras (av/ Manoteras, 4) ; Dreams Palacio de Hielo (c/ Silvano, 77); Princesa (c/ Princesa, 5) ; Renoir Cuatro Caminos (c/Raimundo Fernández Villaverde, 10)?

ACTUALITES:
?El muerto y ser feliz? (?Le mort et être heureux?) de Javier Rebollo:
Ce film, primé à Cinespaña 2012 (Toulouse), avec la Violette d´Or au meilleur film, raconte le périple argentin d´un tueur à gages sur le point de mourir. Javier Rebollo qui remporta le même prix avec son film précédent "La mujer sin piano" ("La femme sans piano") réalise une comédie noire, sous forme de road-movie. L´interprétation de José Sacristán (1937), un des plus célèbres acteurs espagnols, déjà récompensé au Festival de Saint-Sébastien 2012 avec la coquille d´argent au meilleur acteur, est formidable. Nominé au Prix Goya à la meilleure interprétation masculine, l´acteur a beaucoup de possibilités de le remporter cette année.
Où le voir ? RENOIR PLAZA DE ESPAÑA: c/ Martín de los Heros, 12; ARTISTIC METROPOL: c/ Cigarreras, 6.

?Una pistola en cada mano? (?Un revolver dans chaque main?) de Cesc Gay:
Cesc Gay est un réalisateur catalan, très apprécié par un public jeune, auteur de "Krampack " et "En la ciudad", qui aborde presque toujours des sujets autour de la sexualité, des conflits personnels, des sentiments et des différentes étapes de la vie. Dans "Una pistola en cada mano", il présente huit personnages masculins qui souffrent la crise d´identité de la quarantaine. C´est un film choral où on peut voir le gratin de la nouvelle génération des acteurs espagnols : Luis Tosar ("Operación E" de Miguel Courtois), Javier Cámara ("Parle avec elle" de Pedro Almodovar), Candela Peña ("Tout sur ma mère" d´Almodovar), Leonor Watling ("La mauvaise éducation" d´Almodovar), entre autres. Un bon film. A voir.
Où le voir (entre autres) ? PRINCESA: c/ Princesa, 5; CINESA MANOTERAS: av/ Manoteras, 4; ACTEON : c/ Montera, 31?

?Volver a nacer? (?Renaître?) de Sergio Castellitto:
Ce film est recommandé à tous les fans de Penelope Cruz qui a été nominée pour ce rôle à la meilleure actrice au Goya 2013. A part son interprétation correcte et une apparition de Jane Birkin, ce long métrage qui parle de guerre, amour et maternité ne mérite pas beaucoup d´être vu.
Où le voir (entre autres) ? CINESA MANOTERAS: av/ Manoteras, 4; DREAMS PALACIO DE HIELO: c/ Silvano, 77; PRINCESA: c/ Princesa, 5?

*Où voir les 4 longs métrages nominés au GOYA du Meilleur Film :
?Blancanieves? (voir la critique du petitjournal.com): RENOIR PLAZA DE ESPAÑA: c/ Martín de los Heros, 12; CINES IDEAL: c/ Doctor Cortezo, 6 (entre autres)
?El artista y la modelo? (voir la rencontre avec Jean Rochefort dans lepetitjournal.com) : PRINCESA: c/ Princesa, 5.
?Grupo 7?: (voir la critique du PetitJournal): PRINCESA: c/ Princesa, 5; YELMO CINES PLENILUNIO: Glorieta Eisenhower s/n (entre autres)
?Lo imposible?: CINESA MANOTERAS: av/ Manoteras, 4; PRINCESA: c/ Princesa, 5; CINESA PRINCIPE PIO: Paseo de la Florida s/n (entre autres).

*Où voir gratuitement les 4 nominés au GOYA du Meilleur Premier Film :
La Academia de Cine de España présente du 29 janvier au 1er février les quatre meilleurs premiers films espagnols de l´année. Les courts métrages de fiction, nominés de même aux GOYA, seront aussi projetés. Des rencontres entre le public et les réalisateurs complèteront les séances. Les longs métrages sont : la comédie extravagante "Carmina o revienta" de Paco León (29/01), le thriller "El cuerpo" de Oriol Paulo (30/01), le drame sur l´immigration "Evelyn" de Isabel de Ocampo (31/01) et le film d´animation ?Las aventuras de Tadeo Jones? de Enrique Gato (1/02).
L´entrée est gratuite. La séance commence à 19h. Les billets peuvent être retirés à l´avance, à 10h et à 17h le jour même.
Academia de Cine: c/ Zurbano, 3 (métro: Colón).

*Le documentaire ? Marcos, el lobo solitario? à la Cineteca du Matadero :
"Marcos, el lobo solitario" ("Marcos, le loup solitaire") (2013) de Gerardo Olivares retrace la vie de Marcos Rodriguez Pantoja, un enfant qui vécut tout seul pendant douze ans dans la Sierra Morena (Cordoue). Le film rappelle un peu l´?uvre de François Truffaut "L´enfant sauvage". L´authentique Marcos nous raconte ses expériences extraordinaires dans ce documentaire remarquable. Projection: vendredi 1er février, sala B, à 22h00.
Cineteca Matadero : Paseo de la Chopera, 14 (métro: Legazpi).

*Le documentaire ?Libre te quiero? au Pequeño Cine Estudio :
"Libre te quiero" ("Libre je t´aime") (2012) de Basilio Martín Patino est un documentaire de pleine actualité qui parle du Mouvement 15M et de son esprit de lutte. Patino (1930) est un grand cinéaste espagnol qui a alterné la fiction et le documentaire. A noter spécialement dans sa filmographie "Canciones para después de una guerra" ("Chansons pour l´après-guerre") et "Caudillo", des films presque toujours critiques avec le pouvoir et le franquisme.
Pequeño Cine Estudio: c/ Magallanes, 1 (métro Quevedo).

Carmen PINEDA :
Collaboratrice comme critique de cinéma dans plusieurs magazines : "Estrenos", "Interfilms" et "Cinerama". Envoyée spéciale à des festivals de cinéma en France pour les journaux "Diario 16" et "El Mundo". Jury du Prix du CEC (Círculo de Escritores Cinematográficos) au Festival international de Cinéma de Madrid (1997). Actuellement membre du CEC et critique dans cinecritic.biz et lepetitjournal.com


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Publié le 29 janvier 2013, mis à jour le 27 septembre 2013
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