À l’occasion d’une visite exceptionnelle en français des Virginia Robinson Gardens organisée par l’Alliance Française de Pasadena le 7 mars, Le Petit Journal a rencontré Laurelle Johnson, fondatrice de Sweet Turtle Farm et guide du domaine. Passionnée de plantes médicinales, elle partage son savoir à travers des visites et des ateliers qui révèlent l’histoire et les propriétés insoupçonnées des plantes.


Fondatrice de Sweet Turtle Farm, Laurelle Johnson, née en Californie de parents français, est parfaitement francophone. Elle cultive et transforme des plantes médicinales qu’elle distribue à des herboristes à travers les États-Unis. Son entreprise, créée en 2019, est née d’une passion inattendue.
« J’ai trouvé un jour un livre sur les plantes médicinales dans une friperie. J’ai commencé à le lire par curiosité… et je ne me suis plus arrêtée », raconte-t-elle. À l’époque, Laurelle Johnson cultivait des légumes dans un jardin communautaire, avec des résultats mitigés. « J’avais planté cinquante poireaux et je n’en ai récolté qu’un ! » dit-elle en riant. C’est alors qu’elle s’est tournée vers les plantes médicinales.

La pandémie a renforcé cet intérêt. Elle rejoint alors un groupe d’herboristes, participe à des conférences en ligne et approfondit ses connaissances. « J’ai pu écouter des experts auxquels je n’aurais jamais eu accès autrement », explique-t-elle.
Un baume à base de cynorrhodon (rose hip) riche en vitamine C
Aujourd’hui, Sweet Turtle Farm propose des plantes médicinales séchées en petites quantités, destinées aux herboristes qui les utilisent pour accompagner leurs clients en médecine naturelle. Laurelle Johnson vend également certains produits artisanaux sur la plateforme Etsy, notamment des baumes et préparations à base de plantes.
Parmi ses créations figure un baume à base de cynorrhodon (rose hip), riche en vitamine C, qu’elle utilise comme soin pour la peau. Les cynorrhodons sont infusés pendant six semaines dans de l’huile de jojoba avant d’être transformés en baume avec du beurre de karité et de la cire d’abeille. Pour Laurelle Johnson, l’intérêt croissant pour les plantes médicinales s’inscrit dans une tendance plus large. « Une partie de la population souhaite revenir à des solutions naturelles », explique-t-elle. « Les gens veulent prendre soin d’eux d’une manière plus proche de la nature. »
En 2015, elle découvre les Virginia Robinson Gardens, domaine historique au coeur de Beverly Hills
Cette passion pour les plantes l’a également menée aux Virginia Robinson Gardens, qu’elle a découverts en 2015. « J’étais enchantée. Je ne savais même pas que cet endroit existait », se souvient-elle. Situé au cœur de Beverly Hills, ce domaine historique remonte à 1911 et fût l’une des premières grandes propriétés de la ville. Il appartenait à Virginia et Harry Robinson, un couple d’entrepreneurs venus de Boston qui firent fortune grâce à leurs grands magasins. Le domaine fût plus tard donné au comté de Los Angeles et préservé comme site botanique et culturel.

Aujourd’hui, Laurelle Johnson y est guide bénévole. Elle y conduit régulièrement des visites consacrées à l’histoire de la propriété et de ses jardins. Mais sa spécialité reste les plantes médicinales. Lors de la visite organisée pour l’Alliance Française de Pasadena, elle a dévoilé les histoires surprenantes associées à certaines plantes. Le romarin, par exemple, n’est pas seulement une herbe culinaire : dans l’Europe médiévale, il entrait dans des mélanges utilisés pour se protéger des odeurs et des maladies pendant les épidémies de peste.
Dans une société stressante, un besoin croissant de se reconnecter à la nature
« Les gens adorent les histoires », explique Laurelle Johnson. « Quand on parle des plantes uniquement comme d’herbes culinaires, on manque la plus grande partie de leur histoire. » Selon elle, cet intérêt pour les plantes s’explique aussi par le besoin croissant de se reconnecter avec la nature dans une société moderne souvent stressante. « La vie est très intense aujourd’hui. Les gens cherchent des moyens simples de prendre soin d’eux. »
Les Virginia Robinson Gardens ne sont pas ouverts au public en permanence, mais les visiteurs peuvent réserver des visites guidées sur le site officiel du domaine. Les jardins proposent notamment des visites historiques ainsi que des promenades dans les différents jardins botaniques de la propriété.
Pour Laurelle Johnson, transmettre ses connaissances est devenu une mission. « À un certain moment de la vie, on accumule un savoir qui mérite d’être partagé », dit-elle. « Ce que j’ai appris vient d’autres personnes, d’autres générations. C’est très gratifiant de transmettre à son tour. » Une philosophie qui, le temps d’une visite, transforme un simple jardin en véritable voyage entre nature, histoire et médecine traditionnelle.
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