À l’approche des élections consulaires, nous donnons la parole aux têtes de liste candidates au Royaume-Uni. Avec dix listes en lice, les Français établis outre-Manche auront un large choix. Catherine Smadja-Froguel conduit la liste : “Justice et Solidarité”. Elle nous présente les points clés de son programme.


Pouvez-vous vous présenter en quelques phrases ?
Installée à Londres avec ma famille en 2000 pour ce qui devait être un séjour de deux ou trois ans, j’y ai finalement construit ma vie personnelle et professionnelle. Très tôt, je me suis engagée dans la vie associative autour de la défense des droits humains, de l’indépendance des médias, du service public et des droits des Français de l’étranger, notamment au sein de Français du monde.
Depuis plus de vingt ans, j’accompagne des Français confrontés à des difficultés très concrètes. Ce sont ces réalités vécues qui fondent mon engagement. Cet engagement repose sur une conviction forte : celle d’une gauche sociale et démocratique qui refuse le recul des solidarités et agit concrètement pour réduire les inégalités.
Que représente pour vous la mission principale de conseiller des Français de l'étranger ?
Être conseillère des Français de l’étranger, ce n’est pas un rôle symbolique. C’est un mandat de terrain, au service de nos compatriotes, pour défendre leurs droits face aux reculs des services publics et à l’éloignement des décisions nationales.
C’est accompagner des situations souvent complexes : bourses scolaires insuffisantes, fragilisation du financement du réseau d’enseignement français à l’étranger et du FLAM, difficultés d’accès aux droits sociaux, retraites mal prises en compte, situations familiales fragilisées. Mais c’est aussi porter une exigence simple et essentielle : l’égalité des droits, quel que soit son lieu de résidence.
Comment avez-vous constitué votre liste ?
Notre liste est née de valeurs communes assumées : justice sociale, solidarité, égalité des chances.
Nous revendiquons une gauche réformiste, écologiste, européenne et exigeante, qui refuse à la fois l’impuissance et les postures. Nous assumons une gauche utile, concrète, qui protège et qui agit, loin des postures, mais sans jamais renoncer à ses valeurs. Elle rassemble des profils complémentaires : l’expérience d’élus sortants comme Samy Ahmar, Christophe Adol et moi-même, de militants engagés pour la culture française comme Fabienne Fluro, headteacher d’école FLAM, ou contre toutes les discriminations, comme Laure Philippon, et de plus jeunes comme Héloïse Adol, étudiante à Exeter, ou Nicolas Barral, jeune parent installé à Londres. Cette diversité, au pluriel, est une force : elle permet de représenter réellement la communauté française.
Pourquoi est-il important pour les Français de l’étranger de prendre part à ces élections consulaires ?
La participation à ces élections est un enjeu démocratique majeur. Trop souvent, les Français de l’étranger sont invisibles dans les décisions publiques. Ne pas voter, c’est accepter ce recul. Voter, c’est exiger d’être entendu.
C’est aussi une question de rapport de force : plus nous serons nombreux à participer, plus nous pourrons peser pour obtenir des moyens à la hauteur des besoins, notamment pour les services consulaires et l’éducation.
Quel est selon vous le plus grand défi auquel font face les Français de votre circonscription ?
Le principal défi aujourd’hui est clair : la combinaison du Brexit et du désengagement progressif de l’État fragilise les Français du Royaume-Uni. Sur le terrain, cela se traduit par des dispositifs d’aide sous tension, des familles confrontées à des coûts de scolarité élevés et des situations administratives de plus en plus complexes.
Le Brexit ne doit pas être une rupture durable. Nous agirons pour reconstruire des liens forts entre le Royaume-Uni, la France et l’Europe, dans l’intérêt des citoyens. Parce que notre avenir ne peut pas se penser dans l’isolement, mais dans la coopération. Derrière ces réalités, il y a un enjeu politique : celui de l’égalité réelle entre les Français, où qu’ils vivent.
Pouvez-vous nous détailler les grands axes de votre programme pour ces élections ?
Face à cela, notre programme est sans ambiguïté : défendre et renforcer les services publics à l’étranger ; garantir l’égalité des chances, notamment pour l’accès à l’éducation et aux bourses, sans que la dématérialisation ne crée de nouvelles barrières ; sécuriser les droits sociaux et les parcours de vie.
Parce que derrière chaque situation, il y a des vies, des familles et des parcours que nous devons protéger.
Justice et solidarité : non comme des slogans, mais comme des exigences concrètes.





























