Le célèbre journaliste de télévision s’est prêté à un échange de souvenirs qui s’est déroulé à la Résidence de France de Los Angeles ce jeudi 23 avril. D’abord en face à face avec le Consul général, Adrien Frier, transformé - juste pour un soir ! - en journaliste sportif, bon connaisseur de ses dossiers autour des Jeux Olympiques et de la place du sport dans la société. Récit.
À la Résidence de France, le Consul général, Adrien Frier est devenu, le temps d’une soirée, journaliste sportif et Nelson Montfort, l’invité-interviewé jovial. Leur tandem a conduit à d’excellents échanges de bons mots et de fous-rires… Mais de propos sérieux aussi. L’homme au casque de cheveux blancs reste truculent avec cet accent qui chante bon le Sud et ne semble pas atteint par la limite d’âge que lui a imposé le service public de la télévision où il a officié pendant près de quatre décennies.
Né en France, d’un père militaire américain - qui accompagna le général Patton pour libérer la France - et d’une mère néerlandaise, il a gardé une passion pour les langues (il en parle 5 !) qui lui ont permis d’interroger tous les grands champions de la planète, à commencer par Martina Navratilova, en 1987, puis des centaines d’autres athlètes rencontrés depuis ses tous premiers J.O. à Barcelone en 1992 et jusqu’à ceux de Paris en 2024 : Carl Lewis d’abord, puis Michael Johnson lors des J.O. d’Atlanta ou encore… Le président américain Bill Clinton dans les tribunes de Roland-Garros en 2001. Patinage, golf, tennis, équitation, natation : rien ne lui aura échappé pendant près d’un demi-siècle de journalisme écrit, parlé et télévisé.
Nelson Montfort n’a pas sa langue dans sa poche
Malgré sa semi-retraite, Nelson Montfort n’a pas sa langue dans la poche. Il reste ferme dans son propos et tacle sans détour l’organisation des jeux paralympiques qu’il trouve particulièrement mal gérés. Il espère « que le sport olympique pourra continuer à unir plutôt qu’à désunir », ce qui fût encore le cas aux derniers J.O. d’hiver où les athlètes patineurs russes étaient interdits de séjour, ce qu’il regrette : « Est-ce la faute des athlètes si leur pays envahit un autre pays, alors qu’ils sont là dans leurs meilleures années ? C’est aussi d’une grande cruauté ! »
Nelson Montfort a tellement de souvenirs qu’il a décidé de les consigner dans un nouveau livre à paraître prochainement. Son ouvrage « Les perles des journalistes sportifs » (Éditions Fortuna, 2015) reste un joyau d’expressions savoureuses qui lui collent à la voix : « Wonderfulllll ; Chûte, chûte, chûte ! ; Oh là là mes amis ; quel Pastis ; C’est Waterloo, C’est Trafalgar ; C’est une sordide Schcoumoune, etc … »).
Sur scène aux côtés de Philippe Candeloro dans la pièce « Ça patine à Tokyo »
Outre sa faconde intarissable, sa gentillesse à répondre aux questions de nombreux jeunes invités, manifestement ravis de découvrir, en chair et en os, le journaliste qui les avait fait rêver, enfants, devant leur petit écran, était rafraîchissante.
Homme aux talents éclectiques, passionné de musique classique, conteur de Georges Brassens, Trenet ou Jean Ferrat, ce huguenot aux racines solides est aussi acteur au théâtre. D’abord aux côtés de l’une de ses filles, Victoria Montfort, et, plus récemment, avec son complice de toujours, Philippe Candeloro, dans la pièce « Ça patine à Tokyo », une comédie policière d’Hugo Crémaschi et Julien Grange écrite pour eux.
Quand on lui demande ce qu’il fera en 2028 pour les J.O. de Los Angeles, il répond par une boutade « qu’il n’est pas propriétaire de son micro et prendra alors un simple billet pour assister à la qualification du tir à l’arc… Qu’il commenterait, éventuellement, pour LePetitJournal.com. »




















