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EUROPÉENNES : Rencontre avec Mehdi Ben Lacen, "Envie d´Europe"

Par Lepetitjournal Lisbonne | Publié le 16/05/2019 à 23:28 | Mis à jour le 17/05/2019 à 16:06
 Mehdi Benlahcen

Lepetitjournal.com/Lisbonne a invité les représentants des trois partis politiques français officiellement représentés au Portugal à s´exprimer sur les enjeux liés aux prochaines élections européennes. Celles-ci auront lieu entre le 23 et le 26 mai dans l’ensemble de l´UE et permettront d´élire 751 députés au Parlement européen. Les élections auront lieu le 26 mai sur le territoire français et le 25 mai dans les départements et territoires d´Outre-Mer ainsi que pour les Français établis sur le continent américain.

Les représentants de LaREM, Les Républicains et du parti Socialiste présents au Portugal ont accepté de répondre aux questions de Lepetitjournal.com/Lisbonne. Les mêmes questions ont été posées aux trois représentants et nous publierons ces interviews tout au long de cette semaine.
 

Mehdi Benlahcen est président du groupe d'union de la gauche "Français du monde, Écologie et Solidarité" à l'Assemblée des Français de l'Étranger. Depuis avril 2018, il est membre du conseil national du Parti Socialiste et secrétaire fédéral à la coordination au sein de la fédération des Français de l'étranger du Parti Socialiste. À ce titre, il est le représentant de la liste "Envie d'Europe" de Raphaël Glucksmann au Portugal. Il répond aux questions posées par Lepetitjournal.com/Lisbonne.
 
Lepetitjournal.com/Lisbonne : Quelle est, selon vous et votre famille politique, l'importance des élections européennes 2019 ?

Mehdi Benlahcen : Il est vrai que le scrutin européen totalise rarement plus de 40 % de participation et est souvent réduit à un référendum pour ou contre l’Europe.
Le premier défi électoral est donc celui de la participation. Corrigeons une première idée reçue : ce ne sont pas les milieux populaires ou les plus démunis qui s’opposent à l’Union ou expriment un vote de colère. Ils ne votent tout simplement pas, ou plus. Ils sont exclus de la grande démocratie. C’est d’abord à eux que nous voulons nous exprimer et à qui nous voulons donner une voix.


Cette élection est un tournant. Pour la première fois depuis 1979, le PPE pourrait perdre sa place de premier groupe politique au parlement européen. Les européennes ne sont pas une élection nationale, mais une élection supra nationale où chaque pays correspond à une circonscription électorale. Ne nous laissons pas induire en erreur par les éléments de langage LREM sur le vote utile et le rempart contre l'extrême droite. Le vrai enjeu est de savoir si le PPE restera majoritaire au parlement européen ou si pour la première fois le PSE pourra créer l'alternance. Les derniers sondages donnent ainsi une petite vingtaine de sièges d’avance au PPE.
Ce n'est pas anodin. On ne peut pas appeler à une réorientation de l'UE, et perdre un vote dans le rapport de force gauche/droite qui s'installe. Dans ce cadre, le résultat français sera déterminant. Envoyer 5-10 eurodéputés Parti Socialiste -Place Publique, c’est réduire d’autant l’écart avec le PPE et créer les conditions de l’alternance.
 

Quelles sont les grandes lignes du programme que défend la liste Envie d´Europe et ses implications au niveau de la politique européenne ?

Notre programme s’articule autour de 11 combats communs et essentiels :
1-Le “Pacte Finance-Climat-Biodiversité” pour sauver la planète, protéger la santé humaine et créer des emplois.
2- Le “Bouclier Emploi” pour mieux résister face aux crises économiques et accompagner les transitions.
3- L’Europe du progrès social pour faire de l’égalité une réalité.
4- Une santé protégée, une alimentation saine et de qualité, une agriculture sans pesticides de synthèse.
5- Pour l’affirmation des droits fondamentaux pour toutes et tous en Europe.
6- Une Europe solidaire dans l’accueil des réfugiés.
7- Un horizon pour la jeunesse européenne.
8- Une fiscalité juste et une régulation financière efficace.
9- L’Europe des citoyens, contre celle des lobbies.
10- Une Europe qui défend son modèle et ses intérêts dans la mondialisation.
11- Pour une Europe puissante, humaniste et responsable.
 
