30 ans après son premier volet, Toy Story revient pour la cinquième fois avec un message nécessaire et pertinent sur l’omniprésence des écrans dans la vie des enfants. Le film sort le 17 juin 2026 en salles. Décryptage de Déborah Laurent.


Sur la scène du Dolby Theater sur Hollywood Boulevard, lors de la première mondiale du film, Taylor Swift confiait : « Toy Story 5 est mon Toy Story préféré ». Bien sûr, elle y participe activement puisqu’elle a écrit la chanson « I knew it, I knew you » qui clôture le dessin animé, la déclaration était forcément promotionnelle, mais on lui donne raison.
Depuis 30 ans, l’univers Toy Story ravit petits et grands. Il s’est écoulé sept ans entre le quatrième volet, annoncé comme le dernier, et le cinquième. En sept ans, le monde a changé et de nouvelles idées ont germé. Dans ce nouvel épisode drôle et émouvant, qui s’intéresse à l’omniprésence des écrans dans la vie des enfants, la cowgirl Jessie prend la direction des opérations.
« Je savais qu’on avait exploité la trajectoire de Woody autant que possible », raconte Andrew Stanton, scénariste et réalisateur de ce nouveau volet et tête de gondole de l’aventure depuis le début. « Il était temps de déplacer la lumière sur un autre personnage principal et Jessie avait un grand potentiel émotionnel. »
Les jouets ne vieillissent pas, sauf Woody !
Une réalité s’est imposée aux créateurs de Toy Story : si le monde évolue, que les gens vieillissent, ce n’est pas le cas des jouets. Stanton sourit : « Les jouets ne sont pas affecté par le temps physiquement. Ce sont des sortes de petits vampires, pendant que le reste du monde avance. »
Il nous dit que les jouets ne vieillissent pas, on évoque le ventre proéminent et la calvitie de Woody, trouvailles hilarantes de ce cinquième volet : « C’était d’abord une blague faite par un de nos artistes storyboard. En 2007-2008, alors qu’on galérait sur Toy Story 3, quelqu’un a proposé d’envoyer Andy à l’université. On a d’abord ri et puis on a exploité cette idée. C’était pareil ici. On a pensé : Attendez… et si on laissait vraiment le temps passer ? Et là, on a commencé à imaginer tout ce que ça rendait possible. Ça a été une succession de gags : la calvitie, son petit ventre, son costume qui change parce qu’il est devenu quelqu’un qui travaille sur le terrain… »
Tim Allen, qui prête sa voix à Woody depuis le début, était ravi ! Il charriait Tom Hanks, alias Woody, sans cesse en répétant : « Il est chauve et gros ». Et Andrew d’en rire : « Tom Hanks était hilarant. Il faisait des petites improvisations comme « oh, ma hanche ». C’est resté dans le film. Il a beaucoup improvisé pour Woody. »
Un thème très actuel
Toy Story 5 explore donc l’idée que les écrans remplacent dangereusement les jouets traditionnels. Les jouets sont effarés quand Lilypad, une tablette connectée, débarque dans la vie de Bonnie, leur petite fille. Les parents de Bonnie veulent bien faire : leur enfant a du mal à se faire des amis, ils espèrent que sa participation à différents jeux en ligne et aux conversations de ses copines de la danse, lui permettront d’approfondir ses liens amicaux.

Pour la première fois, Toy Story parle des problèmes des enfants plus que de celui des jouets. Les créateurs ont interrogé des psychologues pour enfants sur la question suivante, cruciale : est-ce que la technologie les aide vraiment à se connecter les uns aux autres ou est-ce qu’elle les isole ? Pour aborder les sujets qui concernent vraiment les familles, des parents chez Pixar étaient régulièrement consultés : « On les réunissait et ça ressemblait à une thérapie. Ils expliquaient tous leurs défis avec les écrans…»
Toy Story 5 est inventif, pertinent. Il prouve qu’on peut faire des suites qui valent vraiment le coup. C’est un super film à voir en famille juste avant l’été, pour avoir une conversation constructive mais pas plombante sur l’utilisation des écrans.
D.L.
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