Marilyn Monroe, la star américaine foudroyée le 4 août 1962 à l’âge de 36 ans, n’a pas fini de faire parler d’elle. Cent ans après sa naissance, une pluie de livres, de films et d’expositions continue d’interroger la femme, le mannequin, l’actrice, l’amante, le mythe. À la veille de l’anniversaire de sa disparition, nous revenons sur ces ouvrages qui la célèbrent. Revue de Clément Thiery.


À lire

La Gouvernante de Marilyn de Laurent Morlet, 2026
Auteur et producteur français installé à Los Angeles, Laurent Morlet est passionné par « les gens de l’ombre, ceux dont on ne parle jamais ». Après avoir suivi les membres du fan-club de Marilyn Monroe pour un documentaire, With Her (2012), il se penche sur une autre facette de la vedette : sa gouvernante, la pieuse et austère Eunice Murray, antithèse du sex-symbol hollywoodien. Et la dernière personne à l’avoir vue en vie. Dans ce roman qui se lit comme une enquête, on découvre dans leur quotidien deux femmes que tout oppose, un « duo improbable » à jamais uni par le drame.

Marilyn chérie de Sébastien Cauchon et Catherine Deneuve, 2026
Tout a commencé avec quelques photos, dénichées « dans des boutiques aujourd’hui disparues » de New York, Londres ou Los Angeles. Fervent collectionneur et auteur du roman vrai Marilyn 1962 (2016), le Français Sébastien Cauchon propose maintenant un beau livre : une promenade le long de la vie de l’actrice, avec une centaine d’images issues de ses archives et les commentaires de Catherine Deneuve, qui cosigne l’ouvrage : « Ce mélange de charme et de talent. Marilyn est la plus belle image que j’aie jamais vue sur un écran… ! »
À regarder
Marilyn Monroe, I Am so Many People de Clara et Julia Kuperberg, 2026
Dans leur dernier film en date, les documentaristes françaises Clara et Julia Kuperberg épluchent l’oignon Marilyn Monroe : la fillette élevée par une mère instable, l’ingénue cabossée par la vie et les hommes, la poupée à la plastique avantageuse, la blonde faussement sotte, la vedette hollywoodienne qui décampe à New York pour suivre les cours de l’Actors Studio et gagner en crédibilité, l’icône partie trop tôt, avalée par le malaise et les barbituriques. Trente-six ans d’une vie à contre-emploi, pour répondre à une question pas si simple que ça : « Qui était Marilyn Monroe ? »
Le Milliardaire de George Cukor, 1960
Ce film musical, timide succès en salle, scelle la rencontre entre Marilyn Monroe et Yves Montand – et leur liaison. Le temps du tournage, les deux acteurs et leurs conjoints respectifs, le dramaturge Arthur Miller et la comédienne Simone Signoret, emménagent au Beverly Hills Hotel. L’adultère fera les gros titres. Les rumeurs vont vite, Marilyn serait enceinte. Son couple explose. Quant à Simone Signoret, elle ironise : « Si Marilyn est amoureuse de mon mari, c’est preuve qu’elle a bon goût. »
Sur le couple Montand-Signoret, et comment « l’affaire Marilyn » a hanté leur relation, voir aussi le film Moi qui t’aimais (2025) de Diane Kurys, avec Roschdy Zem et Marina Foïs dans les deux rôles principaux.
À visiter
Marilyn Monroe: Hollywood Icon à l’Academy Museum of Motion Pictures de Los Angeles jusqu’au dimanche 28 février 2027
La petite robe noire qu’elle porte à la fin de Certains l’aiment chaud (1959), une copie de sa fameuse robe blanche, immortalisée par un courant d’air bien placé dans Sept Ans de réflexion (1955), mais aussi des effets plus personnels, plus inattendus, des lettres, des scénarios couverts de notes, un flacon de Chanel N° 5 des années 1950, un verre à vin, une chaise, un jean… Autant d’objets qui permettent de comprendre Norma Jeane Mortenson, la femme derrière l’actrice, créatrice de sa propre image publique.
Academy Museum of Motion Pictures, 6067 Wilshire Blvd, Los Angeles, CA 90036

Forever Marilyn à Palm Springs
Quinze tonnes pour presque 8 mètres de haut : le sculpteur américain Seward Johnson a rendu un hommage de taille au personnage de Marilyn Monroe dans Sept Ans de réflexion (1955). Sa robe blanche perpétuellement soufflée, la culotte au vent, elle se dresse face au Palm Springs Art Museum. Un hommage, selon certains, aux séjours que l’actrice a effectués dans l’oasis californienne. D’autres, dans le sillage du mouvement #MeToo, y ont vu une forme d’exploitation, un geste machiste et lourd.
Toujours à Palm Springs, poursuivez la visite avec une ravissante villa de style mid-century modern, construite par l’architecte californien Charles DuBois en 1961, au 1326 North Rose Avenue. Marilyn Monroe y aurait passé des vacances, même si aucune preuve ne permet de le confirmer. Ce qui n’empêche pas les fans de s’y rendre en pèlerinage. (Avis aux intéressés : la propriété est en vente… pour 3,3 millions de dollars !)
Ce qui est avéré, en revanche, c’est que l’actrice a vécu à Los Angeles, dans le quartier de Brentwood, au 12305 Fifth Helena Drive. Elle a acquis la maison en mars 1962 et y est morte quelques mois plus tard. Le pavillon de style Spanish Colonial Revival, érigé en 1929 et classé site historique par le conseil municipal il y a deux ans, est aujourd’hui une propriété privée. « Rien ou presque n’avait bougé », témoigne Laurent Morlet, qui a pu visiter les lieux à la fin des années 1980. Les carreaux de faïence bleue et jaune, la cheminée d’angle dans sa chambre, la piscine dans le jardin… : « J’étais comme dans un musée. »
C. T.
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