 
Quel est votre message pour les Français résidant au Portugal ? Comment les motiver pour ces élections européennes ?

Les Français du Portugal comme les millions de Français de l’Étranger sont appelés aux urnes. Leur vision décentrée de la politique française, et la hauteur de vue qu’ils peuvent amener doivent être une chance. C’est particulièrement vrai pour les Français du Portugal. Eux plus que les autres peuvent témoigner qu’une autre politique européenne est possible. Ils ont été aux premières loges pour constater que l’on pouvait mener efficacement une politique économique éloignée des standards européens de Bruxelles. Antonio Costa, Premier ministre portugais, a démontré qu’une autre politique économique est possible, et si les Français du Portugal veulent transposer cette alternative au niveau du Parlement européen et de la commission, je sais qu’ils sauront donner le poids nécessaire aux eurodéputés PS-PP pour mener à bien cette alternance.

 

La configuration du Parlement européen et donc aussi de la Commission européenne risque de changer. Y a-t-il des craintes à avoir ?


Seul le parlement européen représente l'Europe des Peuples. C'est le parlement des citoyennes et des citoyens, qui représente l'intérêt général dans son ensemble et pas d'un pays au détriment d'un autre. C'est pourquoi il est important de lui donner une légitimité face au Conseil en encourageant à participer au scrutin, idéalement avec majorité sociale-démocrate pour enfin dépasser les égoïsmes nationaux.
 

Comment qualifier le modèle en place de l'UE à l'heure actuelle ?

L'Union Européenne actuelle ressemble à s'y méprendre à l’Europe des nations ! La vision portée par En Marche et Emmanuel Macron est présentée comme étant pro-européenne. Si elle l’est, c’est celle de l’Europe telle qu’elle est aujourd’hui, c'est-à-dire dominée par le Conseil Européen. C’est l’Europe qui ne marche pas et pousse tant les scepticismes que les nationalismes.

L’Union Européenne reste faible face à ces défis car elle n’a ni agenda ambitieux ni logique de bloc. La compétition souveraine fait rage car les Etats membres ne se font plus confiance ; ce qui nivelle par le bas les avancées sociales, la transition écologique ou encore l’harmonisation fiscale, au sein même d’un marché interne immobilisé par l’unanimité sur ces questions. L’économie et les politiques monétaires et budgétaires doivent activement servir tous les citoyens  européens, avec l’objectif premier de soutenir l’emploi, la croissance, l’innovation, la transition énergétique, la lutte contre le réchauffement climatique et l’économie réelle. Ces menaces appellent à une approche réellement communautaire et à l’européanisation de nos combats.
 

Quel avenir pour l'UE alors qu'un Brexit est en cours et que dans l'Union plusieurs voix s'élèvent remettant en cause son fonctionnement actuel ?

Je rappellerai ici la position exprimée par notre tête de liste Raphël Glucksmann dans le magazine Marianne le 9 mai dernier : "Nous regrettons le choix engagé par référendum il y a 3 ans. D’autant que les députés britanniques ne parviennent pas à trouver une majorité pour entériner l’accord proposé par l’UE et validé par Theresa May. Toutefois, les Britanniques seront toujours nos partenaires, nous n’avons pas à leur imposer la double peine d’une sortie sans accord."


Au-delà, nous devons sortir de la logique de l’unanimité qui paralyse un grand nombre de prise de décisions et conduit à des négociations qui vont dénaturer certains textes pour pouvoir obtenir cette unanimité. Au PS, nous sommes profondément fédéralistes et pro-européens. Le manque d’approfondissement de l’intégration européenne depuis quelques années, et la situation de blocage dans le chemin vers plus de fédéralisme, conduisent à un immobilisme et à une distanciation du citoyen européen qui fait le jeu des populismes de tous bords.
 
 
Le détail du programme : https://enviedeurope.eu/nos-combats/

Propos recueillis par Custódia Domingues

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1 Commentaire (s)Réagir
Commentaire avatar

Mitch ven 17/05/2019 - 12:54

Parfaitement résume, la comparaison avec le Portugal,donne juste et ouvre la voie à une autre politique plus humaine et social,merci

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